vendredi 9 octobre 2026

L’exposition “Toutankhamon : son Tombeau et ses Trésors” à Paris

L’exposition “Toutankhamon : son Tombeau et ses Trésors” se tenait au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris du 3 juillet au 6 septembre 2026.

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L’exposition présentait sur 2.500 m² des reproductions fidèles du tombeau du pharaon Toutankhamon à travers quelque 1000 objets replacés dans leurs positions d’origine en 1922, au moment où l’archéologue britannique Howard Carter découvre dans la Vallée des Rois ce tombeau resté scellé pendant plus de 3.000 ans.

Adresse : Parc des Expositions, Pavillon 5.1, 1 Place de la Porte de Versailles, 75015 Paris
Horaires : tous les,jours de 10h00 à 19h00
Tarifs : 23,90 € (17,90 € de 4 à 12 ans, 22,90 € seniors)
Durée de visite : minimum 1h30

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la Pierre de Rosette :

Le texte gravé sous trois formes différentes sur la Pierre de Rosette est un décret du clergé égyptien, promulgué en 196 av. J.-C., c'est-à-dire à l'époque ptolémaïque. Ces inscriptions jouèrent un rôle décisif dans le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens ; la pierre est aujourd'hui l'un des objets les plus importants pour comprendre la culture de l'Égypte ancienne. L'inscription située dans la partie supérieure de la Pierre de Rosette est en hiéroglyphes égyptiens. Dans la partie centrale de la pierre, le même texte est cette fois rédigé en démotique, l'écriture de la vie quotidienne à la Basse Époque. Enfin, dans la partie inférieure de la pierre se trouve une traduction grecque du décret. Notre connaissance du grec ancien ne s'étant jamais complètement perdue, il devenait possible pour la première fois de commencer la traduction des textes égyptiens. La pierre fut découverte par hasard en 1799, alors que les troupes de Bonaparte procédaient à des travaux dans une forteresse près de Rosette/Rachid dans le Delta du Nil. Après la défaite de Bonaparte, la pierre fut acheminée en Angleterre, où l'on peut encore la voir aujourd'hui au British Museum à Londres. Le Français Jean-François Champollion, qui parvint à déchiffrer et à traduire les hiéroglyphes en 1822, dut se contenter d'une copie des inscriptions –

Extrait de la liste de caractères écrite de la main de Champollion   

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Préhistoire, Période prédynastique et Période thinite Iʳᵉ-IIᵉ dynasties :
Des groupes de populations s'installent en Haute et en Basse Égypte et vivent principalement de la pêche, de l'élevage du bétail et de l'agriculture. Vers 3100 av. J.-C., les deux régions sont unifiées en un État centralisé, un exploit attribué au roi Ménès (l'Horus Narmer). L'historiographie égyptienne, un système d'écriture, le hiéroglyphe, des standards de l'artisanat d'art dont la fabrication de vases en pierre et de céramique sont alors de rigueur.

Ancien Empire, VIIIᵉ dynasties :
À Saqqarah, le roi Djéser (IIIᵉ dynastie) fait bâtir le premier complexe funéraire en pierre et non plus en briques crues, marquant un jalon de l'architecture de pierre. En son centre se trouve une pyramide à degrés, précurseur de la pyramide « vraie » à faces lisses. L'architecture monumentale atteint son sommet avec les trois pyramides de Gizeh des rois Khéops, Khéphren et Mykérinos (IVᵉ dynastie). L'État égyptien est un État centralisé. La politique extérieure porte en premier lieu sur l'importation de matières premières de valeur. Au cours de la Vᵉ dynastie, le dieu Soleil Rê gagne en importance et est vénéré à ciel ouvert dans des temples solaires. Le roi Ounas, le dernier représentant de la Vᵉ dynastie, est le premier à faire inscrire dans sa pyramide les Textes des Pyramides, destinés à permettre au souverain de continuer à vivre après sa mort. Vers la fin de la VIᵉ dynastie, une époque de instabilité commence

Période Intermédiaire et Moyen Empire, IXᵉ-Xᵉ et XIᵉ-XIIᵉ dynasties :
Après l'effondrement de l'autorité centrale, des gouverneurs locaux luttent avec détermination pour s'emparer du pouvoir. La Première Période Intermédiaire restera dans l'histoire culturelle égyptienne comme une époque de chaos et de décadence. Le roi Mentouhotep II de Thèbes en Haute-Égypte parvient finalement à réunifier le pays en 2035 av. J.-C. On assiste, en particulier durant la XIIᵉ dynastie, à un important épanouissement de la culture égyptienne, sous plusieurs rois portant les noms d'Amenemhat et de Sésostris. L'administration gouvernementale efficace et de nouveaux concepts scientifiques, artistiques, littéraires et architecturaux sont atteints. Les générations suivantes considèrent cette période comme « l'âge d'or » et l'apogée de l'Égypte de cet âge d'or.

Deuxième Période Intermédiaire et Nouvel Empire, XIIIᵉ-XVIIᵉ et XVIIIᵉ-XXᵉ dynasties (1796 - 1070 av. J.C.) :
Des troubles internes entraînent un nouvel effondrement de l'État. Des souverains du Proche-Orient s'installent dans le Delta et règnent sur l'Égypte. On les appelle « Hyksos » (mot d'origine égyptienne signifiant « les souverains des pays étrangers ») en référence à leur origine. L'Égypte doit à ces souverains impopulaires des innovations comme le char. Les potentats de Haute-Égypte (XVIIᵉ dynastie) s'affirment à Thèbes, et, après des années de combat, défont les Hyksos. La réunification établit définitivement le dieu thébain Amon dans toute l'Égypte.
Le Nouvel Empire engendre une série d'importants souverains. Avec la reine Hatchepsout, qui pose les fondements d'un épanouissement culturel, une femme accède au trône des pharaons. Les nombreuses conquêtes militaires de son successeur, Thoutmosis III, élèvent l'Égypte au rang de puissance mondiale.
La stabilité, l'opulence et un gigantesque programme architectural caractérisent le règne d'Amenhotep III. Sous l'autorité de son fils, Akhenaton, le pays connaît une révolution religieuse qui débouche sur une crise de succession. À la fin de la période amarnienne, Toutankhamon accède, encore enfant, au trône, et l'Égypte renoue avec sa tradition religieuse. Après la mort prématurée de Toutankhamon, ses successeurs Aÿ et Horemheb poursuivent les réformes.
La période ramesside (XIXᵉ et XXᵉ dynasties) profite des réalisations de la XVIIIᵉ dynastie. La construction de nombreux palais et temples caractérise le long règne de Ramsès II. Après que Ramsès III réussit une nouvelle fois à repousser les attaques massives des tribus étrangères, le déclin du Nouvel Empire s'installe.

Troisième Période Intermédiaire et Basse Époque, XXIᵉ–XXVᵉ et XXVIᵉ–XXXIᵉ dynasties (1070 - 332 av. J.-C.) :
La Haute-Égypte est gouvernée depuis Thèbes par les grands prêtres d'Amon au nom de leur dieu. Ils agissent sous la domination de la XXIᵉ dynastie dans le Delta, à laquelle ils sont liés. Aux luttes de pouvoir entre différentes familles princières libyennes dans le Delta (XXIIᵉ-XXIVᵉ dynasties) succèdent un renouveau culturel sous les rois africains (nubiens, XXVᵉ dynastie) et la conquête de l'Égypte par l'Assyrie.
La XXVIᵉ dynastie marque le dernier essor culturel du pays sous le règne de souverains indigènes. En 525 av. J.-C., l'Égypte est conquise par les Perses (XXVIIᵉ dynastie). Après leur expulsion, le pays est dirigé par plusieurs familles égyptiennes du Delta. La XXXᵉ dynastie en particulier se distingue par ses remarquables réalisations artistiques et architecturales. Une nouvelle offensive des Perses (XXXIᵉ dynastie) met fin au règne du dernier pharaon indigène.

Époque ptolémaïque (332–30 av. J.-C.) :
En 332 av. J.-C., Alexandre le Grand défait les Perses et conquiert l'Égypte. Après sa mort, Ptolémée, un de ses généraux macédoniens, monte sur le trône d'Égypte et fonde la dynastie ptolémaïque, qui associe culture hellénistique et héritage pharaonique : les grands temples d'Edfou, de Philae, de Kôm Ombo et de Dendérah sont érigés, et la capitale, Alexandrie, devient le centre culturel et économique de la Méditerranée orientale. La victoire d'Auguste sur Cléopâtre lors de la bataille navale d'Actium en 31 av. J.-C. met fin à l'indépendance égyptienne et le pays devient alors province romaine.

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Howard Carter et Lord Carnarvon

  • La jeunesse de l'archéologue
    Déjà lorsqu'il est enfant, Howard Carter est fasciné par les vestiges de l'Égypte ancienne. Il quitte l'Angleterre en 1891 à l'âge de 17 ans et se rend en Égypte pour y travailler comme dessinateur et archéologue. En janvier 1900, le jeune autodidacte accepte le poste d'Inspecteur Général des monuments de Haute-Égypte et fait ses premières découvertes importantes dans la Vallée des Rois. Sa collaboration avec le riche américain Theodore Davis marque une nouvelle étape dans sa carrière
  • Les débuts d'une amitié inhabituelle
    Carter est nommé Inspecteur Général en Basse-Égypte fin 1904. Suite à un différend diplomatique lié à une altercation avec un groupe de touristes français, Carter démissionne. Il lui faut alors gagner sa vie en tant que guide touristique, dessinateur et marchand d'antiquités en Égypte. À peu près au même moment, Lord Carnarvon, un gentilhomme aisé, arrive en Égypte pour y trouver un climat propice à sa santé précaire. Très vite, il se lasse d'un style d'archéologie d'amateur et cherche un conseiller qualifié. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Carter
  • Preuve d'une tombe royale inconnue
    À l'époque où Carter est au plus bas et travaille comme guide touristique, une équipe archéologique dirigée par Theodore Davis découvre les premiers objets au nom du roi Toutankhamon dans la Vallée des Rois ainsi qu'une petite tombe ayant été pillée. Davis estime avoir mis au jour la tombe pillée de Toutankhamon et déclare qu'il n'y a plus rien à trouver dans la Vallée des Rois. Howard Carter, cependant, n'a qu'une idée : poursuivre la recherche de la tombe de Toutankhamon. En 1914, Lord Carnarvon rachète le permis de Davis et, trois ans plus tard, Carter et Carnarvon débutent leur quête de la sépulture de Toutankhamon
  • « Des choses merveilleuses »
    Après cinq longues années de recherches sans succès, Lord Carnarvon veut mettre fin au financement de l'expédition. Il accepte néanmoins de fournir les fonds pour une dernière tentative. Le 4 novembre 1922, Carter découvre enfin la première marche menant à l'entrée d'une tombe scellée. À la fin du mois, quand Howard Carter ouvre, en présence de Lord Carnarvon et de sa jeune fille Lady Evelyn, la tombe de Toutankhamon, ils découvrent « des choses merveilleuses », que personne n'avait vues depuis l'époque des pharaons
  • La malédiction des pharaons ?
    Quelques semaines seulement après la découverte de la tombe, Lord Carnarvon est piqué par un moustique et rouvre ensuite la plaie en se rasant. Il développe une infection qui finit par entraîner la mort du gentleman britannique. L'incident contribue à faire revivre un ancien mythe : celui de la « malédiction des pharaons ». Un an plus tard, Carter rencontre des difficultés avec les autorités égyptiennes, qui le poussent à interrompre ses travaux. L'accès du site lui est désormais interdit et la tombe est fermée par le gouvernement égyptien pendant un an
  • L'équipe de Carter – les meilleurs de leur époque
    Howard Carter et son équipe d'experts établissent de nouveaux standards dans le domaine de l'archéologie. Les objets doivent être mis au jour précautionneusement et immédiatement transmis aux restaurateurs. Si cela n'avait pas été le cas, nombre d'entre eux seraient perdus aujourd'hui. Carter rédige avec un soin extrême des milliers de fiches descriptives, sur lesquelles figurent aussi des dessins détaillés. Plus de 2 800 photographies sur plaques de verre de grande qualité, réalisées par le photographe Harry Burton du Metropolitan Museum of Art, montrent la disposition originale des objets dans la tombe, ainsi que chaque étape du travail des archéologues.
  • « Le lourd fardeau des responsabilités » (H. Carter, Toutankhamon)
    Dix années d'exposition à la lumière artificielle et à l'air vicié de la tombe portent fortement atteinte à la santé de Carter. Qui plus est, il doit mener un combat quotidien éprouvant contre les autorités locales. Carter n'a le temps de publier ses découvertes que sous la forme de trois volumes de vulgarisation scientifique qui rencontrent un vif succès. En 1932, il quitte l'Égypte alors qu'il est gravement malade
  • Les dernières années de la vie d'un célèbre archéologue
    Un enregistrement portant sur la découverte de la tombe de Toutankhamon réalisé peu de temps avant la mort de Carter est le seul enregistré dont on ait gardé la mémoire. Il meurt le 2 mars 1939. Aucun des scientifiques de renom de l'époque n'assiste à son enterrement à Londres. Howard Carter n'a reçu la reconnaissance qu'il méritait ni durant sa vie ni après sa mort

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La Vallée des Rois

  • Sur la rive occidentale du Nil, en face de l'ancienne cité de Thèbes (aujourd'hui Louxor), se trouve une immense nécropole dans laquelle furent enterrés la population ordinaire ainsi que les hauts dignitaires et les pharaons divinisés. La vallée désertique et isolée, mondialement connue de nos jours sous le nom de Vallée des Rois, s'enfonce, parfaitement dissimulée, dans la montagne occidentale de Thèbes. Elle est dominée par une cime imposante en forme de pyramide, autrefois considérée comme un site sacré de la nécropole et vénérée sous l'appellation « Celle qui aime le silence ».
    On pense que la reine Hatshepsout ordonna que la première chambre funéraire fût érigée dans la Vallée des Rois au début de la XVIIIᵉ dynastie (vers 1470 av. J.-C.). La vallée continue de servir de cimetière pour les pharaons pendant les quatre siècles suivants. Seules quelques personnes triées sur le volet n'appartenant pas à la famille royale sont inhumées ici dans de petits tombeaux. Parmi elles figurent, par exemple, des dignitaires méritants et des nourrices royales.
    Le culte funéraire des souverains défunts ne se déroulait pas dans la lointaine Vallée des Rois, mais dans des temples spécifiquement construits à cet effet. Ceux-ci étaient situés sur la plaine en contrebas de la montagne occidentale, à la lisière des terres cultivées.
  • Des tombeaux pour l'éternité
    Les premiers tombeaux de la Vallée des Rois sont cachés dans les crevasses ; par la suite, ils sont construits avec de grandes entrées, et leur plan se modifie également. Tandis que les premières sépultures présentent des axes au tracé incurvé et des escaliers abrupts, les tombeaux ramessides plus tardifs présentent un tracé rectiligne et des couloirs en pente douce. Les chambres souterraines sont ornées de peintures et de reliefs montrant des textes et des représentations liés au monde divin de l'Au-delà. Toute la décoration de ces tombeaux concerne l'accès du souverain défunt au monde des dieux et vise à l'aider à surmonter les dangers du monde inférieur. Le « Livre de l'Amdouat » (le monde inférieur, en égyptien) et le « Livre des Portes », par exemple, décrivent le voyage du dieu soleil sur le Nil du monde inférieur durant les douze heures de la nuit.
  • Les ouvriers du pharaon
    Un groupe d'artisans spécialisés était responsable de la construction et de la décoration des tombes royales. Ces ouvriers vivaient avec leur famille dans un village (aujourd'hui Deir el-Médineh) sur la rive occidentale de Thèbes. Répartis en deux équipes, affectées pour l'une au côté droit et pour l'autre au côté gauche de la tombe royale, ils taillaient les chambres et les couloirs dans la tendre roche calcaire, lissaient et plâtraient les murs, puis réalisaient la décoration. Des textes et dessins anciens nous informent sur la planification et la réalisation des tombeaux, mais aussi sur la vie quotidienne des artisans, leurs querelles familiales et leurs arrêts maladie. La première grève avérée de l'histoire de l'Humanité eut lieu à Thèbes-Ouest sous le règne de Ramsès III, parce que les rations alimentaires des ouvriers n'avaient pas été distribuées.
  • Pilleurs de tombes !
    Le somptueux mobilier funéraire des pharaons attirait des pilleurs de tombes, souvent quelques semaines seulement après les funérailles. Ces pilleurs ne s'intéressaient pas seulement aux objets précieux en or ou incrustés de gemmes, mais également aux parfums, baumes, vêtements et vins.
    Les papyrus rédigés par l'administration de la nécropole à l'époque ramesside, qui contiennent les procès-verbaux relatifs à ces pillages et sont connus sous le nom de « Tomb Robberies », illustrent clairement à quel point le pillage des tombes était pris au sérieux par l'administration de l'époque : les voleurs étaient soumis à des interrogatoires, les aveux étaient facilités par l'usage de la violence et l'état des tombeaux était contrôlé lors de tournées d'inspection dans la nécropole. Sous Ramsès XI (1103-1070 av. J.-C.), le dernier roi ramesside, les problèmes liés à la sécurité dans la nécropole sont apparemment devenus si graves que le roi abandonna la construction de sa sépulture dans la Vallée des Rois et opta pour un nouvel emplacement, peut-être dans le nord de l'Égypte.

