Organisée de 1988 à 2003, l’exposition-concours de voitures de collection Louis Vuitton Classic qui avait lieu dans les jardins de Bagatelle à Paris (puis au Parc de Saint-Cloud en 2003), était à mon avis la plus intéressante des manifestations de voitures de collection. Elle permettait d’admirer chaque année autour d'un thème différent des automobiles prestigieuses uniques que l’on n’aura jamais l’occasion de voir ailleurs.
Cet évènement, qui avait un certain cachet, était accessible à tous les visiteurs du parc amateurs d'automobiles moyennant un droit d'entrée supplémentaire de 70 francs, soit environ 11 Euros.
Les célébrités, comme Hugues Auffray, Virginie Ledoyen (que j’y avais croisés), Stéphane Audran, Johnny Hallyday, etc., ne boudaient pas non plus l'évènement.
Je n’ai pas visité toutes ces expositions (celles en italique), mais j’ai gardé de bons souvenirs des magnifiques automobiles prestigieuses que j’y ai vues, photographiées et filmées lors de mes visites :
11 septembre 1988 : première édition : “Automobiles classiques”
Le magazine “Automobiles Classiques”, créé en 1983, donne son nom au premier rassemblement de voitures d’exception sur les pelouses du parc de Bagatelle, dans le bois de Boulogne. Le fondateur de la revue, Arnauld de Fouchier, a voulu organiser une manifestation inspirée par le concours d’élégance de Pebble-Beach. Une exposition spéciale est consacrée à d’éblouissantes Rolls-Royce ayant appartenu à des maharadjahs, mais dès la première édition les automobiles Ferrari répondent à l’appel d’Antoine Prunet, rédacteur en chef d’”Automobiles Classiques” et responsable de la sélection des participants au concours. Christian Phillipsen, président du comité d’organisation, a lui-même délégué son élégante Ferrari 250 GT cabriolet de 1957.
Dès 1989 Louis Vuitton associe son nom à celui de Bagatelle.
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
9 et 10 septembre 1989 : 2ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Thème : “La femme, l’art et l’automobile”
“Comment ne pas se souvenir des moments libertins de Bagatelle en regardant se déplacer la mauve et sensuelle Delahaye carrossée par De Villars ? N'était-elle pas profilée pour emporter vers la Riviera d'improbables adultères ? Et la rarissime Alfa Romeo 8C 2300 carrossée en Coupé-Spyder par Touring pour le concours de la villa d'Esté 1932 : derrière ses lucarnes obscures, on croit apercevoir la troublante silhouette de la princesse Soldatenkov qui pilotait la voiture cette année-là. L'automobile est un moyen de transport. Le nouveau parrain de l'exposition, Louis Vuitton, le signifie sur un autre registre : des malles anciennes, emplies de rêves, d'aventures et de folies évoquent le voyage, tandis que les saynètes et les tableaux rassemblés par le malletier associent la femme et l'automobile à travers l'art de vivre d'autrefois. Sur le parterre, devant le Trianon, sont parsemées quelques pièces sublimes nées de la collaboration entre Ferrari et le carrossier Pininfarina. Pour clore la manifestation, la Delahaye 135 MS habillée par De Villars, devenue chaste, défilera devant les belles italiennes.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Alfa Romeo 8C 2300 coupé-spyder 1932 par Tourin – Alfa Romeo 8C 2900 A
Duesenberg Model J 1929 carrossée par Kellner
une des 12 Delahaye 135 à carrosserie carénée par Figoni & Falaschi 1936 – Ferrari 212 Inter par Vignale
8 et 9 septembre 1990 : 3ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 50 F.
Thème : “Bugatti Royales”
“C'est l'année de tous les superlatifs ! Les six Bugatti dites Royales sont exceptionnellement réunies devant le Trianon : un événement que seul le concours Pebble Beach avait su provoquer auparavant. Ces automobiles, maintenant dispersées à travers le monde, représentent le paroxysme de la démesure. La mythologie de ce vaisseau de parade s'est développée autour de son échec monumental. Ettore Bugatti voulait offrir aux grands de ce monde la voiture la plus longue, la plus chère, la plus puissante qui soit... Finalement, elle ne sera que la plus inopportune ! Sortie au lendemain de la crise de 1929, la Bugatti Royale ne rencontra que six amateurs ! Ses proportions extravagantes offrirent une base d'égarements démesurée aux stylistes consultés. Onze dessins différents furent réalisés pour habiller les six châssis, deux des Royale ayant été recarrossées au cours de leur existence. Le jury récompense une autre diva de l'histoire de l'automobile : la Ferrari 330 P4 qui fut championne du monde en 1967 et qui est considérée comme l'une des machines de compétition les plus désirables de tous les temps.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Ce fut sans doute la plus belle exposition que je ne verrais jamais avec la présence des 6 Bugatti Royales !
La Bugatti 41 dite Bugatti Royale était la voiture la plus luxueuse de la marque, réservée de par son prix aux monarques et à l'élite, elle coûtait 660 000 francs d'époque, soit environ 6 fois plus qu'une Rolls-Royce ! Ettore Bugatti avait prévu de produire 25 voitures et de les vendre à l'aristocratie. Mais l'aristocratie européenne ne put acheter un tel véhicule, subissant des difficultés financières dues à la Grande Dépression de 1929. Bugatti ne vendit que trois des six voitures produites. De nos jours, une Bugatti Royale est considérée comme l'une des voitures les plus imposantes et les plus rares au monde.
A voir également sur “L’histoire de l’automobile : 6) la Bugatti Royale Type 41 (1926-1933)”
Bugatti Royale coupé de Ville Binder – Bugatti Royale berline de voyage
Bugatti Royale coach Kellner – Bugatti Royale cabriolet Weinberger
Bugatti Royale limousine Park Ward – Bugatti Royale coupé Napoléon
moteur de Bugatti Royale – figurine de Bugatti Royale
Audi Aztec – Maserati Boomerang
Hispano Suiza H6 1912 – Ferrari Mythos
Corvette Nivola – Jaguar Kensington
Lasalle 314 A 1927 – Isotta Fraschini 8aS 1929
Voisin Aérosport 1936 – Rolls-Royce Krug
Bugatti 59 de Grand Prix aménagée par le roi Leopold III
7 et 8 septembre 1991 : 4ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 50 F.