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La recherche du tombeau : “un projet désespéré” :

Lorsque les ouvriers rebouchèrent il y a plus de trois mille ans l'entrée de la tombe de Toutankhamon avec des déblais provenant de l'aménagement de tombeaux ultérieurs et qu'ils érigèrent de petites cabanes en pierre par-dessus, l'ultime demeure du roi tomba complètement dans l'oubli jusqu'à ce qu'Howard Carter se lance à sa recherche de manière systématique.
Durant la première saison en 1917, Carter creusa en contrebas de l'entrée de la tombe de Ramsès VI. Il ne se doutait pas à quel point il avait été proche de la tombe de Toutankhamon. Lorsqu'il tomba sur les vestiges en pierre des cabanes d'ouvriers recouverts des décombres accumulés au fil des millénaires, il suspendit les fouilles, car il ne pensait pas trouver autre chose sous ces structures. En outre, il risquait de couper le sentier touristique menant à la tombe de Ramsès VI. Au cours de la période qui suivit, Carter travailla en d'autres endroits.
Ses recherches restant infructueuses, il reprit le 1ᵉʳ novembre 1922 les fouilles à l'emplacement des ruines des cabanes d'ouvriers de l'époque pharaonique. Après les avoir dégagées et avoir enlevé les déblais situés en-dessous, il mit finalement au jour la première marche menant à la tombe de Toutankhamon.

2026.09.03-013 plan de tombe 2026.09.03-010 panneau explicatif déchiffrement des hiéroglyphes

Un plan de tombe inhabituel :

Seize marches mènent à un couloir dont l’entrée était murée, qui descend en pente douce jusqu’à une antichambre, dont l’entrée était également murée. Cette salle se trouve à 7,10 m sous le niveau antique du fond de la vallée. Sur le mur diagonalement opposé à l’entrée se trouve l’accès à l’annexe, qui était autrefois muré mais fut ouvert par les pilleurs de tombes. Cette salle était taillée dans la roche un bon mètre sous le niveau de l’antichambre. Une cloison à droite de l’entrée scellait la chambre funéraire. Celle-ci est plus profonde de près d’un mètre que l’antichambre. La chambre du trésor n’était pas murée ; on y accède en traversant la chambre funéraire, qui se situe environ 16 cm plus haut.
Après qu’Howard Carter eut vidé l’antichambre, la chambre funéraire fut ouverte en février 1923. Le travail dans la chambre du trésor commença à l’hiver 1926, celui dans l’annexe un an plus tard. Les derniers objets du tombeau furent envoyés au Musée du Caire en 1932.
Plan modernisé par le Theban Mapping Project. À gauche, près de l’accès à la tombe de Toutankhamon, se trouvent des murs de soubassement modernes avec des escaliers menant à l’ancienne entrée. Directement au-dessus du couloir d’entrée de la tombe de Toutankhamon s’ouvre la tombe de Ramsès VI, construite environ 200 ans plus tard

Déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique :

Le mot « hiéroglyphe » vient du grec et signifie « caractère sacré gravé ». Selon une légende ancienne, l'écriture aurait été inventée par Thot lui-même, le dieu égyptien du savoir. Les recherches les plus récentes ont montré que les premiers signes d'écriture avaient déjà fait leur apparition dans la Vallée du Nil à l'époque prédynastique, vers le milieu du quatrième millénaire av. J.-C., du fait de la circulation de marchandises.
À partir du Ve siècle apr. J.-C., les principes de l'écriture hiéroglyphique furent oubliés, et ce pour plusieurs siècles. Avant la découverte de la Pierre de Rosetta en 1799, toutes les tentatives de déchiffrement avaient échoué. Outre Jean-François Champollion, des chercheurs anglais et allemands firent aussi des progrès, mais ce fut Champollion qui parvint à déchiffrer les hiéroglyphes

2026.09.03-014 statue de Toutankhamon 2026.09.03-015 statue de Toutankhamon
statue de Toutankhamon

2026.09.03-016 têtes d'Aménophis III, d'Akhénaton et de Toutankhamon 2026.09.03-019 panneau explicatif 18ème dynastie
têtes d’Aménophis III, d’Akhénaton et de Toutankhamon – la 18ème dynastie

Toutankhamon, Fin de la XVIIIe dynastie :

Le roi Toutankhamon (1333–1323 av. J.-C.) règne à la fin de la XVIIIe dynastie, pendant une phase difficile marquée par des troubles sociaux qui continue de susciter des interrogations chez les chercheurs. Le nom de sa mère reste inconnu. Amenhotep III et Akhénaton, grand-père et père du roi décédé à 18 ans, marquent à la fois l'apogée et le déclin d'une formidable dynastie qui régna sur le pays du Nil durant près d'un quart de millénaire

 2026.09.03-021 panneau explicatif Les annexes 2026.09.03-022 panneau explicatif Pillages

les annexes :

Sous le lit de la déesse hippopotame situé dans l'antichambre, Carter trouva un petit trou irrégulier dans un passage muré menant à une annexe étroite en contrebas. Le trou avait été creusé par des voleurs. Dans cette pièce, le saccage fut terrible.
L'annexe aurait, selon toute vraisemblance, servi avant tout de magasin. Les archéologues trouvèrent des vases de faïence et d'albâtre contenant encore des traces de précieuses huiles parfumées dont ils étaient remplis, ainsi que des armes, d'autres récipients et des pièces de mobilier, parmi lesquelles des lits funéraires munis de pattes en guise de pieds et d'un sommier tressé tel qu'on en utilise aujourd'hui encore au Soudan.

Pillages :

La première porte resellée révéla à Carter que les effractions avaient dû se produire peu de temps après l'inhumation. Comme l'accès caché à l'annexe a en outre été forcé, on peut supposer que les voleurs avaient une bonne connaissance du plan de la tombe.
Après un premier pillage, le couloir menant aux chambres funéraires fut comblé au moyen de pierres et de gravats. Lors de l'intrusion suivante, un tunnel fut creusé dans la maçonnerie et les gravats.
Les prêtres ont essayé de remettre de l'ordre dans le chaos semé dans l'antichambre et de plâtrer les murs. Le reste demeura dans l'état dans lequel les voleurs l'avaient laissé. On ne saura jamais quels trésors furent dérobés.

2026.09.03-023 antichambre dans le tombeau de Toutankhamon 2026.09.03-024 antichambre dans le tombeau de Toutankhamon2026.09.03-025 antichambre dans le tombeau de Toutankhamon 2026.09.03-026 antichambre dans le tombeau de Toutankhamon2026.09.03-028 antichambre et salle du trésor dans le tombeau de Toutankhamon 2026.09.03-027 statue du Ka de Toutankhamon2026.09.03-029 antichambre et salle du trésor dans le tombeau de Toutankhamon 2026.09.03-030 coffre de chasse peint de Toutankhamon
antichambre dans le tombeau de Toutankhamon

2026.09.03-032 chambre du trésor 2026.09.03-037 chambre du trésor2026.09.03-039 chambre du trésor 2026.09.03-040 chambre du trésor2026.09.03-033 Anubis dans la chambre du trésor 2026.09.03-038 Anubis dans la chambre du trésor
chambre du trésor

2026.09.03-031 reconstitution de la chambre funéraire de Toutankhamon2026.09.03-035 reconstitution de la chambre funéraire de Toutankhamon 2026.09.03-036 reconstitution de la chambre funéraire de Toutankhamon
reconstitution de la chambre funéraire de Toutankhamon

2026.09.03-042 panneau explicatif tombe de Toutankhamon 2026.09.03-034 photo des égyptologues Arthur Mace et Alfred Lucas examinant une statue grandeur nature deToutankhamon
la tombe de Toutankhamon – photo des égyptologues Arthur Mace et Alfred Lucas examinant une statue grandeur nature de Toutankhamon

2026.09.03-043 panneau explicatif chapelles et sarcophage 2026.09.03-045 première chapelle

Chapelles et sarcophages

Les quatre chapelles et le sarcophage de Toutankhamon transposent dans la pratique la croyance antique selon laquelle le pharaon reposait après sa mort dans une « maison d'éternité ». Présentant l'architecture typique de sanctuaires, elles étaient emboîtées les unes dans les autres suivant un principe simple : plus il y a de murs, meilleure est la protection du roi défunt. Le sarcophage était muni d'un fond, tandis que les panneaux des chapelles étaient érigés à même le sol de la chambre funéraire. Les chapelles furent transportées dans le tombeau en pièces détachées, puis assemblées à l'intérieur de la chambre funéraire, en commençant par la chapelle située au plus près du sarcophage. Des repères avaient été tracés sur les panneaux des chapelles, afin d'en garantir l'assemblage correct.
Des illustrations sur papyrus suggèrent que ce principe de chapelles emboîtées était également employé plus tardivement pour les souverains du Nouvel Empire, indiquant que cette pratique funéraire n'était probablement pas une exception propre à Toutankhamon.

La première chapelle

Le plan de la première chapelle, la plus extérieure, en cèdre doré, ressemble au pavillon de la fête de Sed dans lequel les rois de l'Égypte antique célébraient le jubilé royal. Les panneaux muraux extérieurs sont décorés de faïence bleue, incrustés d'un motif de deux piliers Djed dorés représentant la stabilité, alternant avec des amulettes à double nœud d'Isis qui symbolisent la protection. Des peintures de tombes représentant des scènes d'artisans au travail confirment qu'une telle ornamentation décorait également les chapelles d'autres rois ainsi que de particuliers.

Le plafond (non visible ici) est orné de treize vautours en vol et de deux disques solaires ailés. Ils ne sont pas orientés dans la bonne direction, car les ouvriers de l'époque antique ont installé la pièce centrale du toit à l'envers.

2026.09.03-050 première chapelle2026.09.03-047 intérieur de la première chapelle 2026.09.03-048 intérieur de la première chapelle

Le plan au sol est un agrandissement d’un dessin au crayon réalisé par Carter lui-même, indiquant les dimensions d’origine des chapelles. Carter a reporté l’emplacement exact des chapelles, ainsi que les objets funéraires disposés entre eux. On aperçoit derrière la porte de la première chapelle de la vaisselle en albâtre, des cannes ornementées, des arcs et un carquois. L’espace situé entre la troisième et la quatrième chapelle était juste assez large pour y glisser des arcs et l’un des éventails superbement décorés. Entre la première et la deuxième chapelle se dressait une armature en bois, constituée de quatre montants et recouverte d’une pièce de lin sur laquelle des marguerites en bronze doré avaient été cousues. Déjà fragilisée par le poids des marguerites, la pièce de tissu fut irrémédiablement endommagée par un séjour prolongé à l’air libre, pendant toute la période où Carter avait été contraint de quitter le site.
L'intérieur de la première chapelle est orné du « Livre de la Vache du ciel ». Ce mythe raconte comment le dieu soleil, d'abord décidé à détruire l'humanité rebelle, fut pris de remords après qu'une partie des hommes eut été châtiée. Il épargna le reste en enivrant sa fille pour lui faire oublier sa mission destructive, avant de quitter la terre sur le dos de la Vache du ciel. Ce récit explique l'origine du mal par la rébellion humaine, jouant un rôle théologique comparable aux récits bibliques de la Chute et du Déluge 

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Un passage vers l’éternité

Mur est

La décoration du mur est, dans lequel s'ouvre la chambre du trésor, illustre le transport du cercueil royal contenant la momie du roi défunt, abrité sous un dais richement orné et posé sur un traineau. Celui-ci est tiré par douze hauts dignitaires du royaume. Parmi eux se trouve un groupe de personnages, connu sous le nom des « neufs amis », qui marche devant deux vizirs au crâne rasé et vêtus de leur costume officiel. Le personnage à l'arrière est très certainement le fameux général Horemheb, qui deviendra plus tard roi.

Les scènes représentées dans la tombe de Toutankhamon sont très différentes de celles trouvées dans les tombes royales antérieures de la XVIIIe dynastie. Pour la première fois dans la tombe d'un roi, la représentation de la procession funéraire est tirée du Livre des Morts, un des livres traitant du monde inférieur qui n'était pas destiné à la famille royale.

Mur nord

La corde qui sert à tirer les traineaux de la procession funéraire se prolonge sur le mur nord, établissant ainsi une continuité avec la nouvelle scène représentée sur ce mur. Ay, le grand prêtre et successeur de Toutankhamon, représenté ici comme son « fils », procède au rituel de l'Ouverture de la Bouche. Cette cérémonie permettait au pharaon de recouvrer l'usage de tous ses sens après la mort. Les inscriptions confirment qu'Ay était bien le successeur officiel de Toutankhamon et suggèrent même que celui-ci assumait, d'ores et déjà, les titres et pouvoir du pharaon.

Dans la scène suivante, Toutankhamon est représenté sans ses bandelettes de momie, tenant une canne et une massue, il se tient face à Nout, la déesse du ciel, d'égal à égal. Celle-ci est représentée en train de l'accueillir en accomplissant le geste ny-ny avec des mains purifiées. Dans la dernière scène, Toutankhamon, coiffé du némès et suivi de sa force vitale, son « ka », fait face à Osiris, le dieu de la résurrection.

Contrairement aux personnages figurant sur le mur sud, les dimensions plus importantes des personnages représentés sur le mur nord reflètent davantage l'art de la période amarnienne pendant le règne d'Akhénaton.

Dans le monde intérieur

Mur ouest

La peinture murale du mur ouest représente un passage de la première heure du « Livre de l'Amdouat », un livre royal traitant du monde inférieur remontant à la période précédant le règne du roi Akhénaton. Douze babouins accroupis accueillent la barque solaire à son arrivée dans le monde inférieur. Au centre de la barque solaire, on peut voir un scarabée, symbole de la renaissance du soleil levant et du renouvellement de la vie. L'inscription, d'une couleur rouge inhabituelle, a été rédigée selon un code secret.

Mur sud/Entrée

Sur le mur sud, dans lequel s'ouvre l'entrée de la chambre funéraire, le roi est représenté portant une coiffe argentée et se tenant entre deux divinités, le dieu des morts, Anubis (à gauche) et la déesse du ciel et du monde inférieur, Hathor (à droite).

À l'origine, la scène incluait, derrière Anubis, une représentation de la déesse Isis en train d'accomplir le geste-nyny avec, accroupis derrière elle, trois dieux d'aspect identique. Malheureusement, la partie du mur sur laquelle se trouvait cette représentation a dû être démontée pour faciliter le passage des grandes chapelles qui se trouvaient dans la chambre funéraire.

Afin de protéger le défunt, de petites niches recouvertes de plâtre avaient été creusées dans les quatre murs. On y avait placé ce que l'on pensait être des briques magiques portant de petites figurines de dieux.

2026.09.03-057 deuxième chapelle 2026.09.03-058 deuxième chapelle2026.09.03-059 deuxième chapelle 

Deuxième chapelle :
Panneau extérieur gauche
Original en bois doré ; L. 374 cm, l. 235 cm, H. 225 cm

Le Mystérieux Livre du monde souterrain, première partie

Le panneau extérieur gauche de la deuxième chapelle est orné de la première des deux seules parties connues du Mystérieux Livre du monde souterrain. Sur la partie droite du panneau extérieur gauche, deux bornes – celle du haut, à tête de bélier, est appelée « tête du (dieu soleil) Rê » (1), celle du bas, à tête de chien, est appelée « cou de Rê » – marquent le début. En haut, huit dieux momiformes avec des têtes différentes se tiennent devant la borne. Ils habitent des cavernes du monde souterrain et portent des noms étranges comme « Celui au visage gras » (cinquième en partant de la droite) (2). En dessous, quatre dieux affublés d'un thorax de scarabée approchent de la borne (3). Ils sont décrits avec les quatre dieux momiformes derrière eux comme les habitants du « Lieu de destruction ». Les trois bandes sont divisées par une immense figure de momie appelée « Celle qui cache les heures ». Sa tête et ses pieds sont entourés par un serpent se mordant la queue appelé « Celui qui entoure » (4). Dans son dos, on peut voir dans la section supérieure sept dieux dans leurs cavernes, au milieu, sept dieux louant le dieu soleil, et en bas, deux figures momiformes dans leur cercueil autour desquelles s'enroule un serpent (5).