Thème : “Voitures de stars”
“Les « voitures de stars » sont à l'affiche de Bagatelle. L'illustrateur Razzia, artiste associé à toutes les manifestations de Louis Vuitton, peint un Clark Gable charmeur et énigmatique. La réunion est placée sous le signe du cinéma, avec l'exposition de six automobiles que les vedettes du septième art ont à jamais enveloppé de leur aura. Toutes partagent des souvenirs hollywoodiens : l'éclatante Duesenberg jaune de Clark Gable comme l'austère Cadillac de Marlène Dietrich, la Delahaye immaculée de Rita Hayworth comme la Ferrari gris argent d'Ingrid Bergman. Elles ont en commun le goût de l'exubérance, le sens du spectacle et un penchant naturel pour le panache. Toutes ces voitures sont uniques, singulières, confectionnées sur mesure : à la mesure des désirs et des caprices de leurs commanditaires. Sous l'œil impavide des paons et des colverts, les membres du jury délibèrent autour de propositions très dissemblables. Comment choisir entre sportivité et sophistication ? Difficile de trancher entre une Aston Martin DB 4 GT, interprétée par Bertone en 1961, et une Alfa Romeo 8C 2900 qui participa aux Vingt-Quatre Heures du Mans 1938, entre une Hispano-Suiza qui disputa la coupe Georges Boillot en 1922 et une Talbot Lago Grand Sport réalisée par Henri Chapron en 1948. Cette dernière, finalement, conciliant les deux tentations, a rassemblé l'essentiel des suffrages.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Delahaye 135 M 1946 de Rita Hayworth – Packard Sport phaéton 1932 de Jean Harlow
Duesenberg JN 1935 de Clark Gable – Rolls-Royce Phantom I 1927 de Greta Garbo
Cadillac Town cabrio 1933 de Marlene Dietrich – Ferrari 375 MM 1954 d’Ingrid Bergman
12 et 13 septembre 1992 : 5ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “Automobiles de princes”
“Qui sont ces princes qui ont inspiré le titre de la cinquième édition du concours de Bagatelle ? Les « automobiles de princes » de l'affiche se cachent dans les cours d'Europe et d'ailleurs, dans les garages des princes qui nous gouvernent et véhiculent leurs pouvoirs dans 'exceptionnels carrosses. C'est ainsi que l'Hispano-Suiza du prince Rainier III vient se garer auprès de la Rolls-Royce Phantom IV exécutée par H. J. Mulliner en 1950 pour une princesse Elisabeth qui n'était pas encore reine d'Angleterre. Plus exotique, une autre Rolls-Royce, une Twenty, a été aménagée pour la chasse à l'attention de l'exigeant maharadjah de Bharatpur en 1926. La plus vrombissante est la monoplace ERA avec laquelle courut le prince Birabongse Bahnutej Bhanubandh sous le diminutif « Bira » et sous les couleurs (jaune et bleu) du Siam. Les juges récompensent finalement une automobile au pedigree moins princier : une Talbot Lago plus extravertie que celle de l'année précédente, une SS griffée Figoni & Falaschi.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Jaguar XJ 220 1991 – BMW Biturbo 1970
Zil 1985 – Isotta Fraschini 8AS Spider 1926
Isotta Fraschini 8A Landaulet 1931 – Renault Scenic 1991
Rolls-Royce Twenty 1925 du maharadjah Bahratp – Benz 35/40 PS 1904 d’Eugène de Suède
Rolls-Royce Phantom IV 1949 de la Reine
Alfa Romeo 8C 2900 1937 par Pinin Farina en 1939 – Voisin C27 par Figoni & Falaschi 1934
Best f Show : Talbot Lago SS Type 150 C par Figoni & Falaschi
11 et 12 septembre 1993 : 6ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Thème : “Carrosseries françaises”
“La carrosserie française est portée par les deux tendances majeures qui irriguent l'art entre les deux guerres : le courant conservateur et le courant progressiste : le premier exploitant un conformisme hérité de l'avant-guerre, chargé de rappels historiques, le second exprimant une modernité tournée vers un futur que l'on pressent nourri de sciences et de techniques. Le concours montre ces deux facettes de la carrosserie française. Une Rolls-Royce traitée par Kellner dans les années 1920, ou une Delage plus récente, signée Henri Chapron, montrent le visage le plus conservateur des créateurs français, mais aussi leur insigne élégance. En revanche, la Voisin de compétition, dite Laboratoire, conçue pour le Grand Prix de l'ACF 1923, illustre l'anticonformisme des concepteurs de l'avant-garde, ce qu'était sans conteste l'iconoclaste Gabriel Voisin. Sur un autre registre, Ettore Bugatti, avec son fils Jean, développa un style singulier, à l'écart de tous les courants : le Type 50 l'atteste. Malgré cette débauche de style à la française, le Grand Prix fut remis à une production éminemment britannique : une Bentley Speed Six carrossée par H. J. Mulliner en 1930.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Thème : L’art de la carrosserie française
Hispano-Suiza K6 par Saoutchik en 1935
10 et 11 septembre 1994 : 7ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “La vitesse”
“Rolls-Royce, Bugatti, Ferrari ? Aucune d'elles : cette année, la préférée du jury n'appartient pas au cénacle des firmes les plus réputées, les plus médiatisées, mais à une officine obscure, produisant des voitures de sport modestes, mais terriblement modernes. Une automobile classique n'est pas forcément un mastodonte couvert de chromes. En récompensant la Cisitalia 202 MM, les juges dérangent l'ordre établi avec un choix subtil qui récompense la réflexion plus que la convenance, l'émotion plus que l'esbroufe, l'être plus que le paraître. Ce choix s'inscrit dans l'esprit de la manifestation, placée cette année sous le signe de la vitesse. Dans la cour d'honneur, quatre machines infernales symbolisent la recherche de la vitesse pure qui n'a cessé de hanter les hommes du XXème siècle et que les futuristes italiens furent les premiers à exalter. Comme de coutume, les concept-cars illustrent les tendances contemporaines : Renault expose son roadster Argos, important indicateur des orientations futures, Pininfarina rassemble ses trois prototypes Ethos, écologiques, Ghia montre une Lagonda Vignale aux accents Art déco...”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Stutz Bearcat 1915 – Mercedes-Benz 630K Saoutchik 1928
Cord L29 phaéton – Rolls-Royce Phantom II Continental Speedster 1934
Cadillac Series 70 convertible 1936 – Stutz DV32 1933
Delahaye 135 MS cabriolet 1948 – Bertone Karisma
Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport par Touring en 1930 – Best of Show : Cisitalia 202 M 1947
9 et 10 septembre 1995 : 8ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “Chères automobiles”
“Ce week-end-là, Renault, Ferrari et Mercedes-Benz s'empoignent au Grand Prix d'Italie. A la même heure, les mêmes labels se disputent la victoire à Bagatelle. Tandis que Renault attire les visiteurs avec son Initiale, présentée ici en avant-première, Ferrari pavoise avec la 250 GTO choyée par Ralph Lauren parmi les « chères automobiles » et Mercedes-Benz remporte le Grand Prix avec une 500 K Spezial Roadster impressionnante. Elle bat sur le fil une Alfa Romeo 6C 2500 de Touring, plus discrète. Contrairement au scénario de 1994, l'exubérance l'emporte cette année sur la discrétion, la majesté sur la modestie. Dans la cour d'honneur, sont rassemblées les « chères automobiles », autrement dit des automobiles chères, très chères, infiniment chéries par leurs propriétaires. Parmi elles, on reconnaît la Mercedes-Benz W196 qui resta sans rivale dans le championnat du monde 1954 entre les mains de Juan Manuel Fangio. Plus galactique encore, une copie du Lunar Rover Vehicle envoyé sur la Lune en 1971 s'est posée à Bagatelle.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Après les automobiles de princes en 1992, la carrosserie française en 1993 ou la vitesse en 1994, l'exclusif concours d'élégance de Bagatelle avait choisi comme thème de son édition 1995 les automobiles exceptionnelles. Chères, par leur valeur vénale (le programme de la manifestation ne s'en cachait pas), mais chères aussi par leur rareté, leur sophistication ou leur aura.
Ainsi sur la pelouse d'honneur du Pavillon de Bagatelle à Paris trônaient six voitures dont l'assemblage paraît hétéroclite, mais dont le fil conducteur réside dans leur charisme : la célèbre Rolls-Royce Silver Ghost "AX 201", un classique roadster Cadillac V16, une Mercedes W196 (en hommage à Fangio), la Ferrari 250 GTO du couturier américain Ralph Lauren, et une des quatre « Lunar Rover » fabriquées (les trois autres sont abandonnées sur la Lune) avaient la lourde charge de symboliser l'espace d'un week-end ce que l'homme a enfanté de plus exceptionnel dans le domaine automobile depuis un siècle. La Delahaye du "Million" aurait également dû faire partie de la fête, mais retenue à Londres, elle a été remplacée au pied levé par la Bugatti EB112 présentée au Salon de Genève 1994.
Rolls-Royce Silver Ghost Fantôme d’Argent 1907 – Cadillac 452 Sixteen 1930
véhicule lunaire Rover 1971 – Mercedes W 196 Flèche d’Argent de Fangio 1955
Bugatti EB 112 – Ferrari 250 GTO 1963 de Ralph Lauren (la voiture à la plus grosse enchère de l’histoire jusqu’en 2022)
Les gazons et les parterres du parc de Bagatelle ont comme à l'accoutumée accueilli une nombreuse assistance élégante, voire sophistiquée, et 55 voitures rivalisant dans 9 catégories pour le titre suprême de "Best of show". L'équipe organisatrice a su encore une fois rassembler un très beau plateau. Lourde charge pour le jury de départager les concurrentes, sur les critères non seulement d'élégance, mais d'état, de rareté, de conformité à l'origine et d'intérêt historique. Devant la Bugatti 57 Ventoux, analysée par Paul Bracq et Paul Frère, Audoin de Dampierre, concourait avec son Alvis 3,5 litres carrossée d'une façon très fluide par Gurney Nutting.
Bugatti 57 Ventoux 1934 – Alvis 1935
Le Suisse Patrick Dimier a fait le trajet avec sa Lancia Aurélia carrossée par Worblaufen (la seule survivante de deux coupés construits par le carrossier suisse). Il a été imité par Jacques de Wurstemberger, venu avec une Delage D8-120 Guilloré. Autre citoyen de la Confédération helvétique, l'ancien importateur Aston Martin et Bristol Hubert Patthey présente cette année une Triumph 1800 roadster.
Delage D8-120 Coach Guilloré 1938 – Lancia Aurelia Worblaufen et Triumph 1800 roadster (photo N/B LVA n°715)
Le Patrimoine Renault a sorti deux beaux vétérans : l'étonnante Victoria construite en 1913 pour Abou Shanab Fadah (un proche du roi d'Egypte), vue à Rétromobile l'année passée, et un skiff Labourdette de 1922. L'Initiale, telle est le nom de cette vision de grande berline du futur, faisait sa première apparition publique à Bagatelle.
Parmi les autres concept-cars présents, on pouvait comparer la brutalité de l'Espace F1 au classicisme de bon ton de la Lancia Kayak de Bertone ou aux accents néoclassiques de la Chrysler Atlantic, évocation des carrosseries françaises des années 30 imaginée par le staff de Chrysler à son retour de Bagatelle l'année passée.
Renault skiff Labourdette (photo N/B LVA n°715) – Chrysler Atlantic
Des anciens "dream-cars", il y en avait aussi, avec la Chevrolet Testudo, œuvre de Giugiaro lorsqu'il officiait chez Bertone, encadrée par deux Ferrari étonnantes : une 400 Superamerica et une 500 Superfast (37 exemplaires produits) venue de... Rio de Janeiro !
Si du côté des voitures de compétition l'œil s'arrêtait sur la massive Cunningham (base mécanique Cadillac, pare-chocs tubulaires et sièges recouverts de peau de vache !), c'est la Talbot-Darracq 1500 de 1927 qui a remporté les suffrages dans sa catégorie. Le public a aussi réservé une attention particulière à l'Hélica de Marcel Leyat, surtout lorsque Jean-François Bouzanquet démarrait l'hélice de son merveilleux engin.
Chevrolet Corvair Testudo Bertone 1963 - Cunningham C3 roadster Johnson 1952
Retour à des autos plus classiques avec un rare tourer Jensen 3,5 litres ou une petite Riley Imp à bord de laquelle l'équipage féminin Kay Petre/Dorothy Champney a remporté une honorable 13éme place aux 24 Heures du Mans 1934. Toujours en provenance d'outre-Manche (la nation la plus représentée après la France avec 17 participants), on notait une superbe Rolls-Royce Phantom II Continental "sports saloon".
Rolls-Royce Phantom II Continental (photo N/B LVA n°715)
Et encore, parmi les autres autos exposées :
Jaguar SS 90 1935 - Bentley R Continental Coupé Franay 1955
Voisin C1 18/23 HP coupé de ville 1921 – Rolls-Royce Phantom II Continental Touring Saloon Barker 1931
Bentley 8 litres Tourer Vanden Plas 1931 – Bentley 4,25 l Tourer Vanden Plas 1939
BMW 319-1 Sportwagen 1935 – Riley Sprite 1935
Ferrari 250 GT Berlinetta Scaglietti 1958 - Ferrari 275 GTB Spéciale Scaglietti 1964
Darmont Spéciale 1930 - Lancia Aurelia B52 1952
Ital Design Cala – Design Performance Barramunda
Résultats du concours :
Best of show (Grand Prix de Bagatelle Louis Vuitton) :
Le "Best of show" a sacré une Mercedes 500 K Spezial Roadster. Cette auto avait défrayé la chronique en 1988 lorsqu'elle avait été adjugée la... bagatelle de 15,5 millions de francs alors qu'elle était à l'état d'épave. Son heureux propriétaire japonais l'a fait méticuleusement restaurer dans les règles de l'art.
Mercedes-Benz 500 K Spezial-Roadster 1936
- Prix par catégories :
- Voyage dans les années folles :
Rolls-Royce Phantom I coupé chauffeur transformable Gallé 1926
- Voyage dans les années 30 :
Alfa Romeo 6c 2500 Sport berlinetta Touring 1939
- Grand Tourisme dans les années 30 : Lagonda 16-80 Tourer 1933
- L’âge d’or de la carrosserie française : Delahaye 135 M roadster Figoni & Falaschi 1939
- Les années du new look :
Fiat 8V Berlinetta Supersonic Ghia 1954
- L’âge d’or du Grand Tourisme :
- Le crépuscule de la carrosserie spéciale :
Ferrari 400 Superamerica Pininfarina 1962
- La compétition :
Talbot Darracq 1500 Grand Prix 1927
- Prix spéciaux :
- Prix automobiles classiques (coup de cœur du public) :
Delahaye 135 M phaéton Grand Sport Figoni & Falaschi 1937
- Prix “Relais et Châteaux” (art de vivre) :
Renault Type DG Victoria Rotschild 1913
- Prix Omega (innovation technologique) : Porsche 904 Carrera GTS 1964
- Prix Connoly (prix de la passion) : Bentley Mk VI cabriolet Franay 1947
- Prix Pentax (prix de la création :
- Prix du Trianon (des co-fondateurs) : Delahaye 135M roadster Chapron 1937
- Prix Athéna (prix spécial du jury) : BMW 328 roadster 1937
- Prix de l’association de Bagatelle (plus belle restauration) : Lancia Aurelia B24 spider America Pininfarina 1955
Textes issus de LVA n°715 et de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
7 et 8 septembre 1996 : 9ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “Voitures extraordinaires”
“Tout commence le samedi, au petit matin, à l'ombre du palais de Chaillot. Les participants du concours s'élancent depuis les bassins du Trocadéro pour longer les berges de la Seine rosie par le levant, rejoindre les Champs-Elysées, parader sur l'avenue Foch et traverser le bois de Boulogne avant de faire une entrée triomphale dans le parc. Bagatelle est devenu spectacle vivant, multicolore, bruyant, joyeux. Pour cette édition, Bagatelle se déplace et s'étend jusqu'à Paris intra-muros. La Ferrari que conduisait Phil Hill sur le circuit de Reims, en 1953, fait aujourd'hui vibrer le pavé de Paname. Sans cesse le jury se renouvelle. La grande prêtresse du design français, Andrée Putman, y fait une entrée remarquée. Sa candeur et sa pertinence surprennent ses collègues plus aguerris. Elle participe avec eux à la célébration du carrossier Touring qui reçoit cinq récompenses dont le Best of Show, attribué à une Alfa Romeo 8C 2900 B Spider de 1937. Devant le Trianon, les voitures extraordinaires exhibent leur diversité : une Fiat animée par une turbine (1954) est alanguie auprès d'une Abarth profilée par Pinin Farina (1957) voisinant elle-même avec la Baleine, monstre disproportionné imaginé par l'artiste Paul Arzens (1937).”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Nouveauté de ce 9ème concours, en ouverture de la manifestation, les voitures ont défilé le samedi matin, partant du Trocadéro pour rejoindre le parc de Bagatelle en passant par les quais de Seine, la place de la Concorde, les Champs-Elysées et l'avenue Foch ; un parcours très "sélect", mais qui a offert un étonnant spectacle aux Parisiens ! Mais cette initiative a surtout permis de démontrer que malgré leur rareté, leur caractère exclusif et leur présentation irréprochable, tous ces engins ont conservé leur raison d'être qui est de rouler.