  2026.09.03-094 salle des cercueils
salle des cercueils

2026.09.03-060 sarcophage 2026.09.03-061 sarcophage

Sarcophage :
Original en quartzite (sarcophage) et en granit (couvercle)

L. 256 cm, l. 133 cm

Le sarcophage original se trouve encore de nos jours dans la tombe de Toutankhamon et est donc séparé de ses cercueils intérieurs, conservés pour leur part au Musée égyptien du Caire.
Chacune des parois latérales du sarcophage est ornée d’un œil Ouadjet du côté de la tête. Les déesses Isis (à gauche) et Nephthys (à droite) sont taillées en relief dans les angles, tandis que celles de moindre importance, Neith et Selkis, se trouvent du côté des pieds. Toutes quatre regardent vers la tête. Les bandes de texte supérieures gravées de chaque côté du sarcophage sont divisées au milieu de manière à pouvoir être lues de gauche à droite et inversement. Chaque ligne se termine par une colonne et se poursuit verticalement.

Sarcophages : un ensemble hétérogène

Tout au long de la XVIIIe dynastie, l’inhumation dans un sarcophage de pierre était l’apanage des rois. Les seules exceptions connues à ce jour sont les sarcophages d’un favori de la reine Hatchepsout (Senenmout), ainsi que ceux de deux autres fonctionnaires ayant vécu sous le règne d’Amenhotep III (Amenhotep, fils de Hapou et Mérimès). La cuve en quartzite du sarcophage de Toutankhamon a la forme d’une chapelle dotée d’une corniche à gorge. Le couvercle est en granite rose. L’utilisation de matériaux différents pour la cuve et le couvercle d’un même sarcophage est peu courante ; nous pouvons donc supposer que le couvercle assorti en quartzite n’avait pu être achevé à temps. Par ailleurs, le couvercle fissuré en son centre avait été enduit de plâtre et cette réparation avait été masquée à l’aide de pigments. On peut donc supposer qu’un accident est survenu lors des obsèques.

La décoration de la cuve a été entièrement refaite. Durant ce processus, les déesses ont été pourvues d’ailes et les inscriptions d’origine ont été presque intégralement effacées. Ces modifications singulières, ainsi que les passages qui subsistent du texte d’origine, n’ont été découverts qu’il y a vingt ans par un égyptologue. 

2026.09.03-077 salle des cercueils 2026.09.03-078 salle des cercueils
salle des cercueils

2026.09.03-064 cercueil extérieur2026.09.03-066 cercueil extérieur 2026.09.03-067 cercueil extérieur

Cercueil extérieur :
Original en bois de cyprès enduit d’une couche de plâtre recouverte de feuilles d’or, argent, bronze, incrustations en calcite, obsidienne et pierres précieuses
L. 223,5 cm, l. 83,8 cm, H. (pieds compris) 105,8 cm
 

Le cercueil extérieur représente le roi coiffé d’une lourde perruque tripartite dépassant d’une coiffe enveloppante. Sur ses flancs du pharaon, Isis et Nephtys lèvent les bras, ailes en signe de protection. Les déesses finement ciselées sont représentées légèrement en avant par rapport au fond que constitue le motif de plumes. Du bord inférieur du couvercle dépassent des tenons en argent, alignés avec des mortaises aménagées dans le bord supérieur de la cuve. Quelques invisibles une fois le couvercle du sarcophage refermé, les tenons sont ornés d’inscriptions. La déesse Isis est également représentée, bras ailés déployés, sous la correspondance aux pieds du cercueil. Initialement en partie haute pour que le couvercle du sarcophage entier puisse être fermé, celle-ci a dû être rabotée en sa partie supérieure.

Lit orné de têtes de lion :
Original en bois doré
L. 221 cm, l. 83,8 cm, H. 26,5 cm

Ce lit bas et creux réalisé en bois doré est orné, à l’avant, des têtes et, à l’arrière, des queues de deux lions. Sa forme correspond ainsi à huit têtes de lions sur lequel le même était étendue durant les rites funéraires et qui symbolisait la descente du ciel. La surface centrale de cette structure massive est ornée d’un motif imitant des sangles de cuir. 

2026.09.03-065 cercueil extérieur

Cercueil intermédiaire :
Original en bois doré à incrustations de pâte de verre et de gemmes

L. 204 cm, l. 68 cm, H. 78,5 cm

Le cercueil intermédiaire de Toutankhamon représente également le roi enveloppé d’un habit de plumes et paré des insignes et de la barbe divine tressée qui le distinguent en tant que souverain de l’Au-delà. Ici, il porte la coiffe royale rayée, ornée d’incrustations rappelant le célèbre masque d’or. Ce cercueil offre un exemple remarquable d’application intégrale de la technique du cloisonné égyptien : le motif de plumes est constitué de bandes d’or superposées formant de multiples alvéoles. Des morceaux prédécoupés de verre et de pierres semi-précieuses de différentes couleurs sont ensuite fixés dans ces alvéoles à l’aide de ciment. Le verre bleu clair fait office de turquoise ; le verre bleu foncé, de lapis-lazuli ; et le verre rouge, de cornaline. Rien ne prouve que ce cercueil était à l’origine destiné au prédécesseur de Toutankhamon et qu’il aurait été adapté.

2026.09.03-068 cercueil intérieur 2026.09.03-069 cercueil intérieur

Cercueil intérieur en or
Original en or avec incrustations de pâte de verre et de gemmes
L. 187 cm, l. 51,3 cm, H. 51 cm

Le cercueil intérieur est en or pur et pèse 110,4 kg, ce qui en fait l'élément le plus spectaculaire découvert dans le trésor funéraire. Il représente également le roi sous forme de momie, avant-bras croisés, portant un habit de plumes, la barbe divine tressé et, la coiffe royale et tenant les deux sceptres.

Comme pour le masque en or, la représentation des traits du visage est ici aussi idéalisée et conforme au portrait royal officiel. Malheureusement, les incrustations qui rehaussaient le contour des yeux, soulignés d'un trait sombre, se sont dissoutes sous l'effet des essences rituelles versées sur le cercueil. Le motif de plumes et les inscriptions sur le cercueil ont été ciselés dans l'épaisse feuille d'or, tout comme les déesses Isis et Nephtys, finement exécutées en relief au niveau des jambes. C'était initialement aussi le cas des déesses représentées sous les traits d'oiseaux ; ce n'est que plus tard que la dorure et ses somptueuses incrustations furent appliquées par-dessus les détails ciselés d'origine

  2026.09.03-076 masque en or 2026.09.03-075 bandes en or

Bandes en or :
Originaux en or et verre
L. 4,9 cm

Outre le spectaculaire masque en or, la momie de Toutankhamon était dotée d’un certain nombre d’objets, notamment de bandes en or placées au-dessus des dernières bandelettes de lin et ornées d’inscriptions en verre coloré. Pour des momies moins somptueusement parées, ces bandelettes décoratives auraient pris la forme de simples bandes de lin teintes. Sur les bandelettes étaient inscrits des extraits de textes funéraires classiques tels que des formules de Nout, déesse du ciel ; d’Anubis, dieu de la momification ; et des quatre fils d’Horus, dont la mission était de protéger les viscères. Le fait que le nom du roi ait été retravaillé et remplacé prouve que ces bandelettes faisaient initialement partie du mobilier funéraire du prédécesseur de Toutankhamon, Smenkhkar

2026.09.03-070 diadème 2026.09.03-071 poignard en fer et collier vautour

Diadème
Original en or, pierres semi-précieuses, faïence et verre
Diamètre : 19,9 cm ; rubans : L. 31,5 cm

Le bandeau du diadème fut trouvé autour de la tête de Toutankhamon. Afin de pouvoir mettre le masque sur le défunt roi, la tête de vautour et le cobra durent être retirés du bijou et furent placés sur les cuisses de la momie. Les figurines magnifiquement travaillées des animaux emblématiques, le vautour et le cobra, ornaient le diadème royal pour symboliser à la fois la Haute et la Basse-Égypte. Les rubans suspendus sur les côtés étaient attachés à la couronne par des charnières et pouvaient ainsi s'ajuster à tout type de perruques et de coiffes. Le corps ondulant du cobra s'allonge jusqu'à l'arrière du bandeau, ce qui donne plus de stabilité au diadème quand il est porté.

Poignard en fer
Original en fer, or, verre et pierres semi-précieuses ; pommeau en cristal de roche
Poignard : L. 34,2 cm ; gaine : L. 22,3 cm

La lame de ce poignard découvert sur la momie de Toutankhamon est en fer ; or ce métal était très peu employé par les artisans de l'Égypte ancienne. Ce n'est que des siècles plus tard que le fer a été travaillé couramment le long du Nil. Très rares sont par conséquent les objets en fer datant du Nouvel Empire, ce qui signifie que cette arme devait être particulièrement précieuse. Nous savons grâce à la correspondance du grand-père de Toutankhamon qu'un poignard en fer avait été envoyé par le roi du Mitanni au roi d'Égypte Amenhotep III. Peut-être Toutankhamon avait-il hérité de ce présent rare.

Collier vautour
Original en or, pierres semi-précieuses et verre
H. 39,5 cm, l. 48 cm

Outre des colliers en or laminé, on trouva également sur la momie trois pectoraux décorés au moyen d'une technique d'incrustation détaillée. Rien que les ailes du collier vautour sont faites de 250 éléments distincts incrustés de verre coloré pour imiter la turquoise, le jaspe et le lapis-lazuli. La tête de la déesse vautour Nekhbet, l'animal emblématique de la Haute-Égypte, ornait le front des rois égyptiens – ici, l'oiseau éploie ses ailes pour protéger le roi défunt grâce à sa magie.

2026.09.03-072 collier au fermoir en forme de tête de vautour 2026.09.03-073 collier avec vautour et serpent, pectoral en forme d'Oudjat et pectoral au faucon

Collier au fermoir en forme de tête de faucon
Original en or avec incrustations de verre
l. 36 cm

Ce collier au fermoir en forme de tête de faucon est composé de onze sections en or laminé. Chacune de ces sections est ornée d’incrustations de fins rectangles de verre multicolore qui imitent des perles cylindriques et forment huit rangées concentriques. La rangée extérieure se compose d’incrustations en forme de pétale. Ce type de collier était porté sur la poitrine par les riches Égyptiens et nommé « collier large ». Ce modèle fut trouvé plié, en compagnie de trois autres, près des jambes de la momie.

Collier avec vautour et serpent
Original en feuille d'or
l. 29,5 cm

Le vautour et le cobra sont les animaux tutélaires des Deux Terres, c'est-à-dire de la Haute-Égypte pour le premier et de la Basse-Égypte pour le second. Leur représentation commune symbolise l'unification entre la région du delta du Nil et celle de la vallée du même fleuve. En tant que garant de cette unité, le pharaon porte sur sa couronne, perruque, coiffe ou diadème, les déesses protectrices correspondantes : Nekhbet (vautour) et Ouadjet (cobra). On les retrouve fréquemment sur d'autres bijoux ou sur des meubles. Ce collier fait de feuille d'or a été créé spécialement pour l'inhumation de Toutankhamon et était placé, avec d'autres bijoux similaires, autour du cou de la momie

Pectoral en forme d’œil Oudjat
Original en or, pierres semi-précieuses et verre
Pectoral : l. 9,5 cm ; collier : L. 33 cm

Le pendentif de ce collier, qui fut trouvé autour du cou de la royale momie, possède non seulement un fort attrait esthétique, mais renferme également une signification mythologique complexe. L’œil au centre est appelé Oudjat, qui signifie « entier » en égyptien et fait référence à l’œil du dieu soleil Horus, lequel fut détruit dans la bataille contre son oncle Seth et plus tard reconstitué. Tandis que cet œil était mis en relation avec la lune (croissante et décroissante), l’œil droit, intact, qui orne ce collier, représentait le soleil. L’œil est flanqué de Nekhbet et Ouadjyt, les déesses tutélaires de la Haute et la Basse-Égypte. Le contrepoids du collier se compose de deux piliers-djed et d’un nœud tit, qui symbolisent les dieux Osiris et Isis, les parents d’Horus.

Pectoral au faucon
Original en or, pierres semi-précieuses et verre
Pectoral : H. 8,5 cm, l. 9 cm ; chaîne : L. 65 cm

Le motif du faucon aux ailes éployées portant un disque solaire sur la tête apparaît très souvent sur les bijoux du trésor de la tombe de Toutankhamon. Comme nous pouvons le voir ici, les oiseaux tiennent des anneaux « shen » dans leurs serres, anneaux qui étaient les symboles de l’infini. La vue de face de la tête du faucon est inhabituelle – normalement la tête est tournée de côté. Le contrepoids de la chaîne a la forme d’un cœur et porte les noms du roi. Des marques d’usure indiquent que Toutankhamon a probablement porté l’objet de son vivant.

2026.09.03-074 doigtiers pour pieds et mains et sandales en or 2026.09.03-079 colliers en forme de cobra et de faucon

Doigtiers pour mains et pieds
Originaux en or laminé
H. variant selon la longueur des doigts et des orteils

Chaque doigt et orteil de la momie de Toutankhamon fut enveloppé dans de fines bandelettes de lin puis inséré dans des doigtiers en or laminé. La réalisation minutieuse des doigtiers fait apparaitre les ongles, les cuticules ainsi que les rides au niveau des phalanges. Chaque doigtier en or était fabriqué sur mesure et servait à protéger les extrémités du roi défunt. En même temps, le matériau utilisé indique le nouveau statut du pharaon défunt, car l'or était considéré comme la « chair des dieux ».

Sandales en or
Originaux en or laminé
L. 29,5 cm

Les pieds momifiés de Toutankhamon, dont les orteils étaient insérés dans ces doigtiers en or, était chaussés de sandales en or laminé. De nombreuses sandales en cuir et en fibre de jonc tressé destinées à un usage quotidien furent trouvées dans la tombe du roi. Bien que les sandales en or soit de forme similaire aux précédentes, allant même jusqu'à imiter les motifs tressés des chaussures faites en fibre végétale, il s'agit de sandales purement rituelles fabriquées pour les funérailles. Les deux sentinelles grandeur nature gardant l'entrée de la chambre funéraire du roi portent également des sandales très similaires avec le bout recourbé.

Colliers en forme de cobra et de faucon
Originaux en or laminé ; Collier cobra : l. 33 cm ; collier faucon : l. 44 cm

D'innombrables bijoux furent trouvés sur la momie de Toutankhamon, dont plusieurs colliers en or laminé. Ceux-ci étaient trop fragiles pour avoir été conçus pour un usage quotidien et furent probablement fabriqués spécialement pour les funérailles. Le collier adoptant la forme d'un cobra aux ailes éployées représente la divinité protectrice de la Basse-Égypte, la déesse Ouadjyt, dont la tête orne les couronnes royales et les coiffes sous la forme de l'animal emblématique de la moitié nord du pays. Comme d'autres représentations divines sous forme animale, le cobra éploie ses ailes pour protéger le roi. Le faucon était étroitement lié au roi depuis le début de l'ère dynastique. La plupart des bijoux et vêtements trouvés parmi les objets de la tombe de Toutankhamon représentent le faucon ou son plumage coloré afin d'assurer au roi la protection du dieu du ciel Horus.

2026.09.03-080 bijoux de la momie 2026.09.03-081 bijoux de la momie

Uraeus ailé à tête humaine
Original en or
H. 9 cm, envergure : 13,7 cm

Ce cobra ailé à tête de femme est l'une des nombreuses amulettes que la momie de Toutankhamon portait autour du cou. Cette déesse cobra est probablement Ouret-hekaou (« Grande-par-la-magie »). Cette divinité est très étroitement associée à la déesse Isis dans ses fonctions de magicienne protectrice.

Un autre bijou provenant de la tombe de Toutankhamon montre Ouret-hekaou dans son rôle habituel de nourrice de l'enfant royal. L'enfant Toutankhaton se trouve devant la divinité cobra qui le tient tendrement dans ses bras pour lui donner le sein.

Amulette en forme de papyrus
Original en or et feldspath
H. 6,3 cm

Appelé wadj en égyptien (« vert »), le papyrus symbolise la santé, la vie et la régénération. Ainsi que le prescrivaient les textes anciens, les amulettes en formes de papyrus étaient posées sur la gorge de Toutankhamon pour la protéger.