Départ du Trocadéro – Buick Series 40A Eight 1934 dans le défilé (photos “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Le parc de Bagatelle servait d'écrin à un plateau de quelque 70 voitures rigoureusement sélectionnées. Pour le thème des "autos extraordinaires" le rassemblement sur les pelouses du pavillon de six autos aux formes insolites était plutôt disparate, malgré la forte domination italienne : Osi Silver Fox (sortie de sa "Galerie des Damiers" par Christophe Pund), étonnant dragster IXG de 1960 carrossé par Ghia, Fiat Turbina de 1954, Abarth 750 de record habillée par Pininfarina (que le collectionneur japonais Shiro Kosaka a sorti de son "Abarth Gallery" au pied du mont Fuji), l’étonnante Buick 1928 "Baleine" de l'ingénieur-poète Paul Arzens (habituellement exposée à Mulhouse) et l'extravagante Alfa Romeo Bimotore de 1935, fruit des élucubrations de l'Ingeniere Enzo Ferrari alors à la tête du service compétition d'Alfa Romeo. Cette voiture, qui faisait partie de la collection anglaise Donington, était en état de marche malgré son démarrage laborieux.
Osi Silver Fox - dragster IXG de 1960
Fiat Turbina de 1954 - Abarth 750 de record
Buick 1928 "Baleine" de Paul Arzens - Alfa Romeo Bimotore de 1935
Ce neuvième concours de Bagatelle réservait un plateau toujours cosmopolite, avec Français et Anglais à égalité, complété par des voitures venues de Suisse, d'Italie, des Etats-Unis et même du Mexique ! Une soixantaine de voitures concouraient, comme à l'habitude, dans neuf catégories et pour sept prix spéciaux. Il y avait ample matière à l'étonnement et à l'émerveillement. Mentions spéciales pour le break de chasse Ferrari 330 GT Vignale de Jean-Claude Patureau (vu sur le stand de LVA/Rétroviseur à Rétromobile), la Lancia Aurélia B24S spider America de Jean Sage, la Pegaso Z102 B Touring venue des Etats-Unis, splendide dans sa peinture vert foncé et son intérieur crème délicatement patiné, l'Aston Martin DB4 GT et la Mercedes 500 K "Spezial Roadster", toutes deux dans un état d'origine extraordinaire.
Ferrari 330 GT Vignale 1968 – Aston Martin DB 4 GT 1961
Au chapitre des carrosseries étonnantes, la Kurtis speedster, la DB Citroën et la BMW 328 Touring, trois interprétations contemporaines (à la charnière des années 30 et 40) de l'art du profilage. Autres morceaux de bravoure en carrosserie, (ainsi qu'en qualité de restauration), la Bentley Mk VI sedanca Gurney Nutting et la Jaguar XK 120 "Supersonico" par Ghia ; toutes deux remporteront leur catégorie. Autre Jaguar digne d'intérêt, le prototype XJS Pininfarina, toujours aussi jeune dix-huit ans après sa présentation et à laquelle la récente XK 8 doit beaucoup. Enfin, du côté des sportives, en compagnie des prototypes Ferrari 512 M et Porsche 917 K et de la F1 Matra MS 120D on trouvait trois jolis "morceaux d'histoire" un peu plus ancienne : la Maserati 300 S de l'écurie officielle qui fit sa carrière aux mains de Jean Behra et Stirling Moss, la DB Panhard de Jacques Grelley, dotée d'un beau palmarès aux 24 H du Mans et l'Osca V12 Grand Prix 1951 qui fit partie de l'écurie du prince Bira...
DB 2 litres (photo N/B LVA n°763) – sportives
Il y avait une délégation de quatre personnes du comité d'organisation du concours de Pebble Beach. Après nous être inspirés de leur manifestation, ils viennent à leur tour prendre des idées, comme l'exposition de concept-cars. L'an passé, était présentée la Renault Initiale en première mondiale ; cette année, c'était la première apparition en Europe de la Lincoln Sentinel.
Lincoln Sentinel – Renault Fiftie
Quant au verdict du jury (qui comprenait entre autres personnalités les designers Uwe Bahnsen (Ford), Luigi Colani, Fabrizio Giugiaro (Ital Design), Patrick Le Quément (Renault), le journaliste-ingénieur Paul Frère, la décoratrice Andrée Putman et Marc Nicolosi, "patron" de Rétromobile), il avait fait honneur à l'Italie, et en particulier au tandem Alfa Romeo/Touring, primé dans trois des cinq catégories d'avant-guerre, sans compter la BMW Touring récompensée par le prix... Chrysler. Le public était aussi au diapason, en élisant comme "coup de cœur" l'impressionnante Isotta-Fraschini 8B transformable, que les visiteurs de Rétromobile ont pu admirer sur le stand du CIA en février dernier. Seul "outsider" dans les catégories d'avant-guerre, l'Auburn speedster 12 cylindres, issu du musée de Genève.
Les italiennes ont également monopolisé les catégories d'après-guerre : Lancia Aurélia Spider, Maserati 300 S et... Jaguar XK 120, mais carrossée par Ghia dans la veine "Supersonico" déjà exploitée sur un châssis Fiat 8V vu ici même l'an passé. Petite anecdote savoureuse : afin de pouvoir conserver l'immatriculation parisienne d'origine de sa voiture, son propriétaire a tout simplement acheté... un studio à Paris !
Et le "best of show" ? Plusieurs voitures pouvaient prétendre au titre, l'Alfa 8 C 2900 Touring victorieuse, mais aussi la Jaguar Ghia "Supersonico" et la Mercedes 500 K Spezial Roadster à la patine extraordinaire.
Et encore, parmi les autres autos exposées :
Rolls-Royce Phantom Torpedo 1927 – Auburn 8-98A 1931
Facel Vega – AC Bristol berlinetta 1858
Renaut Evado – Chrysler Thunderbolt – Chrysler Portofino
Les résultats :
Grandes classiques des années 20-30 : Alfa Romeo 1750 Gran Turismo cabriolet Touring 1932. Grandes routières des années 30 : Auburn 12-160 Boat-tail speedster 1932 Grand Tourisme des années 30 :
Alfa Romeo 8 C 2900 B spider châssis court Touring 1937 : "Best of show" (photo N/B LVA n°763)
- Compétition des années 20-40 : Alfa Romeo 8 C 2300 course série 3 Touring 1933
- Grandes routières des années 40 : Delahaye 135 MS cabriolet Chapron "Vedette" 1948
- Grandes routières des années 50-60 :
Cadillac Eldorado Biarritz 1959
- Grand Tourisme des années 50-70 :
Lancia Aurélia B24 S spider America Pinin Farina 1955
- Carrosseries spéciales des années 50-70 :
Jaguar XK 120 coupé "Supersonico" Ghia 1952
- Compétition des années 50-70 :
- Prix spécial du jury :
Rolls-Royce Phantom II Continental, berline de voyage Barker 1930
- Prix "Automobiles Classiques" :
Isotta-Fraschini 8B Sedanca de Ville Dansk 1931
- Prix Chrysler :
BMW 328 spider Touring 1941 (photo N/B LVA n°763)
- Prix Blancpain :
Ferrari 250 GT, berlinette compétition Scaglietti (dessin Farina) 1956
- Prix Connolly : Mercedes-Benz 500 K Spezial Roadster 1934
- Prix du Trianon : Maserati Tipo 63 "Birdcage" 1961
- Prix de l'Association de Bagatelle pour la plus belle restauration : Bentley Mk VI sedanca coupé Gurney Nutting 1947
Textes issus de LVA n°763 et de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
6 et 7 Septembre 1997 : 10ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “10 voitures pour un siècle”
“Une petite Austin porte un ruban noir, discrètement noué. Les Anglais pleurent la princesse de Galles, tragiquement disparue à Paris le week-end précédent. L'affrontement qui se prépare pour la désignation du Best of Show est insolite : il se circonscrit entre une Ferrari et une Bentley, aussi iconoclastes l'une que l'autre. La Bentley Mark VI est une sorte de crime de lèse-majesté, aux yeux des sujets de Sa Majesté. Plutôt que de l'anoblir d'une griffe britannique, son commanditaire avait préféré la gratifier d'une carrosserie réalisée en France, de surcroît par un carrossier industriel sans notoriété. Damned ! Le résultat est néanmoins somptueux, car l'entreprise Facel a su lui composer une ligne étonnement pure et moderne, moins compassée que celles envisagées souvent par les compatriotes de Bentley. La Ferrari n'est pas moins inattendue : contrairement à la quasi-totalité des voitures de route de la marque, confiées depuis 1952 à Pininfarina, cette 250 GT est revêtue d'une robe conçue par Giorgetto Giugiaro, pour Bertone. Ce sont finalement ses courbes voluptueuses qui ont été primées.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Pour marquer le dixième anniversaire du concours, les organisateurs avaient choisi le thème "dix ans, dix voitures pour un siècle d'automobiles". De 1907 à 1997, dix voitures millésimées en "7" et désignées par le programme comme «les plus représentatives de leur décennie» ont eu la charge de représenter un siècle d'évolution automobile : une limousine Renault de 1907 au style hippomobile, une Rolls-Royce blindée de 1917, une Delage 1500 de course de 1927, la Talbot-Lago "goutte d'eau" de 1937, la Ferrari 125 S de 1947, la Maserati 250 F de 1957, l’étude de style Lamborghini Marzal de 1967, l'Aerovette de 1977, la Jaguar XJR-9 de 1987 et la néoclassique Chrysler phaéton de 1997, évocation directe des grandes carrosseries découvertes et en particulier du prototype "Newport" de 1941.
Une partie des 10 voitures pour un siècle d’automobiles, au 1er plan, la Ferrari 125 S (1947) reconstituée
Un défilé dans Paris (avec départ depuis la Concorde) était prévu mais il fut annulé, l'itinéraire prévu passant par les voies sur berges près du pont de l'Aima de sinistre mémoire depuis le 31 août 1997... Les visiteurs du samedi auront remarqué le discret hommage à la princesse Diana, avec un petit crêpe noir enrubannant les bouchons de radiateur de quelques voitures en plaques anglaises...
Du côté des concurrentes, 29 marques étaient représentées, d'Alfa Romeo à Stutz, en passant par Bristol, ASA, Studebaker ou Lagonda... mais les 4 marques les plus représentées (Rolls-Royce, Bugatti, Bentley et Ferrari) totalisaient à elles seules plus de 40 % du plateau. Les marques françaises étaient discrètes, avec une représentante pour Voisin, deux pour Delage (la D8-120 Aérosport Letourneur & Marchand et un petit coupé sur base D6 habillé par le carrossier cannois Brandone), une Facel II, une Matra de F1 et la Phénix "course" 1910.
Parmi les nombreuses Bugatti présentes, le Type 44 "coupé-fiacre" et le minuscule coupé Type 40 Bourack & Decostier ne manquaient pas de charme, mais elles ont dû s'incliner devant une populaire Austin Seven coupé docteur. Dans la catégorie "Grand Tourisme des années 30", les deux Type 43 et les deux Atalante se sont fait souffler la première place par une Alfa Romeo 6 C 2300 Touring, venue d'Espagne.
Chez les "Grandes routières" de la même époque, l'amateur de carrosseries découvrables pouvait établir des comparaisons sur le thème "cabriolet à quatre portes" entre un tourer Bentley 4 1/4 L 1937 de Vanden Plas et une Buick de la même année, dans un état d'origine stupéfiant. Toujours des Bentley dans la catégorie "hommage à la carrosserie anglaise" avec une brochette de Continental sous quatre habillages différents aussi désirables les uns que les autres ; la berline Flying Spur remportera sa catégorie, autant pour son parfait état d'origine que pour son pedigree (elle fut vendue neuve à l'actrice Bette Davis). Mais la Bentley la plus exclusive était certainement la Mk VI dessinée par Jean Daninos et où l'on discerne déjà tous les attributs du style des futures Facel Véga.
L'état d'origine a aussi prévalu dans la catégorie "GT des années 60" avec une "simple" Ferrari 250 GT "châssis court" jamais restaurée, qui fut privilégiée par rapport à l'originalité d'une Bizzarrini ou d'une Studebaker Avanti venue d'Italie. La section compétition réservait également un beau rassemblement, de l'Aston Martin Ulster à la Lola T222 Canam. La brochette de Ferrari permettait de comparer les interprétations de Vignale et Touring sur le thème du spider (sur des bases de 225 S) et surtout l'impressionnante berlinette 375 MM Pininfarina, qui courut à la Carrera Panamericana.
1ère Matra de F1, Ferrari 375 MM de jean Sage, 2 barquettes Ferrari et Cisitalia
En cette année du cinquantenaire de la marque Ferrari, quatre ont été primées (deux victoires de catégories et deux prix spéciaux) sur les six exemplaires présents. Pour le "Best of show" l'élégantissime et unique 250 GT carrossée par Pininfarina pour la princesse Liliane de Réthy ne manquait pas d'allure, mais c'est une autre "spéciale" sur base 250 GT qui fut primée : l'agressive berlinette "sharknose" dessinée par Giugiaro pour Bertone et qui a retrouvé sa couleur bleu marine d'origine lors de la restauration.
Ferrari 250 GT Pininfarina pour la princesse Lilane de Rhéty – Ferrari 250 GT Giugiaro
Dans ce rassemblement voué à l'exclusivité sur roues, on remarquait deux marques fortement démocratiques : la Fiat 600 carrossée par Vignale avec la complicité de Michelotti en un petit coupé très chic et l'Austin Seven qui a été littéralement plébiscitée en remportant sa catégorie à Bagatelle, ainsi que le prix du coup de cœur du public !