Deux amulettes en forme de vautour et une amulette en forme de double cobra
Originaux en or
Vautours : H. 6,6 cm ; H. 6,2 cm ; double uraeus : H. 7 cm

La déesse tutélaire de la Haute-Égypte, Nekhbet, ainsi que la déesse Mout, révérée à Thèbes à l'origine, peuvent toutes deux prendre la forme du vautour. Tandis que Nekhbet tend à apparaitre dans le contexte dynastique, l'aspect principal de Mout est plutôt celui d'une déesse maternelle et protectrice. Ouadjet de Basse-Égypte, représentée sous la forme d'un double cobra, reposait autour du cou du roi face à la déesse vautour regardant vers la gauche. Les détails délicats de ces amulettes en or laminé sont ciselés.

Amulette-tit
Original en jaspe
L. 6,5 cm

Cette amulette était suspendue avec d'autres bijoux à une fine chaine constituée d'un fil en or et passée autour du cou de la momie de Toutankhamon. L'amulette-tit, également appelée « nœud d'Isis » ou encore « sang d'Isis », est l'une des amulettes les plus communes de l'Égypte ancienne. Selon le Livre des Morts, une collection de formules en rapport avec l'Au-delà, l'amulette doit être fabriquée en jaspe rouge. Le Livre des Morts indique également que les formules magiques doivent être récitées au-dessus de l'amulette-tit alors placée autour du cou de la momie. De plus, le nœud tit devait être positionné par les prêtres funéraires conformément aux textes afin de garantir au défunt la protection de la déesse Isis.

2026.09.03-082 bijoux de la momie 2026.09.03-083 bijoux de la momie

2 amulettes en forme de nœud, amulette en forme de Y, amulette en forme de T et amulette ovale
Originaux en or ; L. 17 cm ; L. 16 cm ; L. 10 cm ; L. 21,5 cm ; L. 10,2 cm

Ces cinq amulettes inhabituelles en or furent trouvées par Carter dans les bandelettes de la momie de Toutankhamon. Les deux amulettes en forme de nœud étaient disposées parallèlement aux bras, dans la septième couche de bandelettes, sur le torse du roi. Le motif du nœud rappelle le signe hiéroglyphique « tjes » qui peut vouloir dire « nouer » ou encore « colonne vertébrale ». Ces deux significations évoquent la protection magique des membres et des os. Les trois autres amulettes se trouvaient au niveau de la hanche gauche du roi. La plaque ovale devait probablement couvrir l'incision dans l'abdomen par laquelle furent retirés les organes lors de la momification. La signification exacte des amulettes en forme Y et de T reste incertaine.

Scarabée en résine
Original en résine, incrustations de lapis-lazuli et de verre coloré
L. 4,8 cm

Ce bijou fut trouvé dans les bandelettes de la momie à hauteur du nombril. Les matériaux ainsi que les inscriptions de l'amulette sont très inhabituels. Le scarabée est fait à base de résine et il est décoré avec un héron orné d'incrustations colorées. L'inscription présente sur la plaque dorée est une version abrégée du chapitre 29B du Livre des Morts. Celui-ci mentionne une autre amulette qui diffère de ce scarabée dans sa forme et dans les matériaux utilisés. Le héron (« benou » en égyptien) est considéré comme la manifestation du dieu soleil. Mais le défunt peut également prendre la forme du « benou » et quitter son tombeau sous la forme d'un oiseau. Dans l'inscription du scarabée, le roi se décrit lui-même comme « benou ».

Deux amulettes en forme de pilier-djed
Originaux en or (256 kk) ; or et faïence (256 hhh)
H. 9 cm ; H. 8,8 cm

Le pilier-djed fait partie des amulettes égyptiennes les plus répandues. Étroitement associé à Osiris, le dieu des morts, ce symbole représente la colonne vertébrale du dieu et il est synonyme de stabilité et de pérennité. Hormis son utilisation sous la forme d'amulette, le pilier-djed est également un élément de décoration que l'on retrouve sur de nombreuses pièces du mobilier funéraire. Ces amulettes furent trouvées autour du cou du roi à côté d'une autre amulette en forme de papyrus.

Amulette de Thot
Original en or et feldspath
H. 5,5 cm

Le dieu à tête d'ibis, Thot, représentait la sagesse, la justice, les sciences et la littérature. Quand le cœur du défunt était pesé et comparé au poids de la plume de vérité, Thot enregistrait les résultats du jugement et permettait ensuite au défunt d'être admis dans le monde des dieux.

Amulette à tête de serpent
Original en cornaline rouge, or
L. 4,5 cm

Cette amulette à tête de serpent (« menkebet » en égyptien) était suspendue avec d'autres amulettes figuratives à une fine chaîne de fil d'or et fut trouvée autour du cou de la momie de Toutankhamon. L'amulette à tête de serpent était surtout utilisée lors du rituel de l'Ouverture de la Bouche qui était accompli sur les momies et les statues. Ce rituel était conçu pour permettre au défunt de continuer à se nourrir. Ceci rend l'effet régénératif de l'amulette immédiatement évident.

Amulette d'Horus
Original en or et lapis-lazuli
H. 4,6 cm

Le dieu à tête de faucon, Horus, est le protecteur de la vie du roi alors que le roi est, quant à lui, considéré comme une incarnation d'Horus. Placée sur le cou de la momie, l'amulette permettait au pouvoir du dieu d'être efficace même après la mort tandis que la couleur bleu foncé du lapis-lazuli évoque la couleur du ciel nocturne. L'amulette peut également représenter Horus « voyant et aveugle » qui, après avoir triomphé de la nuit, atteint le jour une fois de plus et ainsi entraîne le cycle de renaissance du roi lui-même. 

2026.09.03-084 collier à trois rangs 2026.09.03-087 panneau explicatif bijoux de la momie

Collier à trois rangs
Original en disques d'or et de faïence

Le masque du pharaon portait autour du cou un collier à trois rangs, chacun composé de disques faits d'or pur et de faïence colorée. Aux extrémités de chaque rang se trouve une fleur de lotus. Enfin, les trois rangs sont joints par un fermoir en forme d'uræus (cobra) de chaque côté car l'accessoire ne pouvait s'attacher au niveau de la nuque. Ce type de collier à rangs multiples fait de disques d'or pouvait aussi être remis comme décoration à des dignitaires méritants du pharaon : c'était « l'or de la récompense ».

Les bijoux de la momie, la protection des amulettes

Au total, 150 pièces d’orfèvrerie ont été trouvées entre les différentes couches de bandelettes de la momie de Toutankhamon. Au niveau du cou en particulier se trouvait d’innombrables amulettes dissimulées dans les différentes couches de tissu et cousues au fil de lin. Cela correspond aux indications contenues dans le Livre des Morts, comme par exemple le « chapitre de l’amulette-djed en or placée au cou du défunt ». Une « amulette-tit de jaspe rouge » doit également être placée au cou du défunt selon les recommandations de ce Livre des Morts. Celui-ci donne aussi des indications quant aux matériaux à utiliser ; il y est notamment indiqué : « amulette en feldspath en forme de papyrus » et, effectivement, deux amulettes en forme de papyrus trouvées autour du cou du roi comportent des incrustations de feldspath.

Nous savons grâce aux momies plus récentes que les amulettes étaient réparties sur le corps selon un schéma donné afin de garantir la protection de chaque partie ou organe du corps. L’impressionnante concentration d’amulettes trouvées au niveau du cou de Toutankhamon semble être en parfait accord avec les coutumes inscrites dans le Livre des Morts.

2026.09.03-086 dessins originaux de Carter 2026.09.03-085 dessins originaux de Carter

Bijoux situés sur l'avant-bras de Toutankhamon

Dessins originaux réalisés par Carter de cinq amulettes (Thot, tête de serpent, Horus, Anubis et papyrus)

Dessins originaux d’Howard Carter représentant la distribution des colliers, des pectoraux et des amulettes sur la momie.

2026.09.03-088 masque 2026.09.03-089 masque

Masque
Original en or massif incrusté de pâte de verre et de pierres semi-précieuses
H. 54 cm

Le masque de onze kilogrammes était placé directement sur la tête de la momie. Il est généralement considéré comme la pièce maîtresse du trésor. Le portrait idéalisé du jeune roi, façonné en or et selon les canons du style amarnien tardif, est d’une élégance inégalée. Ses yeux expressifs sont en quartz clair incrusté d’obsidienne pour les pupilles. La coiffe rayée est ornée au niveau du front de deux déesses emblématiques : la tête de vautour de la Haute-Égypte et le corps de cobra de la Basse-Égypte. Les lobes des oreilles de taille différente sont percés afin de pouvoir porter des bijoux. Le masque recouvrait non seulement le visage, mais aussi une partie de la poitrine, sous la forme d’un large collier surmonté de têtes de faucon. Le texte gravé au dos du masque, qui assimile les organes sensoriels à des divinités, était récité lors de la pose du masque durant le rituel funéraire. Les sarcophages momiformes représentent toujours le défunt embaumé et revêtu d’un masque, ce qui explique leur similitude.

2026.09.03-095 salle des canopes2026.09.03-104 salle des canopes
salle des canopes : chapelles et cercueil pour les organes internes

2026.09.03-097 trois cercueils canopes 2026.09.03-098 trois bols sur pied

Trois cercueils canopes
Originaux en or laminé avec incrustations de verre, lapis-lazuli, cornaline, obsidienne et cristal de roche
H. 39,5 cm, l. 11 cm

Chacun des trois cercueils miniatures conçus pour accueillir les organes du roi est constitué de deux boîtiers en or laminé collés l’un à l’autre. Tandis que la décoration intérieure était ciselée, l’extérieur était incrusté de verre coloré et de pierres semi-précieuses. Sur les côtés, au niveau des avant-bras, les déesses Ouadjet (serpent) et Nekhbet (vautour) déploient leurs ailes en signe de protection. Les cercueils canopes ressemblent à des versions miniatures du cercueil médian et tout comme ce dernier, ils furent à l’origine fabriqués pour le prédécesseur de Toutankhamon, comme l’indiquent les cartouches modifiés portant les noms du roi.

Trois bols sur pied (coupes)
Originaux en albâtre
Pieds : H. 23–26 cm ; diamètre bol 15,5–17 cm

Ces trois coupes étaient disposées en ligne entre la tête de vache et la chapelle des canopes. Elles sont chacune composées d’un pied en forme de cône et de deux bols peu profonds posés l’un sur l’autre. Les deux coupes extérieures contenaient du natron ou des lambeaux de vêtement trempés dans du natron, qui avaient probablement été utilisés au cours du processus de momification. La coupe centrale n’avait pas de bol supérieur et était vide lorsqu’elle fut trouvée.

2026.09.03-099 coffre à canopes 2026.09.03-100 coffre à canopes

Coffres à canopes :
Original en albâtre, avec dorures à la feuille et poignées dorées
H. 83,5 cm, l. 54 cm

Le coffre à canopes comprend quatre compartiments verticaux destinés à accueillir les petits cercueils dorés qui contenaient les organes du roi. Les quatre compartiments sont fermés par des couvercles reproduisant le buste du roi. La forme extérieure du coffre est celle d'une chapelle de Haute-Égypte. Son couvercle a la forme caractéristique du toit bombé ; il était fixé par des cordelettes passées dans les anneaux dorés sur les côtés. Quatre déesses en relief ornent les angles du coffre et déploient leurs bras en signe de protection. Le coffre est fixé à un traîneau qui en facilite le transport. Une frise dorée à la feuille représente les emblèmes sacrés d'Isis et Osiris et recouvre la partie inférieure du coffre. Les inscriptions au centre, le soleil ailé frontal ainsi que les détails des têtes des couvercles en forme de buste sont remplis d'une pâte noire 

2026.09.03-101 chapelle des canopes 2026.09.03-102 chapelle des canopes 2026.09.03-103 chapelle des canopes

Chapelle des canopes
Original en bois doré avec incrustation en verre et pierres semi-précieuses
H. 198 cm ; L. 153 cm ; l. 122 cm

Cette chapelle des canopes en forme de sanctuaire est surmontée d'un baldaquin dont les montants dorés s'élèvent sur la base d'un traîneau. Le baldaquin et la chapelle sont tous deux couronnés d'une corniche à gorge que surplombe une frise sculptée de serpents couronnés. Les reliefs situés de chaque côté montrent une divinité faisant face à l'un des dieux qui protègent les organes du roi. Sur chacun des quatre côtés, une déesse déploie ses bras en guise de protection. Les quatre déesses portent une coiffe enveloppante Khat et les attributs qu'elles portent sur la tête les rendent aisément identifiables : Isis devant, Selkis à droite, Neith à gauche et Nephtys à l'arrière. Les proportions des figurines, et notamment la finesse de leurs bras, sont caractéristiques du style amarnien. La légère rotation de leur tête les rend particulièrement expressives et constitue une exception dans l'art égyptien, plus coutumier de la symétrie axiale.

2026.09.03-105 appuie-têtes, tête de léopard et sandales

Aoouie-tête supporté par le dieu Shou
Original en bois
H. 17,5 cm, l. 29,3 cm

Le dieu de l’air, Shou, prend forme humaine et porte l’appuie-tête sur ses épaules. Au lieu de soutenir le ciel, ici, il est de soutenir la tête de Toutankhamon pendant son sommeil. Les jambes liées de chaque côté du dieu symbolisent l’horizon à l’est et à l’ouest. Récemment, la tête du roi est donc comparée au soleil. L’appuie-tête se compose de deux pièces jointes par le biais d’une cheville de bois.

Sandales
Originaux en bois, cuir et feuille d'or
L. 28 cm

Des sandales furent découvertes dans des boîtes, mais aussi éparpillées sur le sol de l'antichambre et de l'annexe de la tombe. La plupart d'entre elles sont fabriquées à partir de fibres de jonc et de papyrus et furent très probablement portées par Toutankhamon de son vivant. Quelques-unes sont cependant en cuir, peintes ou brodées de perles. Ces sandales richement décorées, qui ne furent probablement jamais portées, sont peintet d'images représentant des captifs : des Nubiens à peau foncée ainsi que des habitants du Proche-Orient avec leur barbe taillée en pointe. Au-dessus de leur tête et au-dessous de leurs pieds sont disposés quatre arcs. Ces arcs, au même titre que les ennemis entravés, symbolisent les adversaires du roi, que celui-ci foule aux pieds à chacun de ses pas.

Tête de léopard provenant d'un vêtement de prêtre
Original en bois doré à la feuille et incrustations de verre bleu
H. 13 cm, l. 14 cm

Cette tête de léopard dorée avec ses étonnants sourcils en forme de cornes était, à l'origine, attachée à un vêtement de prêtre pouvant être comparé à une cape imitant la peau de léopard. Il était porté par les prêtres au moment d'accomplir rituels et cérémonies funéraires. 

2026.09.03-106 chaise d'enfant et repose-pied 2026.09.03-107 trône avec repose-pied

Chaise d'enfant et repose-pied
Original en ébène avec incrustations d'ivoire et panneaux dorés à la feuille ; H. 71 cm, l. 36,8 cm ; repose-pied : H. 5,7 cm, l. 37,4 cm, P. 21,7 cm

Des incrustations d'ivoire ornent le dossier de cette chaise d'enfant en ébène qui a la forme d'un trône. Il ne s'agit pas d'une des chaises officielles, elle était destinée à un usage privé du jeune roi. L'assise concave, les pattes de lion reposant sur des bases en forme de tambour et les lattes décoratives caractérisent le style intemporel de ce meuble. Sur la face extérieure des deux panneaux dorés des accoudoirs figure un bouquetin blessé, tandis que la partie intérieure est décorée avec des plantes du désert.

Le repose-pied en cèdre rouge, qui fut trouvé un peu plus loin, est incrusté d'ébène et d'ivoire, les matériaux utilisés pour la fabrication de la chaise d'enfant.

Trône avec repose-pied
Original en bois, fines feuilles d’or et incrustations de verre, de pierres semi-précieuses, d’ivoire et d’ébène
Trône : H. 102 cm, l. 70 cm ; repose-pied : L. 58,7 cm ; l. 31,7 cm

Ce trône a toutes les apparences d’une chaise pliante. Les incrustations sur le siège imitent une peau de léopard et les extrémités des pieds entrecroisés sont en forme de têtes de canards. Le cadre doré du dossier est incrusté de verre et de pierres semi-précieuses. Des incrustations d’ébène et d’ivoire décorent le panneau intérieur du dossier. Les inscriptions se réfèrent encore à Toutankhaton et mentionnent un titre royal datant de la période amarnienne. Ceci indique que nous sommes en présence du trône officiellement fabriqué pour le couronnement de Toutankhaton. Le nom « Toutankhamon », adopté plus tardivement par le roi, apparaît sur les deux bandes horizontales en ébène qui furent insérées plus tard.