Fiat 600 Vignale - Austin Seven coupé Docteur
Les résultats :
Prix par catégorie :
Grand prix de Bagatelle Louis Vuitton ("Best of show") : Ferrari 250 GT berlinetta spéciale (Bertone) 1962 (catégorie "Hommage à la carrosserie italienne") Les ancêtres (années 10 et 20) : Austin Seven "coupé docteur" 1925 Les grandes classiques des années 20 et 30 : Chrysler Impérial dual-cowl phaeton 1931 Le grand tourisme des années 30 : Alfa Romeo 6C 2300 B bertinetta Mille Miglia (Touring) 1938 Les grandes routières des années 30 et 40 : Packard Twelve cabriolet 1936 Grand tourisme des années 50 : Bentley Mk VI coupé (Facel-Métallon) 1951 Hommage à la carrosserie anglaise : Bentley Continental S2 "Flying Spur" (H J. Mulliner) 1959 Grand tourisme des années 60 et 70 : Ferrari 250 GT berlinetta (Pininfarina) Compétition : Lola T222 Canam 1971Prix spéciaux :
Prix "Automobiles Classiques" (coup de cœur du public) : Austin Seven "coupé docteur" 1925 Prix Chrysler (prix de l'enthousiasme et de la fierté) : Delage D8-120 coupé "Aérosport" (Letourneur & Marchand) 1937 Prix Blancpain (prix de la pérennité artisanale) : Maserati A6G-2000 berlinetta (Zagato) 1956) Prix Connolly (prix de la passion) : Ferrari 375 MM "berlinetta competizione" (Pininfarina) 1953 Prix du Trianon (remis par les cofondateurs du concours) : Aston Martin Ulster, ex-prince Bira, 1936 Prix de l'association de Bagatelle (plus belle restauration) : Ferrari 250 GT coupé spécial, ex-princesse Liliane de Réthy (Pininfarina) 1957 Prix spécial du jury : Mercedes 540 K "Spezial cabriolet A" 1939
Photos issues de LVA n°810, textes issus de LVA n°810 et de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
5 et 6 septembre 1998 : 11ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “Entre ciel et terre”
“Bagatelle « entre ciel et terre », dit le programme... Cinq engins extraterrestres se sont en effet posés dans la cour d'honneur, témoignant des cousinages entre l'aéronautique et l'automobile. Ils illustrent les enseignements que l'aviation a parfois reversés au crédit de la voiture, sur le plan des formes, des matériaux ou des technologies. À côté de la Trossi Monaco, une voiture de Grand Prix qui arbore un moteur en étoile en figure de proue, et de la Firebird III aux ailerons évoquant les utopies aérospatiales des années 1950, on s'attarde sur la voiture de Marcel Leyat. Arrivée en bourdonnant de ses lointaines Années folles, l’Hélica est une sorte d'avion sans ailes : elle se présente sous la forme d'une carlingue fuselée, réalisée en toile tendue et propulsée par une hélice placée à l'avant et à travers laquelle le conducteur dirige cet engin instable ! Le Best of Show n'est pas plus terre à terre puisqu'il s'agit d'une Ferrari 375 MM spécialement créée par Scaglietti pour Roberto Rossellini. Paul Dupuy, directeur du magazine Automobiles Classiques, qui a rejoint le comité d'honneur, remet le trophée à Jon Shirley, actuel propriétaire de la diva.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
En avril 1934, un Caudron Luciole à moteur Renault se posait en catastrophe sur la plaine de Bagatelle. Antoine Prunet, rédacteur en chef du magazine Automobiles Classiques et Yves Carcelle, PDG de Louis Vuitton, s'en sont souvenus en organisant ce 11ème concours d'élégance au cœur du magnifique parc boisé... Ils ont réuni autour d'un autre Caudron Luciole (à moteur Salmson celui-là) quelques engins hybrides, hésitant entre la terre et l'air. En premier lieu la Leyat Hélica de 1922, propulsée par une hélice frontale et dont la carlingue en contreplaqué vire autour du pivot de son train arrière. Et puis la Monaco Trossi, hélas inanimée, mais dont on cherche l'hélice au centre de son seize cylindres en étoile. La Rolls-Royce Phantom II à moteur V12 Merlin de Nick Harley fonctionne, elle, malgré la puissance phénoménale que développe le moteur qui a équipé les meilleurs chasseurs de la Seconde Guerre mondiale : Spitfire, Hurricane, P51 Mustang...
La Luciole - Leyat Hélica 1922
Monaco Trossi 1935 – Rolls-Royce Phantom II V12 Merlin 1000 ch (photo N/B de LVA n° 857)
Si l'on devait ne retenir qu'une voiture de ce concours de Bagatelle, ce serait la Firebird 111 de 1958. Une voiture ? Ça n'est même pas sûr, mais en tout cas une émotion forte, mettant tous les sens en éveil : l'ouïe, en émettant le sifflement caractéristique d'un chasseur à réaction gagnant sa piste d'envol ; l'odorat en gratifiant une large assemblée de vapeurs de kérosène, la vue bien sûr, tellement elle a l'air de sortir d'un film de science-fiction... Absolument symétrique, on peut piloter la Firebird depuis l'un ou l'autre des baquets sous bulle, selon que l'on soit gaucher ou droitier sans doute pour empoigner le manche central. La carrosserie, dessinée par un Harley Earl débridé, est en fibre de verre, la turbine développe 225 ch et les instruments font largement appel, fait rarissime en 1958, à l'électronique et aux transistors.
En retrait de ce parterre, neuf plateaux de voitures anciennes d'exception et un échantillon de concept-cars sont exposés à l'issue d'une petite mise en jantes dans la capitale le samedi. Premier critère de sélection du jury : que la voiture roule ! La température estivale du dimanche a une fois encore attiré un nombreux public rivalisant d'élégance, parmi lequel on reconnaissait plusieurs acteurs, chanteurs ou mannequins vedettes, rappelant l'ambiance des concours en automobiles d'antan. Sans se laisser distraire, messieurs les jurés ont privilégié des autos à la carrosserie authentique et que les propriétaires utilisent régulièrement. Ainsi un torpédo Roi des Belges Cockshoot a-t-il supplanté un skiff Alpine Eagle "d'après Labourdette" sur un châssis Rolls-Royce 40/50 HP similaire. Et une Invicta Type S surbaissée 1932 habillée en tourer par Carbodies (d'habitude fournisseur de taxis) prit le pas sur les impressionnantes fausses Bentley Le Mans.
Rolls-Royce 40/50 HP Tourer Roi des Belges 1910
Rolls-Royce 40/50 Alpine Eagle Torpédo-Skiff Henri Labourdette 1915 – Invicta S-Type châssis Tourer Carbodies 1932
Dilemme également dans les rangs des voitures de compétition. Outre une Scarab, première américaine à avoir participé au championnat du monde des Grands Prix, figuraient deux voitures de 1921 étonnamment semblables : même essieu avant en acier forgé poli, section en H et cintré en V, mêmes tambours ailetés, même superbe quatre cylindres double ACT et quatre soupapes par cylindre... La Peugeot 3 litres Indianapolis et la Ballot 2 LS sortent toutes deux de la table à dessin d'Ernest Henry. Est-ce le panache d'Indy ou la patine donnée par Jean-François Vernhes qui ont fait pencher la balance en faveur de la Peugeot ?
Parmi les belles classiques des années 30, une Rolls Phantom II justement primée nous réconcilie avec Henri Chapron.
Plus sage qu'inventif, et auteur de dérivés Citroën très discutables sur la fin, le carrossier de Levallois transposa sur le rigide châssis anglais les lignes souples qui firent son succès sur les Delahaye 135, avec un réel bonheur. Ce qui ne gâte rien, Derek Kaiser, le propriétaire de la voiture, a le bon goût de l'avoir fait peindre en bleu canard, chic et original, de lui avoir conservé son vieux numéro parisien et d'être venu d'Allemagne par la route ! Autres collectionneurs étrangers méritants, le New-Yorkais Malcolm Pray, dont la Lincoln Continental convertible a été très endommagée il y a deux ans, en route pour Bagatelle : le container s'est détaché de la grue du bateau et s'est écrasé sur le quai ! Quand on sait que la caisse n'est pas boulonnée mais soudée au châssis sur ces autos... Déjà venu avec une Isotta-Fraschini, Dino Cognolato, de Vérone, présentait une splendide Lancia Lambda 8ème série.
Italie toujours, c'est une Ferrari qui a remporté le titre suprême de "Best of show", pour la troisième fois en onze ans, alors que le coup de cœur du public alla plutôt à une Hispano.
Certes, l'italienne dominait parmi les après-guerres, par son châssis 375 MM de compétition magistralement habillé par Scaglietti en 1956 pour le compte du cinéaste Roberto Rossellini, et cela faisait des années que les organisateurs demandaient à son propriétaire français d'exposer la voiture (après vingt-cinq ans passés en France, c'est finalement un Américain, bras droit du richissime Bill Gates, qui l'a restaurée... et amenée à Bagatelle !), mais les GT ne font-elles pas trop d'ombre aux grandes classiques de l'âge d'or ? Le choix du public, en rétablissant l'équilibre, a quelque chose de rassurant.