Le repose-pied est décoré de prisonniers, dont quatre Nubiens, trois Asiatiques et deux Libyens, sur lesquels le Pharaon faisait ostensiblement reposer ses pieds. 

2026.09.03-108 coffres 2026.09.03-110 coffres

Coffre à jouets en bois
Original en bois
L. 85,2 cm ; l. 33,4 cm ; h. 27,5 cm

Le coffre à jouets royal possède plusieurs compartiments internes qui contenaient une large variété d'objets, tels des bijoux, des frondes, un allume-feu et un jeu de table. Le coffre et son couvercle sont reliés par un système de fermeture automatique complexe.

Coffre en forme de cartouche
Original en bois de conifère rouge (?) avec placage d’ébène et incrustations d’ivoire
L. 63,5 cm

La forme de ce coffre exceptionnel épouse celle d’un cartouche, cet ovale dans lequel étaient inscrits les noms des rois. Sur le couvercle, le nom « Toutankhamon » est écrit avec des incrustations d’ivoire, tandis que les côtés du coffre sont abondamment ornés des titres et noms du roi ; peut-être ce coffre contenait-il donc les bijoux et les insignes utilisés lors des cérémonies officielles. Outre un coffret de toilette et une crosse, Carter a également découvert dans ce coffre de nombreux bijoux, notamment des boucles d’oreilles à granulation et une chaîne ornée d’un pectoral en forme de lune, présentées dans le cadre de cette exposition.

Coffre en ivoire avec couvercle
Original en bois plâtré avec peinture et dorure, ivoire, ébène
L. 72 cm, l. 53 cm

Ce coffre magnifiquement décoré est l’un des plus beaux objets du trésor de la tombe. Il comporte deux scènes touchantes représentant Toutankhamon et sa royale épouse Ankhésenamon. Le panneau frontal du coffre montre Toutankhamon en train de pêcher et de chasser le gibier d’eau. Ce loisir constitue une allégorie de la destruction des ennemis et donc une métaphore du roi comme seigneur du monde et conquérant triomphant du chaos. Son épouse est une compagne attentionnée et s’assied à ses pieds. Sur le couvercle du coffre, dans un décor de jardin luxuriant, la reine tend à son époux deux bouquets qui symbolisent le renouveau et la continuité. Le reste de la décoration du coffre, composée de scènes de chasse et de plantes stylisées, se marie bien avec l’ensemble de la composition.

Coffre orné d'éléments en bois chantournés
Original en bois et placage d'ivoire
L. 47 cm, l. 31,7 cm, H. 34,5 cm

Sur les côtés de ce coffre se trouvent deux rangées superposées de hiéroglyphes dorés. Ils peuvent être traduits de la façon suivante : « toute vie et toute puissance ». Les noms de Toutankhamon et de son épouse Ankhésenamon sont inscrits sur le placage en ivoire. L'intérieur du coffre se divise en 16 compartiments. Ceux-ci contenaient le matériel d'écriture du roi ainsi que sa boîte à miroir.

2026.09.03-109 buste du pharaon 2026.09.03-111 tabouret avec un motif de peau de léopard

Buste du pharaon
Original en bois enduit de plâtre et peint
H. 76,5 cm x l. 41,5 cm

Les traits de cette statue sont bien ceux de Toutankhamon. La fonction de cette représentation, un buste sans bras ni jambes, n’est toutefois pas clairement établie. Howard Carter lui-même et ses collègues ont suggéré qu’il avait peut-être fait office de mannequin : l’objet aurait ainsi servi à ajuster ou conserver des vêtements ou des bijoux, une hypothèse soutenue par les marquages présents sur sa surface. On ne peut cependant écarter l’idée que ce buste ait eu une signification rituelle inconnue. La couronne ornée d’un uræus (cobra) rappelle la couronne rouge de la Basse-Égypte ; il en manque néanmoins la partie arrière et la couleur jaune est également inhabituelle dans ce contexte.

Tabouret avec un motif de peau de léopard
Original en ébène et incrustations d’ivoire
L. 47 cm, l. 31,7 cm, H. 34,5 cm

Bien que ce tabouret ait toute l’apparence d’un tabouret pliant muni d’une assise en peau de léopard, il ne peut pas être plié. On reconnaît la peau de l’animal aux motifs des incrustations d’ivoire dans le siège en ébène qui imitent la tacheture du léopard ainsi que par la queue du félin qui pend d’un des côtés du tabouret.

2026.09.03-112 les enfants de Toutankhamon

Ensemble de cercueils en deux parties avec masque
Original en bois, partiellement couvert de résine noire et de plâtre doré
L. 49,5 cm, l. 20 cm ; L. moins de 49,5 cm

Les cercueils extérieur et intérieur du petit enfant prématuré du couple sont décorés avec des représentations classiques de Thot, qui ouvre le ciel, avec les quatre divinités canopes ainsi qu’avec deux figurines d’Anubis sur les côtés. Outre ces divinités, les inscriptions mentionnent également « Horus, celui qui venge son père » et Geb. L’inscription centrale appelle Nout, la déesse du ciel. Les masques et les cercueils ressemblent exactement en miniatures à ceux réalisés pour les adultes.

Ensemble de cercueils en deux parties pour enfant
Original en bois, partiellement couvert de résine noire et de plâtre doré
L. 57,3 cm, l. 22,3 cm ; L. moins de 57,3 cm

Les illustrations et inscriptions sur le cercueil de ce nouveau-né sont semblables à celles du précédent cercueil, c’est-à-dire celui de l’enfant prématuré. Celui-ci diffère par ses décorations latérales sur lesquelles on trouve en outre une représentation de Geb et d’ « Horus, celui qui venge son père » ; Nephthys figure sur le dessus, et Isis à l’extrémité du cercueil.

Deux modèles de cercueils et une mèche de cheveux
Originaux en bois peint en noir
Troisième cercueil : L. 21,3 cm ; quatrième cercueil : L. 13,2 cm

Les deux cercueils intérieurs ainsi que les souvenirs sont en bois peint. Le modèle le plus grand comportait autrefois un fond jaune qui a presque complètement disparu. Le plus petit porte des inscriptions en jaune et en noir, qui, à l'exception d'une formule d'offrande, sont entièrement constituées de titres et de noms élogieux de la reine Tiyi. La mèche de cheveux qu'il contient a donc appartenu à la grand-mère de Toutankhamon et pourrait à l'avenir être utilisée lors de tests ADN comparatifs sur des momies de femmes dont on pensait jusqu'à présent qu'elles pouvaient être Tiyi.

Collier avec pendentif de figurine royale
Original en or
H. 5,4 cm

Ce petit pendentif en or est la statuette d'un roi tenant la crosse et le fouet dans sa main droite et portant la couronne bleue. La position accroupie du roi est très inhabituelle et pourrait être une allusion au jeune dieu soleil, souvent représenté dans la même posture. Il est difficile de dire avec certitude quel est le roi qui est représenté. Howard Carter pensait que ce devait être Amenhotep III, le grand-père de Toutankhamon, mais il est probable qu'il s'agisse de Toutankhamon lui-même.

Cercueil miniature intérieur
Original en bois, couvert de plâtre doré
L. moins de 74 cm

Le deuxième cercueil miniature a également la forme d'une momie. Il est parfaitement emboîté dans le cercueil extérieur et ne peut plus en être extrait en raison des résines d'embaumement versées au moment des rites religieux. Seul le couvercle peut encore être soulevé. Ce cercueil représente le roi avec la coiffe royale. Les bras croisés sur la poitrine sont tous deux gardés par une déesse vautour déployant ses ailes pour protéger le corps. La partie inférieure du cercueil est décorée avec une bande verticale portant des inscriptions et un motif de plumes. Le cercueil miniature rappelle le cercueil intérieur en or de Toutankhamon. À cette époque, le motif de plumes n'était plus utilisé pour les cercueils des particuliers, mais était à nouveau réservé, conformément aux traditions, aux cercueils royaux. Ce cercueil portait aussi un appel à la déesse Nout, protectrice des morts.

Cercueil extérieur miniature
Original en bois, couvert de plâtre doré
L. 74 cm

Le plus extérieur des quatre cercueils contenant des souvenirs est enduit de résine noire et orné de bandes dorées gravées imitant les bandelettes d'une momie. Sa forme est caractéristique des cercueils des rois et des particuliers de l'époque. Ces cercueils présentent habituellement d'autres particularités telles que le collier aux multiples rangées, les bras croisés sur la poitrine avec des poings finement ouvragés et la peinture noire, autant de détails que l'on retrouve ici. Les bandes dorées imitant les bandelettes d'une momie portent des invocations à la déesse Nout, protectrice des morts.

2026.09.03-113 panneau explicatif Les enfants de Toutankhamon 2026.09.03-114 panneau explicatif Les souvenirs de Toutankhamon

Les enfants de Toutankhamon : la fin d'une dynastie

La mort de Toutankhamon signifia la fin tragique de la famille royale thébaine des XVIIe et XVIIIe dynasties. Ses deux enfants furent enterrés avec lui : l'un était mort-né, l'autre mourut à la naissance.

Une boîte retrouvée dans la chambre du trésor contenait deux cercueils extérieurs enveloppés dans des pièces de lin, qui renfermaient à leur tour un cercueil intérieur. Les inscriptions sur les cercueils ne mentionnaient aucun nom précis, seulement la désignation générale d' « Osiris » pour « défunt ». Le premier cercueil intérieur contenait le corps minuscule d'un fœtus de cinq mois, non momifié mais simplement enveloppé comme une momie, et portant un masque en cartonnage doré bien trop grand. Dans le cercueil intérieur du deuxième ensemble se trouvait le corps enveloppé et complètement momifié d'une petite fille qui avait dû mourir pendant la naissance ou peu après, puisque le cordon ombilical n'avait pas encore séché. Le masque, trop grand, fut déposé dans le couloir de la tombe aux côtés des vestiges de la cérémonie funéraire et des produits d'embaumement. Après le premier pillage, ces objets furent enterrés dans une fosse hors de la tombe, où ils furent découverts par Theodore Davis en 1907. La tombe de Toutankhamon est donc, à strictement parler, une sépulture pour trois personnes et est conforme à la tradition. Des rois antérieurs comme Amenhotep II et Thoutmosis III avaient également fait inhumer à leurs côtés leurs enfants morts prématurément.

Les souvenirs de Toutankhamon

La chambre du trésor comprenait, outre les deux ensembles de cercueils des enfants de Toutankhamon, un troisième ensemble. Il était composé d'un cercueil extérieur recouvert de résine contenant lui-même un cercueil intérieur en bois doré. À l'intérieur de ce dernier se trouvaient un ballot de lin et un cercueil miniature. Le ballot de lin renfermait une chaîne avec une statuette en or du roi accroupi. Le cercueil miniature contenait un cercueil encore plus petit enveloppé comme une momie et portant les noms et les titres de la grand-mère de Toutankhamon, la reine Tiyi. À l'intérieur de ce dernier se trouvait une mèche de cheveux tressés de la reine qui était de toute évidence un souvenir personnel de Toutankhamon.

2026.09.03-115 vue sur la salle
vue sur la salle

2026.09.03-116 panneau explicatif Figurines rituelles 2026.09.03-117 doube vase sur support

Figurines rituelles

Carter trouva dans la chambre du trésor un grand nombre de coffres scellés, peints avec de la résine noire et contenant des figurines en bois doré. Ces figurines, dont la faible valeur matérielle leur a permis d'échapper aux pilleurs de tombes, étaient utilisées lors des rites précédant les funérailles avant d'être déposées dans la tombe. Si la plupart de ces figurines représentent des dieux, certaines représentent le pharaon accomplissant diverses tâches.

On a trouvé des statues de bois similaires parmi les vestiges des équipements funéraires des tombes royales antérieures d'un siècle environ à Toutankhamon ou postérieures de trois siècles. Nous ne possédons pas d'informations précises sur la procédure des rites funéraires royaux, mais nous savons qu'elle resta pratiquement inchangée pendant au moins quatre cents ans. Les tombes des hauts dignitaires révèlent que cette procédure fut également utilisée dans leur cas, bien que dans une forme légèrement différente.

Il est probable que les divinités incarnées dans les figurines étaient destinées à aider le roi au cours des rites de passage dans l'Au-delà, à l'accueillir dans le monde des ténèbres et à le recevoir au sein de leur communauté ; c'est pourquoi, par exemple, le dieu Menkaret soulève le roi vers le ciel. Nous savons également grâce à des textes que le roi défunt s'identie au dieu Ptah, lequel lui prête sa langue dotée des pouvoirs de création. Lorsque le roi harponne à partir d'une barque un hippopotame (non représenté) ou qu'il agite, enfant, un hochet, il accomplit des actions qui font de lui une divinité.

Les figurines royales jumelles peintes en jaune dans la tombe de Séthi II montrent que ce type de groupement était traditionnel ; il est sans aucun doute inspiré de la vision dualiste du monde caractéristique des Égyptiens (qui était fondée sur le chiffre deux). Le visage des figurines royales et celui des divinités ressemblent au souverain de l'époque. Seules quelques figurines royales diffèrent du portrait royal officiel de Toutankhamon et durent de ce fait être fabriquées sous le règne de ses prédécesseurs.

Double vase sur support
Original en calcite (albâtre) et verre
H. 68,3 cm

Deux vases à onguents sont soutenus par un support en forme de petite table. Celui de devant arbore le nom de Toutankhamon et se trouve flanqué de tiges de lotus et de papyrus. Ces plantes symbolisent les deux régions du pays, la Haute et la Basse-Égypte, et donc l’union des « Deux Terres ». Ce vase est tenu par Hâpy, personnification divine du Nil et de ses crues. Le personnage représenté sert lui aussi de vase en portant une fleur de lotus sur sa tête. Les mamelles généreuses et la corpulence de la divinité soulignent sa fonction de garant de l’abondance et de la fertilité. Cette pièce a été fracturée lors d’un pillage de la tombe et ses précieux contenus volés : les pillards l’ont brisée en 20 morceaux pour récupérer les onguents.

2026.09.03-118 bateau en tête d'ibex dans un bassin

Bateau à têtes d'ibex dans un bassin
Original en albâtre (calcite), or, verre et ivoire
L. 58,3 cm, H. 37 cm

Issu d'un artisanat d'une exceptionnelle qualité, le bateau à têtes d'ibex regorge d'allusions symboliques. À l'avant du socle sont inscrits les noms de Toutankhamon et de son épouse Ankhésenamon : cette œuvre d'art provient peut-être de la demeure royale. L'étrave et l'étambot de la petite barque sont ornés de têtes d'ibex parées de cornes véritables. Au milieu de l'embarcation se trouve un baldaquin soutenu par quatre colonnes en forme de lotus qui abrite une petite chapelle.

L'équipage se compose d'une jeune servante nue tenant à la main une fleur de lotus et d'une femme de petite taille faisant office de barreuse, nue elle aussi. La barque à têtes d'ibex repose sur un socle : le bassin pouvait donc être rempli d'eau pour donner l'impression que le bateau était effectivement à flot. Les décorations florales, la nudité des personnages et le voyage en bateau dans les marais de papyrus symbolisent l'érotisme et, partant, le renouveau et la continuité de la vie. 

2026.09.03-119 cosmétiques 2026.09.03-120 cosmétiques

Cosmétiques :
Des récipients de pierre pour stocker les onguents précieux

Seuls trois récipients en métal ont été découverts dans le tombeau de Toutankhamon, parmi lesquels un pot en argent en forme de grenade. Tous les autres récipients en métal précieux ont été dérobés par les pilleurs de tombes peu après l’inhumation du pharaon.

En revanche, près de 80 récipients en pierre utilisés pour les huiles et les cosmétiques ont été préservés, bien que les pilleurs aient arraché couvercles et bouchons pour s’emparer de leur contenu. Dans les résidus de cosmétiques séchés on distingue encore, à certains endroits, les empreintes digitales laissées par les pilleurs lorsqu’ils ont transféré leur butin dans d’autres récipients plus faciles à transporter. Le vol des onguents précieux doit avoir eu lieu peu après l’inhumation du roi, pour des raisons évidentes : si les pilleurs avaient attendu trop longtemps, le butin aurait perdu de sa valeur car les onguents auraient commencé à sécher et à se décomposer.

Certains pots en pierre fabriqués plusieurs générations avant Toutankhamon provenaient de toute évidence d’ateliers royaux, tandis que d’autres reflètent le style qui dominait durant son règne. Ces pots étaient pour la plupart sculptés dans de l’albâtre, souvent peints et incrustés de pâte de verre fondue ou de pierres semi-précieuses, et dorés.