Lincoln Continental Convertible 1940 - Ferrari 375 MM Scaglietti 1954, bets-of show ! (photo LVA n°857)
Et encore, parmi les autres autos exposées :
Hispano-Suiza 20/30 HP Double Phaéton 1906 - Renault 6 HP Type G Tonneau 1902
Jaguar XK 120 Spéciale 1952 – Jaguar Type C 1953 - Osca MT 4 Morelli 1954
Lister-Bristol Sport Williams et Pritchard 1955 – Ford GT 40 1965 - Mercedes 36-220 Roadster 1928
Mercedes SSK 1928 – Talbot Lago Grand Sport T26 GS Coupé Saoutchik 1948 - Lamborghini 350 GT Touring 1965
Maserati Mistral Frua 1967 – Mercedes 300 SL – Ferrari 250 GT Berlinetta Competizione Scaglietti 1957
Fiat-Abarth 250 G Zagato 1957 – Lotus Elite Series 2 1963 – Bugatti
Chevrolet Corvette C2 Stingray 1966 – Renault 40 CV Torpédo-skiff 1927 – Mercedes-Simplex 28/32 HP Coupé Rothschild 1904
Renault Zo - Lorraine-Dietrich B 3-6 Le Mans 1926
Bertone Pickster – Chrysler Prowler – Chrysler pronto Cruiser
Ital Design Structura – Sbarro Chrysalis – Renault-Matra–Sbarro Espace Spide
Silver Bee – MGF Super Sports – Renault 40 CV – Ferrari 365 GTB-4 Shooting Brake Panther 1972
Prix et récompenses :
Ancêtres : Rolls-Royce Silver Ghost tourer "roi des Belges" 1910 Grand Prix : Peugeot 3 litres Indianapolis 1921 Endurance :
Ferrari 166 MM spider competizione Touring 1950
Maîtres carrossiers : Rolls-Royce Phantom II cabriolet Chapron 1934 Décapotables sportives : Invicta Type S "Low châssis" tourer Carbodies 1932 Décapotables de tourisme :
Hispano-Suiza H 6 B cabriolet Million-Guiet 1929
Grand tourisme :
Alfa Romeo 6C 2500 SS Villa d'Este Touring 1950 (photo N/B LVA n°857)
Berlinettes : Ferrari 375 MM berlinetta speziale Scaglietti 1954-56, BEST OF SHOW Rêve américain :
Impérial Le Baron hard-top saloon 1961 (photo N/B LVA n°857)
Prix spécial du jury :
Alfa Romeo 1900 SS Zagato 1956
Prix Automobiles Classiques, coup de cœur du public :
Hispano-Suiza K 6 Saoutchik 1935
Prix Blancpain, de la pérennité artisanale :
Alfa Romeo 6C 2300 B berlinetta Touring 1939
Prix Connolly : Lancia Lambda 8e série torpédo 1928 Prix de l'association de Bagatelle pour la plus belle restauration : Lincoln Continental convertible 1940 Prix Trianon :
Cadillac Eldorado Brougham "Jacqueline" Pinin Farina 1960 (photo N/B LVA n°857)
Prix Chrysler, de l'enthousiasme et de la fierté : Ballot 2 LS Grand Prix 1921
Textes issus de LVA n°763 et de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
4 et 5 Septembre 1999 : 12ème édition : “Automobiles classiques et Louis Vuitton”
Entrée : 70 F.
Thème : “La créativité à l’honneur”
“Torero frôle les tables au pas espagnol, puis effectue une cabriole. Les doigts du cavalier pressent imperceptiblement les rênes, d'un geste de marionnettiste. L'éperon chatouille les flancs du bel andalou. L'assiette de l'écuyer fléchit l'étalon pommelé qui s'encapuchonne pour faire une révérence à côté de la Delahaye 165 carrossée par Figoni & Falaschi qui recevra le Grand Prix. Mario Luraschi, le dresseur, sourit. Une vieille connivence, mêlée de rancœur et de rivalité, associe l'automobile et le cheval. La mécanique a libéré l'animal, mais lui a dérobé sa terminologie, son esthétique et ses artisans. Aujourd'hui, la puissance des moteurs se mesure en chevaux : juste reconnaissance. Du panache et des chevaux, la Delahaye, emportée par 175 pur-sang, n'en manque pas. Sa carrière est une épopée. Elle commença au cours de l'été 1939, à New York, où elle fut envoyée pour l'Exposition universelle qui avait pour thème « The world of tomorrow ». La guerre éclata et la Delahaye passa le reste de sa vie aux Etats-Unis, se terrant dans une grange avant d'être retrouvée et restaurée par les collectionneurs Jim Hull et Peter Mullin.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Delahaye 135 M roadster grand luxe 1938 par Henri Chapron
Carabo par Marcello Gandini 1968 – Delage D8-120 1938 carrossée par Pourtout
9 et 10 septembre 2000 : 13ème édition : “Louis Vuitton Classic”
Entrée : 70 F.
Thème : “Passion de femme”
“Après onze années d'existence, le concours Automobiles Classiques change d'intitulé. En cette année symbolique, la carrosserie Pininfarina fête ses soixante-dix ans en grande pompe. Son président, Sergio Pininfarina, a été désigné président d'honneur du jury. L'ingeniere n'a rien perdu de son brio, de son humour et de son humilité : depuis cinquante ans, il met sa compétence au service de la société fondée par son père Battista en 1930. Depuis 1966, il en assure la présidence. Dans le jury, Sergio Pininfarina côtoie Leonardo Fioravanti et Lorenzo Ramaciotti qui dirigèrent tous deux, autrefois, son centre de recherche. Deux Ferrari portant l'écusson Pininfarina, très différentes, ont enthousiasmé — et partagé — le jury pour la désignation du Best of Show : une 400 Superamerica Aerodinamico présentée au Salon de Genève 1961, et une 250 Mille Miglia de 1953. Ces deux modèles n'ont rien en commun, outre leurs labels : ils illustrent deux facettes opposées de Ferrari et Pininfarina, un style flamboyant pour l'une, une esthétique rationnelle pour l'autre. Luxe pour l'une, sportivité pour l'autre. Pininfarina a toujours été capable de satisfaire ces deux facettes antinomiques. En point d'orgue, Sergio Pininfarina effectue un tour d'honneur au volant du prototype Ferrari Rossa créé pour l'an 2000.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
De Dion-Bouton Type Q 1902 – Clément Tonneau Rotschild 1903
Renault XB cabriolet Labourdette 1907 – Renault VI Torpédo Gonthier 1906
Rolls-Royce Silver Ghost Tourer Mulliners of Birmingham 1912 – Benz 8-20 Tourer usine 1913
Peugeot 1455 torpédo usine 1913 – Delahaye 84N berline transformable Janoir 1923
Chrysler Imperial speedster usine 1932 – Voisin Lumineuse 1930
Bugatti Type 101 coupé Antem 1950 – Porsche RSK 1958
Bentley – Rolls-Royce Silver Ghost roadster Grosvenor 1912
Cadillac Sedan 452B 1932 – Hispano Suiza T49 1929
Hugues Auffray présentait aussi une voiture
Bristol 400 1947 – Ferrari 250 GT Berlinette Scaglietti 1961
Ferrari 365P Guida Centrale 1966 - Hammond Lakester 1962
8 et 9 septembre 2001 : 14ème édition : “Louis Vuitton Classic”
Entrée : 70 F.
Thème : “Voitures d’artistes”
“Une automobile peut-elle être assimilée à un objet d'art ? Les futuristes italiens ont lancé le débat dès l'aube du Xème siècle. Le commissaire-priseur Hervé Poulain, amateur de vitesse et professionnel de la beauté, eut l'idée superbe de fondre ses passions en faisant peindre ses voitures de course par des artistes. La première fut une BMW confiée à Alexander Calder, une comète multicolore qui participa aux Vingt-Quatre Heures du Mans 1975. Il y avait eu un précédent en 1967, quand plusieurs artistes avaient choisi pour support des voitures ordinaires. Sonia Delaunay en était, avec une Matra couverte de motifs géométriques. Hervé Poulain apporta un supplément de dramaturgie aux œuvres en faisant courir les Art Cars. On en voit plusieurs à Bagatelle, à côté de la Matra : la BMW signée Roy Lichtenstein (1977), la Venturi couverte de tuiles accumulées par Arman (1994) ou encore la McLaren décorée par César (1995). Quand elles ne sont pas sublimées par le geste d'un artiste, les automobiles peuvent être de purs chefs-d'œuvre des arts appliqués. C'est le cas de la BAT 7 qui reçoit le Grand Prix. Il s'agit d'une création poétique imaginée en 1954 par le styliste Franco Scaglione, chez Bertone. Les volutes qui se déploient à l'arrière se contractent comme les ailes d'un oiseau apeuré...”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
McLaren F1 César 1995 (La GT du siècle mérite un artiste d'exception. Le nom de César s'impose ! César peint alors une compression en trompe-l'œil. Ce n'est pas une énième compression compacte et immobile mais plutôt une armure étincelante).
Venturi Arman 1994 (Arman, co-fondateur du groupe des Nouveaux Réalistes, est choisi pour transcender la carrosserie d'une Venturi LM aux lignes sensuelles. Ses tuiles surdimensionnées ne passeront pas inaperçues lors des 24 heures du Mans de 1994)
Mercedes CLK-GTR – Benz Victoria 1894
Panhard & Levassor Type H 1903 – Mercedes 300 SL 1955
Clément-Bayard AC 4J 1909 – S.C.A.R. Type K Sport 1910
Brasier 16HP 1911 – Renault Type EF 1914
Voisin C11 Lumineuse 1928 – Packard V12 1934
Bentley 4,5 l Vanden Plas 1928 – Alfa Romeo 8C 2300 1931
Aston Martin 15/98 1937 – Voisin C28 1935
Ferrari 212 Inter 1952 – Aston Martin DB4 GT 1960
28 et 29 septembre 2002 : 15ème édition : “Louis Vuitton Classic”
Thème : “Les belles Américaines”
“Les « belles américaines » font rêver l'Ancien Monde. Que ce soit par le caractère pionnier de certaines, comme la Ford T, première automobile produite à la chaîne, en 1911, ou par la démesure des autres, à l'image de la Cadillac Eldorado Biarritz au paroxysme de la grandiloquence, en 1959, avec des ailerons acérés comme l'empennage d'un avion de chasse. Tandis que les voitures américaines impressionnent, les italiennes séduisent. Une catégorie est consacrée à la Ferrari 250 GTO, immense légende qui fête son quarantième anniversaire. Elle avait été créée en 1962, année où le championnat du monde des Marques était ouvert aux Grand Tourisme et non plus aux voitures de sport. Efficace, imbattable même, la 250 GTO est entrée dans l'histoire pour son palmarès éloquent autant que pour son esthétisme minimaliste, logique, technologique. Sept voitures sur les trente-six existantes sont réunies ici ! Le Best of Show est pourtant décerné à une création infiniment plus discrète, une Alfa Romeo 6C 2500 de 1939, carrossée par Touring, avec beaucoup de sobriété.”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
devant le Trianon, au premier plan : Delahaye 135 S, Aston Martin Speed Model 1936
première Cadillac Eldorado en 1953 – Ferrari 342 America par Pinin Farina pour le roi Leopold III en 1952
Ferrari 555 Super Squalo 1955 – Mercedes-Benz W 196 1954
Malheureusement, peut-être suite à la disparition de l'Association des Amis de Bagatelle qui contribuait à l'organisation de l'évènement, la Louis Vuitton Classic a cessé de se dérouler à Bagatelle. En 2003 cette manifestation s'est déroulée au parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).
6 et 7 septembre 2003 : 16ème édition : “Louis Vuitton Classic”
“Le concours Louis Vuitton Classic a traversé la Seine, le grand cirque a quitté Paris pour planter son nouveau décor dans le domaine de Saint-Cloud que Saint-Simon qualifiait de « maison des délices ». L'impératrice Eugénie lui avait donné tout son lustre lorsque le château, résidence successivement princière, royale et impériale, fut emporté dans les flammes de la guerre de 1870. Heureusement, jardins et fontaines entretiennent le souvenir de sa magnificence. De la dernière édition du concours Louis Vuitton Classic en région parisienne, on retiendra quelques perles rares. Une fois encore, des jalons importants et néanmoins peu connus de l'histoire de la locomotion ont été plantés ici. Témoin l'une des rarissimes Scout Scarab qui furent fabriquées autour de 1935, un véhicule certes peu gracieux, mais éminemment prémonitoire, avec son volume monocorps et son rapport entre habitabilité et encombrement qui préfigurait les monospaces modernes. La Bentley Speed Six récompensée par le Grand Prix a elle aussi une histoire. Elle fut équipée d'une carrosserie profilée par Gurney Nutting à la demande du pilote Woolf Barnato qui avait un objectif: battre le Train bleu entre Monte-Carlo et Calais. Ce qui fut accompli !”
Résumé de l’ouvrage “Louis Vuitton et l’élégance automobile”
Delahaye 135 MS 1937 par Henri Chapron – Scarab 1935 de William Stout, ancêtre des monospaces modernes
Talbot Lago SS “Goutte d’eau” 1937 par Figoni & Falaschi
C’était la dernière édition du concours “Louis Vuitton Classic” en France et la dernière en Grande-Bretagne eut lieu l’année suivante, en 2004. En 2005, le célèbre bagagiste a annoncé une refonte du concept de l'évènement : la “Louis Vuitton Classic” récompensera dorénavant une voiture choisie parmi celles qui ont déjà gagné un des grands concours d'élégance automobile.
Depuis 2014, grâce à Peter Auto, une exposition prestigieuse se déroule de nouveau au château de Chantilly : Chantilly Arts & Elégance, mais elle n’est pas aussi accessible que celle de Bagatelle car l’entrée est à 45 € en plus du parking à 10 € !
En décembre 2018, j’ai trouvé par hasard, sans connaître son existence un ouvrage “bradé” à 10 € intitulé “Louis Vuitton et l’élégance automobile”. Ce beau livre de 262 pages relate l’association de la Maison Louis Vuitton avec l’univers des belles carrosseries d’automobiles. 40 pages sont consacrées à ces concours d’élégance “Louis Vuitton Classic”.
Les textes entre “ sont issus de cet ouvrage, ainsi que quelques photos.
Bonjour Didier,
RépondreSupprimerUn peu déçu de ne plus croiser ta route dans les joutes DCDL, mais je continue à faire un petit tour régulièrement sur ton blog.
Et je suis stupéfait qu'il existe autant de rassemblements de voitures anciennes ou véhicules en tout genre, que ce soit de grosses manifestations comme celle-ci ou d'autres organisées dans de petites agglomérations et que tu as pu relater par ailleurs.
Au plaisir de croiser à nouveau ta route un de ces quatre.
Arnaud.
Bonjour Arnaud,
SupprimerMerci pour ton commentaire et ta fidélité.
Effectivement il y a pas mal de manifestations d'automobiles anciennes un peu partout en France et bien sûr encore plus en région parisienne, et aussi des rassemblements informels tous les dimanches matin. Par contre dans une même région on retrouve assez souvent les mêmes voitures.
Il va de soi que moi aussi je regrette beaucoup de personnes croisées en tournois.
A bientôt ici ou ailleurs.