Vase en albâtre à tête d'Hathor
Original en calcite (albâtre)
H. 50,2 cm x l. 32 cm

Ce vase en albâtre destiné à contenir des parfums et des onguents est décoré de nombreux éléments hautement symboliques. Outre les noms du pharaon et des bandes florales, le corps du récipient est orné d’une tête d’Hathor. En tant que déesse de l’amour, de la joie et de la beauté, celle-ci est étroitement associée aux cosmétiques. Les plantes entrelacées autour du vase sont comme le lotus et le papyrus, les plantes héraldiques de la Haute et Basse-Égypte. Leur association symbolise l’unité des deux régions, qui est un motif récurrent dans les arts égyptiens. Le socle réalisé séparément est entouré de deux signes ânkh (« vie »), portant chacun deux sceptres ouas (symbole de pouvoir divin).

Pot en forme d'ibex
Original en albâtre (calcite), bronze, quartz, corne (?) et ivoire
L. 38,5 cm, l. 18,5 cm, H. 27,5 cm

Ce splendide pot en forme d’ibex a été très endommagé par les pilleurs de tombes venus dérober les huiles précieuses peu après l’inhumation du pharaon. Il manque une corne, la barbe et le goulot du pot, sur le dos de l’animal. L’ibex a été sculpté dans un seul bloc d’albâtre ; seules les oreilles et la queue ont été réalisées séparément. Les taches sur la gueule et le corps de l’ibex ont été peintes, tout comme le nom de couronnement de Toutankhamon figurant sur l’épaule de l’animal.

Pot double
Original en albâtre (calcite)
H. 28,3 cm

Ce pot double a été sculpté dans un seul bloc d’albâtre. Ce type de pot existait en Égypte depuis la période prédynastique et pouvait être réalisé dans différents matériaux. Découvert, comme beaucoup d’autres, dans l’annexe de l’antichambre, celui-ci était utilisé pour stocker les onguents ou les huiles parfumées.

Coffret en ivoire
Original en ivoire et or
H. 13,1 cm, l. 15,7 cm, d. 12,6 cm

Ce coffret offre un magnifique exemple d’objet artisanal en ivoire d’une qualité exceptionnelle. Les défenses d’éléphant étaient des présents, des tributs ou des articles de négoce rapportés par les Égyptiens à leur retour d’autres contrées africaines. Le devant et le couvercle sont ornés des différents noms de Toutankhamon. L’arrière est décoré d’un lis, plante emblématique de la Haute-Égypte. Sur le couvercle, une inscription à l’encre noire en écriture hiératique (cursive égyptienne) désigne le contenu du coffret : « bagues en or destinées à la procession funéraire ». Ces bagues en or semblent-t-il été volées lors du pillage du tombeau. Carter a découvert dans le coffret différents objets, parfois endommagés, qui y avaient été placés à la hâte par les fonctionnaires de la nécropole lorsque le tombeau avait de nouveau été scellé.

Pot à onguents au couvercle orné d’un lion
Original en albâtre (calcite), or et ivoire
H. 26,8 cm

Un lion couché, symbole du pouvoir royal, orne le couvercle de ce pot à onguents. Sur le corps cylindrique du pot est représentée une chasse dans le désert, où le roi apparaît également sous les traits d’un lion attaquant des taureaux sauvages. Des chiens terrassent des gazelles, des ibex et des lièvres. Sur le pied du pot, des ennemis venus des quatre points cardinaux sont défaits et mordent la poussière. La décoration de ce pot représente ainsi le roi égyptien qui triomphe du chaos et règne sur le monde entier. Le couvercle du pot pouvait pivoter latéralement grâce à la tige fixée dans la colonne de gauche et être fermé à l’aide d’un cordon passé autour des boutons ornant l’autre colonne.

Couvercle de pot orné d’un nid d’oiseau
Original en albâtre (calcite), bois et ivoire
Diamètre : 13,4 cm

Suite au pillage du tombeau de Toutankhamon, de nombreux objets avaient été changés de place. Ce couvercle a ainsi été découvert sans le pot qui l’accompagnait. Une soucoupe en albâtre est fixée à un disque, lui aussi en albâtre. Ce nid abrite un oisillon en bois qui, ailes éployées et bec ouvert, réclame la becquée. À côté de l’oisillon se trouvent quatre œufs en albâtre. La signification symbolique de ce couvercle est proche de ce que nous pourrions imaginer de nos jours : le nid, l’oisillon et les œufs représentent le renouveau de la vie et la renaissance.

L'étui à miroir en forme d'Ânkh

Cet étui en bois doré et incrustations de verre servait à protéger un miroir (probablement en argent ou en bronze poli), lequel a malheureusement été dérobé par les pilleurs de tombes dès l'Antiquité. C'est un superbe jeu de mots visuel et religieux, car le mot « ânkh » signifie à la fois « vie » et « miroir » en égyptien ancien.

Le porte-miroir ou support de récipient

Cette statuette en bronze ou bois sombre représente le dieu de l'éternité, Heh, agenouillé et soutenant un grand disque.

Le flacon à onguents ou coffret à cosmétiques double

Cet objet en or massif et incrustations prend la forme d'un double cartouche surmonté de hautes plumes. Il contenait des résidus d'onguents parfumés et de crèmes sacrées qui ont traversé les millénaires

2026.09.03-122 panneau explicatif Passée au crible de la science 2026.09.03-123 squelette

Passée au crible de la science

13 octobre 1925 :
Howard Carter commence l’ouverture des trois cercueils intérieurs.

28 octobre au 5 novembre 1925 :
Les huiles d’embaumement ayant collé la momie à l’intérieur des cercueils, toutes les tentatives de l’extraire du cercueil intérieur en or échouent dans un premier temps.

11 au 19 novembre 1925 :
La première autopsie : d’après le Dr Derry, la dégradation des huiles aurait produit un dégagement de chaleur et entraîné le noircissement de la momie. Les médecins peuvent alors déjà déterminer un âge de décès approximatif d’environ dix-huit ans sans toutefois déceler la cause de la mort.

À partir du 27 novembre 1925 :
Pour faire fondre la masse résineuse qui attachait les cercueils les plus intérieurs à la momie avec le masque, Carter retourne les cercueils qu’il installe sur un support pour disposer plusieurs lampes à paraffine allumées en dessous.

1926 :
On n’amène pas Toutankhamon au Musée du Caire, mais, fait unique pour les momies royales, il reste dans sa tombe.

1968/1978 :
Les premières radiographies de la momie sont réalisées par le Dr Ronald G. Harrison et le Dr James E. Harris. Ceux-ci remarquent des éclats d’os à l’intérieur du crâne, ce qui laisse alors penser à une mort violente.

1986 :
Sur la base des résultats des radiographies, l’égyptologue Bob Brier suppose une agression perfide perpétrée par un membre de l’entourage du roi en raison de la situation politique incertaine régnant à la fin de la XVIIIe dynastie.

5 janvier 2005 :
La momie de Toutankhamon est examinée au moyen d’un scanner par une équipe de spécialistes internationaux.

L’analyse des images tomodensitométriques fait notamment apparaître une grave blessure au genou du roi, peut-être causée par une chute intervenue de son vivant. La grande plaie pourrait avoir engendré une infection mortelle ou une embolie (obstruction vasculaire par un caillot ou de l’air). Une blessure crânienne du vivant du roi n’a pu être confirmée. D’autres parties de son corps présentent également des altérations ayant pu contribuer à sa mort.

2008 à 2009 :
Des examens génétiques menés par le National Research Center au Caire, l’Ancient DNA Laboratory au Caire et l’Institut de génétique humaine à l’université de Tübingen montrent que Toutankhamon aurait été contaminé par des parasites vecteurs du paludisme. Cette maladie n’est probablement pas à l’origine directe du décès, la population égyptienne étant alors déjà immunisée contre cet agent pathogène. Les affections osseuses du pied gauche constatées lors des examens, une possible maladie de Freiberg, ne sont pas non plus nécessairement mortelles. Au bout du compte, les causes de la mort de Toutankhamon n’ont à ce jour pas encore été élucidées.

Les échantillons d’ADN de onze momies de la Vallée des Rois sont analysés, essentiellement pour clarifier l’arbre généalogique de la famille de Toutankhamon. La momie masculine de la tombe KV 55 est à cette occasion identifiée comme étant celle du père du roi, celle de « Younger Lady » de la tombe KV 35 comme étant celle de sa mère. La plupart des égyptologues partent du principe que la momie du père devrait être celle d’Akhénaton. Le nom de la mère reste inconnu.

Novembre 2013 :
Le Dr Chris Naunton de la Société d’exploration de l’Égypte fait l’hypothèse d’une possible combustion spontanée des bandelettes de la momie en raison d’une réaction chimique des huiles d’embaumement. Les côtes pourraient avoir été sectionnées lors d’un accident de char : suite à une chute, le torse du pharaon aurait été écrasé par une roue de char.

2026.09.03-124 insignes du pouvoir 2026.09.03-125 panneau explicatif insignes du pouvoir

Insignes du pouvoir
Le pharaon couronné par les dieux

Quoique richement décorés et ornés des attributs royaux, les éventails et cannes de Toutankhamon étaient néanmoins utilisés au quotidien par le souverain, les particuliers se servant quant à eux de versions plus modestes de ces objets. Les couronnes, le trône et les sceptres, en revanche, étaient remis au roi par les dieux eux-mêmes le jour de son couronnement. Aux yeux des Égyptiens, ces insignes lui conféraient des pouvoirs uniques qui lui permettraient de mener à bien son règne divin.

Deux fouets et trois crosses ont été découverts dans le tombeau de Toutankhamon. Les fouets sont en fait les seuls exemplaires originaux conservés de nos jours. De toute évidence, les couronnes n'ont pas été placées dans le tombeau en même temps que la momie du roi, car ces objets publics sacrés ne pouvaient être portés que par le monarque régnant. La momie était en revanche coiffée d'un diadème. L'habit de feuilles d'or imitant un plumage et rappelant la « tunique de plumes » que portaient les dieux avait sans nul doute pour fonction de souligner la nature divine du roi.

Les insignes royaux représentés dans les processions funéraires privées sont la preuve que les coutumes funéraires des particuliers imitaient fidèlement les obsèques royales. L'objectif de ces rites était d'atteindre un statut divin tel que celui qui était réservé au roi dans l'Ancien Empire ; ce fut plus tard l'aspiration de tous ceux qui avaient accès aux textes sacrés.

Canne aux captifs de Nubie et d'Asie
Original en bois doré avec incrustations d'ivoire et d'ébène
L. 104 cm

La poignée recourbée de cette canne épouse la forme d'ennemis entravés. Celui à la peau claire et à la barbe en pointe est un Asiatique, l'autre, à la peau sombre et aux cheveux bouclés, un Nubien. Les Asiatiques à l'est et les Nubiens au sud, auxquels s'ajoutaient les Libyens à l'ouest, étaient considérés comme les ennemis traditionnels de l'Égypte. La représentation de leur captivité souligne le pouvoir et la supériorité du pharaon. Il s'agit toutefois d'une image symbolique ne reflétant pas nécessairement la réalité, car on est sûr que Toutankhamon n'a jamais pris part à une bataille.

Faucille de cérémonie
Original en bois, or, électrum, verre et calcite
L. 27 cm ; h. 22 cm

Le tombeau de Toutankhamon contenait des outils à visée pratique ou rituelle. Cette faucille de cérémonie délicatement ornée est l'un des plus beaux outils découverts. Les faucilles utilisées pour couper le blé avaient un manche en bois et une lame en silex. L'outil présenté ici avait une fonction rituelle. Il est orné d'or, d'électrum et d'incrustations colorées et sa lame est en verre de différentes couleurs. Tous les défunts devaient être en mesure de subvenir à leurs besoins dans l'Au-delà en travaillant aux champs – et le roi ne faisait pas exception à la règle. En cas de manquement au culte funéraire (donc aux offrandes de nourriture) et de défaillance des figurines rituelles représentant les serviteurs royaux (oushebtis), Toutankhamon pouvait utiliser cette faucille pour couper lui-même le blé.

Sceptre
Original en bois, or, pierres semi-précieuses, faïence et verre
L. 54 cm

Les sceptres de cette forme étaient utilisés par le roi pour consacrer les offrandes dans le temple, ce qui explique l’ornementation de la tête de la crosse. Cinq registres montrent des taureaux sacrificiels attachés, certains dépecés, dont la viande était offerte pendant le rituel quotidien. Il convient de mentionner aussi l’inscription figurant de l’autre côté : la délicate inscription hiéroglyphique dorée qualifie le visage de Toutankhamon de « resplendissant comme Aton » tout en l’appelant « fils d’Amon ». Le texte semble dater du début de son règne, au moment où l’on assiste à une tentative de réconciliation puisque le nom du dieu soleil Aton d’Akhénaton est cité aux côtés de l’ancien dieu Amon impérial réhabilité.

Sceptre et crosse d’enfant
Original en bronze, bois, or et verre
Fléau : H. 29,5 cm ; sceptre : H. 33,5 cm

La crosse et le fléau sont les attributs royaux typiques des pharaons. Or, les seuls exemples du Nouvel Empire qui nous soient parvenus sont ceux de la tombe de Toutankhamon. Outre les attributs présents sur la momie, deux crosses et trois fléaux furent trouvés dans l’équipement funéraire. L’ensemble que l’on voit ici est sensiblement plus petit que les autres et fut fabriqué pour le couronnement du roi-enfant, qui avait alors environ neuf ans. Le petit sceptre porte même l’ancienne forme de son nom, « Toutankhaton ».

Statuette du roi
Original en or
H. 8,4 cm

Deux bâtons surmontés d'une figurine du roi et emballés dans un morceau de lin ont été trouvés dans la chambre funéraire entre les deux chapelles extérieures. L'un d'eux est en argent et montre le roi avec des traits fatigués, des rides et des poches sous les yeux. Le pendant en or, dont vous voyez ici la statuette, montre le roi rayonnant de jeunesse avec de grands yeux expressifs. Le recours à l'or et à l'argent, les représentations jeune et âgée du roi, ainsi que l'endroit où ils ont été découverts près du cercueil indiquent que les bâtons remplissaient une fonction funéraire. Peut-être s'agissait-il de symboliser la course du soleil (or) et de la lune (argent) qui se répète quotidiennement de la même manière que la régénération et le renouvellement espérés du roi dans le royaume des morts.

Canne aux captifs de Nubie
Original en bois doré avec incrustations d'ivoire et d'ébène
L. 102 cm

Ce bâton était posé avec deux autres sur un lit, lui-même placé sur le lit rituel à têtes de lionne. La crosse à son extrémité est façonnée de manière à représenter un Nubien. Ainsi le pharaon broyait-il littéralement de sa main son ennemi.

2026.09.03-126 chapelle avec bas-relief 2026.09.03-127 chapelle avec bas-relief

Chapelle avec bas-relief
Original en bois doré à la feuille, patins recouverts d’argent, verrous en argent
H. 50,5 cm, l. 26,5 cm, P. 32 cm

La chapelle construite en forme de chapelle de Haute-Égypte contenait un socle vide avec un pilier dorsal sur lequel des traces de pas indiquent la présence d’un dieu qui ne fut probablement jamais matérialisé par une statuette, mais délibérément suggéré comme dieu invisible. Une amulette de « celle qui est magique », déesse en forme de serpent s’occupant du roi, a également été trouvée. La chapelle est décorée de dix-huit scènes dans lesquelles la reine se prête à diverses activités pour le compte du roi. Sur la droite, elle assiste à une chasse au gibier à plumes, sur la gauche on la voit tendre au roi un sistre et un bol contenant une boisson ou attacher un collier floral autour de son cou. Dans une autre scène, le roi verse du liquide dans le creux de la main de son épouse. Au dos, elle enduit son mari d’un onguent et lui donne une branche de palmier, symbole de son règne éternel. Les scènes peuvent être interprétées de nombreuses façons. Bien qu’elles semblent représenter des moments d’intimité du couple, les actions de la reine ressemblent à celles d’un prêtre lors d’une cérémonie. Sur les ailes de la porte, par exemple, elle offre au roi des symboles cultuels et des bouquets de fleurs. Toutankhamon a déjà accédé à l’état de dieu dans l’Au-delà. Même la chasse aux oiseaux peut être interprétée du point de vue de l’Au-delà, comme symbole de la destruction de ses ennemis.

2026.09.03-129 panneau explicatif Guerre et chasse 2026.09.03-128 massues

Guerre et chasse : Combattre pour sauver le monde

La guerre et la chasse étaient un devoir pour le pharaon, qui devait non seulement combattre les ennemis de l’Égypte et protéger son peuple, mais aussi participer à des activités militaires et à la chasse. Bien qu’il existe des preuves que les pharaons prenaient part aux campagnes militaires, ils étaient représentés comme victorieux, le pharaon étant le commandant en chef, conformément à la conception idéologique égyptienne du souverain. Les tombes étaient équipées de tout le nécessaire et étaient magnifiquement décorées, avec des objets de la plus haute qualité.

Des boomerangs revenant vers leur lanceur et des boomerangs qui ne reviennent pas, ainsi que des bâtons de jet, étaient utilisés pour chasser les oiseaux. Cette activité était à la fois considérée comme un passe-temps royal et comme un symbole de la destruction des ennemis. Des modèles de bâtons de jet étaient également utilisés simplement à des fins rituelles, puisqu’ils ne pouvaient pas réellement être lancés.

À cette époque, les armées du Proche-Orient ancien étaient constituées essentiellement d’une infanterie traditionnelle armée de haches de guerre, de lances et de boucliers, comme c’était le cas depuis des siècles. Le tombeau de Toutankhamon ne contenait aucune hache de guerre, mais quatre boucliers massifs véritables tendus de peaux de bêtes et quatre autres boucliers dorés au travail ajouré, utilisés uniquement à des fins rituelles. Les treize massues découvertes dans le tombeau n’étaient peut-être plus utilisées par les fantassins depuis longtemps ; celles aux ornements plus complexes avaient uniquement une fonction d’apparat. Les deux khépesh — dont l’un pour enfant — étaient des armes plus récentes. On peut supposer que les deux poignards superbement travaillés découverts sur la momie faisaient partie des regalla. Les poignards, massues, boucliers et arcs étaient destinés au mobilier funéraire des rois, mais aussi des hauts fonctionnaires.

Massues
Originaux en bois et or
H. 81,8 cm et 82 cm

Ces deux massues ont été découvertes dans la chambre funéraire entre les première et deuxième chapelles. Le bois doré dont elles sont faites indique clairement qu’elles n’étaient pas destinées à être utilisées sur le champ de bataille, mais avaient été conçues à des fins rituelles ou comme éléments du mobilier funéraire. Les représentations du roi d’Égypte frappant ses ennemis avec une massue datent du début de la période dynastique (appelée « période thinite ») et soulignent la valeur symbolique de cette arme : elle permettait en effet au roi qui avait vaincu ses ennemis de se poser en garant de l’équilibre du monde. 

2026.09.03-130 guerre et chasse 2026.09.03-131 guerre et chasse

Bâton de jet
L. 37,1 cm (environ)

Tout comme son homologue aux extrémités en faïence, ce bâton de jet, qui tire parti de la courbure naturelle de la défense d'éléphant, n'était pas réellement utilisé pour la chasse. Ses deux extrémités sont munies de capuchons dorés à la feuille d'or, ornés également d'un motif en faïence imitant des manchettes et d'une inscription donnant le nom du roi. Sur les 34 bâtons de jet placés dans le tombeau — dans l'annexe pour la plupart — seuls trois étaient en ivoire.

Bâton de jet
Original en bois doré aux extrémités de faïence
L. 49,5 cm

De toute évidence ce bâton de jet, doré et orné de faïence, n'était pas réellement utilisé pour la chasse au gibier d'eau. Mais puisque cette activité était aussi considérée dans l'Au-delà comme une forme de victoire sur les ennemis, le roi défunt était équipé de ce bâton de jet d'une valeur purement symbolique.

Bâton de jet
Original en bois
L. 42,5 cm

Bâtons de jet et boomerangs faisaient partie intégrante de l'attirail de chasse et d'exercice de Toutankhamon. Le tombeau contenait à la fois des exemplaires en ivoire et en faïence réservés à un usage rituel et d'autres exemplaires en bois utilisés au quotidien. La plupart des bâtons de jet ont une forme légèrement incurvée ; celui-ci fait exception à la règle. La chasse au gibier d'eau à l'aide de bâtons de jet était l'un des passe-temps favoris du roi et de ses hauts fonctionnaires. Mais la capture des oiseaux avait également une signification symbolique : les animaux étaient considérés comme l'incarnation du chaos, dont le pharaon devait triompher.

Pièce de char en forme de poignard
Original en bois enduit de plâtre et doré
L. 50,2 cm

Quatre objets comme celui-ci ont été découverts dans le tombeau de Toutankhamon ; il s’agissait, selon Carter et ses collègues, d’éléments provenant des chars de guerre. Si l’on ignore quels étaient la fonction exacte et l’emplacement de ces objets sur les chars, la forme relevée de leur extrémité tend à confirmer cette hypothèse. L’objet représente un prisonnier africain aux bras liés. Les ennemis captifs étaient un motif décoratif très apprécié, qui permettait de souligner la domination exercée par le roi d’Égypte sur le monde entier.

Œillères
Originaux en bois, feuille d’or, verre et pierres semi-précieuses
L. 13 cm ; h. 10,5 cm

Plusieurs paires d’œillères ont été découvertes parmi les équipements destinés aux chars de guerre de Toutankhamon. Deux paires, dont celle présentée ici, se distinguent des autres par la beauté exceptionnelle de leur décoration ; peut-être étaient-elles destinées aux chevaux qui tiraient le magnifique char d’apparat royal. L’Œil-Oudjat, symbole de guérison et d’intégrité physique, servait à éloigner tous les périls. Comme la fleur de lotus, c’était un motif décoratif très apprécié dans l’Égypte ancienne.

Étui à arcs
Original en bois enduit de lin et de plâtre, partiellement doré, recouvert d’écorce colorée et de cuir
L. 33,5 cm

Disposé verticalement au moment de sa découverte dans la chambre du trésor, cet étui à arcs triangulaire contenait trois arcs composites ; le couvercle situé en haut à droite de l’étui permettait d’en extraire les arcs. L’étui est fait de bois enduit de lin et de plâtre. Ses deux faces sont ornées de motifs complexes en écorce colorée réalisés en intarsie ; sur chacune est appliquée une décoration en or poinçonné représentant le roi sur son char de chasse et accompagné de sa meute, en train de tirer à l’arc. La partie en intarsie représente le gibier du désert, notamment des lièvres du désert, des hyènes rayées, des oryx, des bubales roux ou encore des ibex, dont certains ont été touchés par les flèches du pharaon. Certains animaux fuient, tandis que d’autres gisent au sol ou sont attaqués par les chiens.

Arc double
Original en bois, écorce
L. 102 cm

Dans les nombreuses armes présentes dans la tombe de Toutankhamon se trouvaient 32 arcs de diverses longueurs. Outre des arcs simples en bois, il y avait des arcs composites, dont les matériaux tiennent ensemble grâce à plusieurs couches de colle. La pièce présentée ici est un arc composite double fait de bois et recouvert d’écorce de bouleau. Tout comme les chars, les arcs composites constituent une véritable innovation technique arrivée en Égypte depuis le Proche-Orient pendant la période des Hyksos (env. 2650 av. J.-C.).

Deux cimeterres
Originaux en bronze et bois
L. 59,7 cm et 40,6 cm

La forme de ces deux épées incurvées, appelées « khepesh » en égyptien, est d’origine asiatique. Comme beaucoup d’innovations techniques et militaires, le khepesh a été introduit en Égypte durant la Deuxième Période Intermédiaire. Du fait de leur lame émoussée, il est peu probable que ces épées aient été utilisées comme armes de taille ; en revanche, elles avaient peut-être une fonction rituelle. Le plus petit des deux cimeterres était sans doute utilisé par Toutankhamon lorsqu'il était enfant.

Arc composite
Original en bois recouvert d’écorce de bouleau
L. 109 cm

Cet arc en bois a été trouvé dans l’annexe, dans un paquet contenant d’autres arcs, flèches, éventails et bâtons. Il est recouvert d’écorce de bouleau et est orné, au-dessus comme en dessous de la poignée, de zones décorées de losanges et de bandes de losanges, de bandes entrelacées et de motifs en damier. Elles bordent les deux côtés de la poignée et comprennent deux ornements sur l’avant et l’arrière représentant un cheval orné de plumes et un bouquetin.

  2026.09.03-132 trône de Toutankhamon avec repose-pied 2026.09.03-133 trône de Toutankhamon

Trône de Toutankhamon avec repose-pied
Original en bois doré à la feuille et incrusté d’argent, d’albâtre, de verre et de pierres semi-précieuses ; repose-pied en bois doré avec incrustations
H. 104 cm, l. 53 cm ; repose-pied : L. 63,5 cm

Comme l’indiquent les noms du roi ornant les montants qui se trouvent à l’arrière du dossier, le fameux trône doré est une commande datant du début du règne de Toutankhamon, lorsque ce dernier était âgé de neuf ans et s’appelait encore Toutankhaton. La scène qui orne le dossier est un reliquat de la religion amarnienne. Le couple royal reçoit la vie des mains du disque solaire Aton. Les noms dans les inscriptions ont néanmoins été modifiés afin d’intégrer le nouveau suffixe « -amon ». La reine Ankhésenamon est représentée debout en train d’appliquer un onguent sur les épaules de son époux, alors que celui-ci s’appuie contre le dossier de sa chaise, l’air détendu. Le repose-pied en bois est incrusté de faïence bleue et décoré d’images de trois Nubiens et de trois Asiatiques incarnant les chefs vaincus des « pays étrangers à ses pieds » 

2026.09.03-139 panneau explicatif Chars 2026.09.03-136 char d'apparat 2026.09.03-137 char d'apparat2026.09.03-138 char d'apparat 2026.09.03-140 char d'apparat

Chars

Les chars développés au Proche-Orient ne semblent pas s'être imposés en Égypte avant l'époque des Hyksos (vers 1 650 av. J.-C.). Les troupes de chars ont conféré à l'armée égyptienne du Nouvel Empire un niveau de mobilité et d'efficacité totalement nouveau au combat. Ces véhicules à deux roues, de fabrication solide et pourtant légers, nécessitaient un équipage de deux hommes : un conducteur et un archer. Les images des pharaons égyptiens tirant des flèches à plein galop tout en dirigeant le char avec les rênes enroulées autour des hanches sont donc bien éloignées de la réalité.

Le tombeau de Toutankhamon contenait six chars démontés dont les essieux avaient été sciés pour pouvoir entrer dans la tombe. Cinq d'entre eux ont été réassemblés aujourd'hui. Trois d'entre eux étaient très probablement conçus pour être utilisés sur les terrains de parade, mais les autres étaient peut-être des chars de chasse. Ils sont fabriqués selon la méthode propre à leur époque, chaque roue possédant six rayons. La parade des chars royaux était considérée comme le reflet terrestre du voyage du Dieu Soleil à travers le ciel, en particulier pendant la période amarnienne.

Char d’apparat
Original en bois enduit de plâtre et doré, incrusté de verre et de gemmes
Longueur de l’essieu 216 cm, longueur du timon 250 cm

Ce char doré richement orné était probablement le char d’apparat du roi. Le timon est constitué de plusieurs pièces de bois courbé, tandis que la caisse est en bois enduit de plâtre et doré. La plateforme consiste en un treillis de lanières de cuir. À l’extérieur, la caisse est bordée d’un motif à spirales associé, au centre, à des lis et coiffé de trois noms du roi. La partie centrale de l’intérieur de la caisse est décorée de trois cartouches (deux fois le nom d’Horus, le nom de couronnement et le nom de naissance du roi) posés sur un motif symbolisant l’unification de la Haute et de la Basse-Égypte, auquel deux prisonniers sont attachés. Cette représentation est elle-même posée sur une frise de prisonniers agenouillés flanqués de deux sphinx. L’essieu orné d’incrustations de métal est équipé de deux roues à six rayons. Les extrémités du joug, orientées vers l’arrière, forment des silhouettes de prisonniers.

Selles de joug
Originaux en bois, stuc, or, argent, faïence, verre et calcite
H. 30 cm

Les chars de chasse et de guerre comportaient invariablement deux selles de joug, placées sur le dos des chevaux et fixées au joug. Comme la plupart des éléments qui équipaient les chars de Toutankhamon, les selles de joug étaient richement décorées. Celles-ci sont ornées des visages du dieu démoniaque Bès. Son visage grotesque, bouche ouverte en un rictus terrifiant, était très dissuasif : Bès aidait ainsi le roi à repousser et vaincre tous les ennemis de l’Égypte.

Chasse-mouches associé à un char
Original en bois enduit de plâtre et doré, cuir, roseau et crin de cheval
L. 35 cm

Parmi les nombreux équipements associés aux chars de guerre et de chasse du roi figuraient également des chasse-mouches en roseau et crin de cheval. Le manche sculpté de ce chasse-mouches représente la tête et le cou d’un lion. Ce puissant prédateur soulignait symboliquement la force et le pouvoir du roi sur son char. La dorure à la feuille distingue le chasse-mouches présenté ici d’un simple objet utilitaire.

Molette à pointes
Original en bois enduit de plâtre et doré, et bronze
L. 54,5 cm ; molette : d. 12 cm

Cette petite roue munie de pointes en bronze et montée sur une tige est l’un des équipements destinés aux chars de guerre et de chasse. Des lanières de cuir reliant la tête à l’épaule du cheval maintenaient la tige au niveau de l’encolure de l’animal, que les pointes de métal empêchaient ainsi de tourner.

Accessoire de char représentant un faucon
Original en bois enduit de plâtre et doré, bronze, obsidienne et albâtre
H. 41,5 cm

Ce faucon couronné d’un disque solaire était fixé au timon central du char de guerre, entre les chevaux. Horus, dieu à tête de faucon, symbolisait le roi, dont il était également le protecteur ; le faucon était ainsi le patron royal mais aussi divin du char. Le disque solaire est orné d’une forme élaborée du nom de couronnement de Toutankhamon, Neb-kheperou-Rê.

Bouclier représentant la mort de deux lions
Original en bois et or
H. 88 cm, l. 55 cm

Au centre de ce bouclier de cérémonie, le roi Toutankhamon est représenté en train de tuer deux lions se tenant l'un à côté de l'autre. Bien que le roi lui-même soit parfois dépeint sous les traits d'un lion, les bêtes qu'empoigne ici Toutankhamon symbolisent les animaux du désert et, par extension, le chaos et les ennemis de l'Égypte. Le paysage vallonné est une variante du hiéroglyphe servant à écrire « pays étranger ». L'inscription qui orne le bouclier assimile le roi au dieu de la guerre Montou ; derrière le roi, Nekhbet, déesse tutélaire de la Haute-Égypte, veille sur la scène.

Bouclier représentant le roi sous l’apparence d’un sphinx
Original en bois et or
H. 89 cm, l. 54 cm

Sur ce bouclier, Toutankhamon prend l’apparence d’un sphinx, cet animal fantastique au corps de lion et à tête d’homme. Il est coiffé de la double couronne, le pschent, qui associe la couronne de Haute-Égypte et celle de Basse-Égypte. Les hiéroglyphes assignent au roi les pouvoirs du dieu thébain de la guerre Montou. Toutankhamon est représenté sous les traits d’un sphinx foulant aux pieds deux Nubiens à la peau sombre. Comme sur le bouclier figurant la mise à mort d’un lion, le hiéroglyphe servant à écrire « pays étranger » fait office de support pour la représentation

2026.09.03-142 statuettes2026.09.03-143 statuettes 2026.09.03-144 statuettes2026.09.03-145 statuettes 2026.09.03-146 statuettes2026.09.03-147 statuettes 2026.09.03-148 statuettes2026.09.03-149 statuettes2026.09.03-150 statuettes 2026.09.03-151 statuettes2026.09.03-152 statuettes

Statuette du pharaon sur une panthère
Original en bois doré avec incrustations de verre et accessoires en bronze doré
H. 85,6 cm

Cette figure du pharaon sur une panthère noire tient un long sceptre dans sa main gauche et un fléau dans sa main droite. Le socle séparé montre que la statuette était prévue à cet endroit. On pense que la panthère incarne une ancienne divinité céleste recevant le roi défunt dans son corps. Cet exemplaire a été créé en suivant les principes du style amarnien plutôt que le système de proportions traditionnel, ce qui signifie qu'il n'a pas dû être façonné à la mort de Toutankhamon, mais devait déjà se trouver dans les réserves royales

Statue du roi portant la couronne de Haute-Égypte et deux statues du roi portant la couronne de Basse-Égypte
Originaux en bois doré incrusté de verre, décoration en bronze
H. 75,3 cm ; H. 63 cm ; H. 59 cm

Ces trois statues du roi tiennent un fouet dans une main ; sur leurs socles sont inscrits les différents noms de Toutankhamon. Deux des statues tiennent également une longue crosse dans la main gauche : elles formaient sans doute une paire, chacune portant l’une des couronnes d’Égypte. Il est intéressant de noter que leurs traits ressemblent peu à ceux de Toutankhamon et que leurs proportions évoquent davantage la période amarnienne. Ainsi, elles n’ont pas été fabriquées spécialement pour les obsèques de Toutankhamon, mais lui ont été attribuées à cette occasion. Les traits de la troisième statue, qui porte la canne et la couronne de Basse-Égypte, rappellent davantage ceux du jeune roi. Néanmoins, jamais aucune statue assortie représentant la Haute-Égypte n’a été découverte

Statuette de la divinité Tata
Original en bois doré avec incrustations de bronze, verre, calcite et obsidienne
H. 65 cm

Sur le piédestal de la statuette portant la couronne de la Haute-Égypte, il est écrit que Toutankhamon est l'aimé du dieu Tata. Cela fait probablement référence non pas à un dieu inconnu par ailleurs, mais à l'incarnation des « Deux Terres » (Tawy en égyptien ancien), sur lesquelles règne le pharaon. Cela ferait du nom de la figure « Taouy ».

Statue du dieu Shou
Original en bois doré
H. 74 cm

Le personnage qui porte la couronne faite de quatre plumes représente Shou, dieu de l'air ; sur la statue sont inscrits les mots « Shou, Horus au bras puissant ». Shou incarnait l'espace entre la terre et le ciel ; c'est lui qui soulevait la déesse du ciel, la séparant ainsi de Geb, dieu de la terre. On peut donc supposer que Shou formait une paire avec ce dernier dans les rites funéraires.

Fils d'Atoum et époux de sa propre sœur Tefnout, Shou faisait partie de l'Ennéade, soit le groupe des neuf dieux d'Héliopolis, dont la quatrième génération de descendants comprenait également Isis, Osiris, Seth et Nephtys

Statue du dieu Ptah
Original en bois doré à la feuille avec incrustations de verre et de faïence, accessoires en alliage de cuivre
H. 60,2 cm

Le visage de Ptah a été doré avec une feuille d'or jaune, tandis que l'on a utilisé pour le reste de la statue de la faïence de couleur bleu-vert. Sa tête est surmontée d'un calot moulant en faïence. Il tient son sceptre caractéristique, qui unit les symboles de vie, de stabilité et de pouvoir, et qui est fait d'un alliage de cuivre. Ptah était habituellement représenté enveloppé comme une momie, mais avec ses mains libérées des bandelettes. Ce qui est inhabituel ici, c'est l'habit de plumes qu'il porte. Ptah est avant tout le dieu créateur de Memphis qui a façonné le monde par sa parole. Son rôle dans le rituel funéraire est probablement lié à une formule du Livre des Morts — « prendre la forme de Ptah » — qui implique notamment que le défunt identifie sa langue à celle de Ptah. L'inscription gravée sur le socle décrit Ptah comme le « Seigneur de Maât »

Statue en forme de serpent
Original en bois doré incrusté de bronze et de quartz
H. 44 cm

Seules trois des nombreuses statues de divinités découvertes dans les chapelles noires représentent les dieux entièrement sous la forme d’animaux. L’une de ces trois statues est un cobra dressé ou « uræus » ; représenté en train de gonfler son cou, sur le socle noir est inscrit le nom de couronnement de Toutankhamon, qui est décrit comme étant « aimé du dieu vivant ». Dans le « Livre de l’Amdouat », texte funéraire qui décrit l’Au-delà, une divinité du même nom et de même apparence garde l’une des entrées du monde inférieur. Les yeux éclatants du dieu serpent sont incrustés de quartz et de bronze

Statuette du pharaon sur une barque
Original en bois doré avec incrustations de bronze, verre et obsidienne, accessoires en bronze doré et alliage de cuivre
H. 75 cm

Le roi se tient debout dans une petite barque de papyrus, un pied en avant, prêt à lancer un harpon. Sa proie, non représentée, est certainement un hippopotame, incarnation du dieu Seth dans le mythe osirien. Il existe un pendant à cette statuette, qui était placé dans le même coffre funéraire : il représente probablement le roi sous l’aspect du dieu Horus, dont il est capable d’assumer le rôle dans les rituels. La corde en bronze enroulée dans sa main gauche imite la corde du harpon qui se déroule lorsque ce dernier est projeté.

Statuette du pharaon sous la forme d'un dieu enfant
Original en bois avec résine noire et incrustations d'or
H. 60,5 cm

Cet enfant nu tient un sistre (instrument de musique) stylisé. Découvert dans l'un des coffres funéraires avec des figures du roi, il pourrait représenter Toutankhamon sous la forme du dieu enfant Ihi, dont le sistre est l'attribut. Selon les textes déclamés lors de l'inhumation, le défunt est censé se transformer en Ihi, qui sert de protecteur et de guide pour le défunt pendant son voyage à travers l'horizon, de sorte que le roi, d'une certaine manière, assure sa propre protection sous cette forme. Un exemplaire identique à cette statuette a été déposé dans un autre coffre, avec d'autres figures royales.

Statuette de la déesse Nephtys
Original en bois doré avec incrustations de bronze, calcite et obsidienne
H. 57,2 cm

Les représentations momiformes de divinités féminines retrouvées dans le trésor funéraire de Toutankhamon diffèrent des représentations masculines principalement par l'absence de barbe incurvée, qui est un attribut divin. Nephtys et sa sœur Isis sont les deux mythiques pleureuses protégeant les défunts, celles qui ont réassemblé le corps démembré d'Osiris ; elles sont donc responsables avant tout de l'intégrité physique des dépouilles. Dans le rituel funéraire royal, Nephtys a vraisemblablement aussi joué un rôle dans l'ascension vers l'au-delà, d'où l'idée que le défunt roi ait pu rejoindre l'au-delà « sur les genoux de Nephtys ».

Figurine du génie à tête de chacal Douamoutef
Original en bois doré et peint en noir
H. 56 cm

Voici Douamoutef, l'une des quatre divinités protectrices des organes internes, avec une tête de chacal. Jusqu'à l'époque de Toutankhamon, les génies funéraires gardant les viscères du défunt étaient généralement représentés avec une tête humaine, mais la tombe de ce dernier renfermait à la fois la forme humaine et cette forme animale de Douamoutef.

Les divinités protectrices des viscères assistaient le défunt au cours du rituel funéraire, lorsqu'il descendait dans le royaume des morts et se changeait en l'une des étoiles du ciel nocturne. Les cieux dépeints dans la tombe royale montrant Douamoutef associé tantôt à une constellation du sud, tantôt à une constellation du nord, il est possible que ces deux statuettes symbolisent aussi différentes constellations au cours du rituel.

Statue de la déesse Sekhmet assise sur son trône
Original en bois doré incrusté de verre
H. 55,2 cm

Sekhmet, déesse à tête de lionne, faisait l'objet d'un culte particulier à Memphis, où elle était considérée comme l'épouse du dieu de la ville, Ptah. Le nom « Sekhmet » signifie « la puissante » ; durant les obsèques royales, sans doute était-elle garante de la pérennité du pouvoir du roi. Elle porte la tunique des femmes typique de l'Ancien Empire, représentée ici ornée d'un motif à treillis fait de fleurs à quatre feuilles. Ses yeux éclatants et l'extrémité de son nez sont incrustés de verre. Le socle de la statue est peint en noir et a été découpé à l'arrière pour pouvoir entrer dans la chapelle.

Figurine de Sopdou
Original en bois doré à la feuille, avec incrustations de verre, d’argent et de bronze
H. 65,5 cm

Ce faucon, ainsi qu’un autre sur son support, a été trouvé dans le même coffre funéraire que le dieu serpent. Il porte une couronne à double plume et d’après l’inscription, il s’agit de Sopdou, le dieu faucon de l’est du delta, qui surveillait et régnait sur l’est du désert égyptien. C’est probablement sa fonction de garde-frontière qui l’amène à prendre part au rituel funéraire royal. Les marques au niveau des yeux, typiques du faucon pèlerin, sont faites d’incrustations de verre de diverses couleurs.

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Les oushebis

Les figurines funéraires, appelées oushebtis (« les répondants »), représentaient à l’origine une personne inhumée selon les coutumes, ce qui pouvait inclure l’embaumement, l’emmaillotement et la disposition dans un cercueil. C’est pourquoi, rapidement, les oushebtis présentèrent le plus souvent une forme de momie. Mais ils servaient également à soustraire le défunt à son obligation de travailler dans les champs de l’Au-delà, ce qui était en théorie le devoir de chacun, même du roi. Ainsi, tout comme ses sujets, Toutankhamon possédait des figurines de substitution prêtes à assurer à sa place toutes les tâches ingrates. C’est aussi pourquoi, dans leur forme classique, les oushebtis tiennent dans leurs mains croisées une houe et portent un sac de semences jeté sur leur épaule gauche. L’oushebti est donc à la fois serviteur et incarnation du défunt.
La tombe de Toutankhamon comprenait 413 figurines (365 pour chaque jour de l’année, le reste était des contremaîtres). Les oushebtis les plus complexes sont faits en partie de bois doré et sont ornés d’incrustations en or. Certains des oushebtis furent réalisés à la demande de hauts dignitaires spécialement pour l’inhumation tandis que d’autres avaient été fabriqués préalablement pour d’autres rois. Les oushebtis de la tombe de Toutankhamon sont pour la plupart en calcaire, en granite, en calcite et en faïence de diverses couleurs. Ils présentent une grande variété de coiffes, de tenues et de placement des mains. Les figurines avaient également à leur disposition un total de 1866 outils miniatures entreposés séparément dans la tombe.

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Ouchebtis
Originaux en bois doré ou peint ; albâtre
H. 32 cm (496 b–c) ; h. 23 cm (323 f, n, p) ; h. 27,1 cm (380 f)

On peut identifier les deux ouchebtis dorés (496 b et c) comme des portraits du pharaon grâce à l'uræus (serpent) sur leur front. Chacun tient un sceptre dans la main gauche et un fléau dans la main droite, qui est croisée par-dessus la gauche, ce qui fait d'eux des ouchebtis surveillants, chargés de s'assurer que les autres ouchebtis s'acquittent de leurs missions correctement.

Les trois ouchebtis plus petits étaient destinés aux travaux du quotidien. Deux d'entre eux ont perdus leurs outils miniatures en métal, mais le troisième tient des houes peintes, ainsi qu'un panier à chaque main. L'exemplaire en albâtre porte une perruque ronde et a également perdu ses outils.

Ouchebti arborant la coiffe royale
Original en bois partiellement doré
H. 51,6 cm

Cette statuette funéraire magnifiquement sculptée porte le némès, l'emblématique coiffe des pharaons, ainsi qu'un fléau. La crosse (heqa en égyptien) qui se trouvait autrefois dans l'autre main a été perdue. Contrairement à tous les autres ouchebtis de Toutankhamon, qui avaient été déposés dans la chambre du trésor ou dans l'annexe, celui-ci a été trouvé dans l'antichambre. Les inscriptions en quatre lignes verticales situées sous les bras croisés correspondent au discours des ouchebtis provenant du Livre des morts. Dans ce texte, Toutankhamon charge la statuette de répondre à sa place s'il est appelé à réaliser tout type de travail dans l'au-delà.

Ouchebti coiffé de la couronne bleue
Original en bois doré à la feuille
H. 48 cm

Cet ouchebti représente le roi coiffé de ce que l'on a coutume d'appeler la couronne bleue. Il tient entre ses mains la crosse et le fouet, emblèmes du pouvoir royal. Les deux lignes de texte verticales sont des extraits de l'inscription qui orne l'ouchebti.

Ouchebti coiffé d'une perruque ronde
Original en bois partiellement doré, perruque en ébène
H. 53,8 cm

Cette splendide figurine porte une perruque ronde, coiffure populaire chez les hommes comme chez les femmes durant la période amarnienne. Contrairement aux autres ouchebtis du trésor coiffés de cette perruque, celui-ci est paré d'un bandeau orné d'une tête de vautour et d'un serpent. Les deux animaux emblématiques de Haute et Basse-Égypte identifient immédiatement cet ouchebti comme étant royal.

Ouchebtis
Originaux en faïence, calcaire, granit et quartzite
H. 15,5 à 29,3 cm

La sélection présentée ici comprend quelques ouchebtis aux formes et aux matériaux variés parmi les 413 exemplaires trouvés dans le tombeau de Toutankhamon. Ce sont tous des représentations du pharaon, sur lesquelles est aussi inscrit son nom. Les ouchebtis assument différents rôles, de surveillants ou d'ouvriers, selon leurs attributs ou leurs outils. On peut voir ici deux statuettes en faïence bleue (326 d, 602 l), une en faïence blanche (519 f), ainsi que des exemplaires en calcaire (330 m), granit (322 h) et quartzite (605 g).

Le Livre des morts du scribe Ani 

Le Livre des Morts égyptien, compilé au début du Nouvel Empire à partir de textes plus anciens consacrés au monde inférieur, était utilisé comme guide de l’Au-delà dans le culte funéraire des particuliers. Aujourd’hui exposé au British Museum, le papyrus destiné au scribe Ani a été écrit aux alentours de 1300 av. J.-C. D’une longueur de 23,6 mètres, c’est l’un des Livres des Morts égyptiens les mieux conservés et les plus richement illustrés. Ani était un fonctionnaire important de la cour et un favori du pharaon ; sa femme Toutou était chanteuse d’Amon à Thèbes. Une famille de ce statut social avait droit à des obsèques dignes de son rang et notamment d’emporter dans la tombe un magnifique papyrus funéraire.

Le tombeau royal de Toutankhamon est le premier à intégrer, dans de nombreuses représentations et objets, des influences de ce texte funéraire « bourgeois »

2026.09.03-159 la procession funéraire 2026.09.03-160 la procession funéraire (suite)

La procession funéraire
La scène représente la procession funéraire, avec la veuve en pleurs, les prêtres ainsi que les parents et amis du défunt. Le deuxième traîneau, de taille plus réduite, transporte le coffre à canopes dans lequel ont été placés les viscères du défunt. La procession funéraire qui orne le mur du tombeau de Toutankhamon s’inspire d’une illustration du Livre des Morts sur le même thème. C'est le premier et le seul tombeau royal dans lequel ce motif a été découvert.

La procession funéraire (suite)
On apporte le mobilier funéraire. À droite, la momie d'Ani est dressée devant sa tombe pendant que les prêtres célèbrent les rites funéraires

2026.09.03-161 scènes de l'au-delà 2026.09.03-162 portes et gardiens du monde souterrain

Scènes de l'Au-delà
Jeu de senet (à gauche) découvert dans le tombeau de Toutankhamon. À côté, on aperçoit le ba, âme des morts représentée sous la forme d'un oiseau.

Portes et gardiens du monde souterrain
Les chapelles du tombeau de Toutankhamon sont les premières à avoir été ornées d'une représentation des portes et des gardiens de l'Au-delà.

  2026.09.03-163 union du ba et du corps 2026.09.03-164 transformation en divinités

Union du ba et du corps
Au centre de la scène, le ba vole au-dessus du corps du défunt pour s'unir avec lui et ainsi se réincarner. Cette scène clé du culte funéraire explique pourquoi le corps du défunt devait être momifié : dans la croyance égyptienne, seule l'union du corps et de l'âme permettait la survie de la personnalité du défunt après la mort

Transformation en divinités
Ce texte contient les célèbres formules utilisées par le défunt pour se changer en différentes divinités, notamment en dieu créateur Ptah. On a découvert parmi la collection de divinités du tombeau de Toutankhamon une statuette de ce dieu, représentée ici dans sa chapelle. Elle est présentée dans l'exposition.

2026.09.03-165 feu de l'enfer et amulettes protectrices 2026.09.03-166 protection de la momie

Feu de l'enfer et amulettes protectrices
Les deux derniers feuillets présentent un lien thématique. À gauche, la scène représente une mer de feu, lieu de châtiment pour les damnés. Pour les justes, en revanche, l'eau se mue en un bassin rafraîchissant. À droite sont représentés différents objets symboliques découverts dans le tombeau de Toutankhamon : amulettes en forme de pilier djed, de nœud d'Isis, de cœur et de repose-tête. Les représentations de droite proviennent en réalité du feuillet suivant, figurant la momie étendue sur le lit.

Protection de la momie
Nous découvrons ici un lit en forme de lionne, semblable à celui qui se trouvait dans l'antichambre du tombeau de Toutankhamon. En-dessous repose Anubis, dieu des morts. Une variante sculptée de cette image a été découverte dans la chambre du trésor. Différentes figurines sont représentées autour de la momie, parmi lesquelles on distingue notamment des ouchebtis et les dieux présidant aux vases canopes, chargés de protéger les viscères du défunt.