Après “Les lanternes magiques de Shanghai” en 2023, puis “Le Bal des Dinosaures” en 2024, la troisième édition du “Festival des Lanternes” au Jardin d’Acclimatation de Paris proposait du 10 décembre 2025 au 8 mars 2026 “Le Japon en lumières”.
Adresse : Jardin d’acclimatation, Carrefour des Sablons, Bois de Boulogne, 75116 Paris
Horaires : du 10 décembre 2025 au 8 mars 2026, du mercredi au dimanche (tous les jours pendant les vacances scolaires) de 18h00 à 21h30
Tarifs : 18 € adulte
2000 créations lumineuses célébraient l’âme du Japon en un voyage en 3 étapes :
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L’Empire des Traditions avec des torii majestueux, des temples merveilleux, des costumes traditionnels, des ombrelles de soie et la silhouette majestueuse des samouraïs.
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L’Odyssée Pop-moderne : l’énergie de Tokyo prend vie ici : petits monstres kawaï, jeux d’arcades et mangas
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Le Jardin des Songes : sakuras en fleurs, carpes koi, macaques des sources chaudes… et le mont Fuji
L'entrée :
l’entrée du festival des lanternes
Les armures japonaises : L'armure japonaise portée par les samouraïs (katchû), était conçue pour la bataille. Bâtie sur une armature de métal, elle se compose d’une multitude d’éléments de cuir et de laque reliés par des cordons. Cette construction souple, bien loin des armures de nos chevaliers, offrait une protection efficace tout en permettant au guerrier de se mouvoir avec agilité. Elle enveloppait tout le corps : du casque (kabuto) à la cuirasse. Loin d’être un simple bouclier, elle est devenue au fil du temps un support d’expression artistique. Couleurs des lacets, brillance de la laque, formes des ornements et des plaques métalliques ; chaque détail affirmait l’identité du samouraï, distinguait son clan et révélait son goût esthétique. Les techniques qui s’expriment dans la confection de ces armures – choix des matériaux, assemblage précis, motifs raffinés – sont aujourd’hui considérées comme un héritage précieux, signe d’un savoir-faire d’exception. Chaque katchû n’est pas seulement un rempart, c’est une signature – le portrait du guerrier, gravé dans le métal et la laque.
les armures japonaises
Le torii ou l’entrée du sacré au Japon : Franchir un torii est une invitation à changer de rythme. Son nom signifie « là où se perchent les oiseaux », messagers des divinités. Quand les torii se succèdent en allée, comme sur le célèbre site de Fushimi Inari Taisha (Kyoto), ils créent cette atmosphère rituelle où la lumière filtre entre les poutres et l’ombre accompagne la marche vers le sanctuaire. Leur couleur vermillon ressort visuellement dans la nature comme un signe puissant du sacré, évoquant la vitalité et la régénération, symbolisant la protection. L’origine exacte du torii reste mystérieuse : il descendrait des anciens portiques ou poteaux érigés pour signaler la présence d’une divinité. La forme que nous connaissons aujourd’hui (deux poteaux verticaux surmontés de deux linteaux horizontaux), s’est diffusée à partir du Moyen Âge, et on le retrouve aujourd’hui à travers tout le Japon.
le torii
Le kimono : Élégant et sobre, comme une page soigneusement pliée de l’histoire vestimentaire japonaise, le kimono raconte – dans le tissage de ses fils - une certaine idée de l’élégance au Pays du Soleil Levant. Ce vêtement traditionnel, porté depuis des siècles, se distingue par une coupe faite de pièces de tissu droites, assemblées avec soin. Une technique pensée à l’origine pour éviter le gaspillage, mais qui permet aussi (surtout !) de l’adapter à presque toutes les morphologies, sans retouches. Ses motifs et ses couleurs racontent le temps qui passe : les saisons, les formes géométriques ou le goût esthétique d’une époque. La tenue se complète d’un obi, large ceinture qui se noue à la taille, et dont la position et le nouage varient en fonction de l’occasion, du degré de formalité ou du rang de celui qui le porte. Aujourd’hui, le kimono n’est plus porté au quotidien, mais il continue de briller lors des cérémonies, des fêtes et des moments importants. Plus qu’un vêtement, il est un témoignage vivant des savoir-faire transmis de génération en génération, une alliance d’élégance et de tradition.
les kimonos
La pagode à 5 étages : Au cœur des temples bouddhiques se dressent souvent la silhouette élancée d’une pagode à cinq étages, ou gojū-no-tō. Depuis l’époque de Nara (VIIème siècle), elles ponctuent le paysage sacré du Japon, toutes écoles confondues, comme de véritables phares spirituels. Elles se reconnaissent au premier regard : cinq niveaux superposés, s’élevant vers le ciel avec cette grâce immobile si caractéristique. Ces cinq étages reflètent les cinq éléments fondamentaux du bouddhisme : la terre, l’eau, le feu, le vent et le vide. En leur centre se cache un secret d’ingénierie : le shinbashira, pilier axial qui traverse la tour du toit jusqu’à la base. Grâce à lui, la pagode encaisse les secousses du sol et demeure étonnamment stable, un exploit dans un pays où les tremblements de terre sont fréquents. Hauteur, matériaux, ornements… les détails varient selon les régions et les époques. Pourtant, l’essence de la pagode est demeurée presque inchangée depuis l’Antiquité. Elle traverse le temps pour demeurer l’un des grands chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse japonaise, gardienne immobile d’un dialogue millénaire entre ciel et terre.
la pagode à cinq étages et ses alentours
Le sumo : Impressionnant de force, de puissance et de calme apparent... Le sumo se déploie comme un spectacle où se mêlent discipline et tradition. Art de combat japonais dont les origines plongent dans l'Antiquité, il s'est d'abord développé au cœur des rites religieux, avec cérémonies et offrandes destinées aux divinités. Encore aujourd’hui, ces héritages se lisent dans chaque geste des lutteurs et dans les rituels qui précèdent les combats sur le dohyō, l'anneau sacré de compétition. Le poids joue un rôle déterminant dans un combat de sumo, car l’issue dépend souvent du choc initial entre les deux lutteurs, appelé tachiai. Un moment décisif qui permet soit de faire tomber l’adversaire, soit de le pousser hors du cercle. De nos jours, le sumo se pratique surtout sous la forme du Grand Sumo (Ozumo), encadré par l'Association Japonaise de Sumo. Cette organisation professionnelle supervise la formation des lutteurs, le classement officiel (banzuke) et les tournois annuels qui rythment l’année sportive. Le sumo continue ainsi d’exister à la croisée du rituel ancien et du sport moderne. Il incarne l’une des traditions culturelles les plus emblématiques du Japon, où chaque combat raconte une histoire vieille de plusieurs siècles.
le sumo
Le maneki-neko : le chat porte-bonheur japonais : Son adorable minois a traversé les frontières : ce célèbre petit chat lève la patte pour vous inviter à entrer et attirer la chance ! Le maneki-neko est un porte-bonheur très populaire au Japon. Son origine n’est pas totalement claire, mais selon plusieurs récits, il se serait répandu à l’époque d’Edo (dès le XVIIème siècle) comme talisman de bon augure placé à l’entrée des temples, des commerces et des habitations, patte dressée en signe de bienvenue et de protection.
S’il lève la patte droite, il est là pour attirer la prospérité et la richesse. Si c’est la gauche, il invite les visiteurs à entrer et appelle les relations harmonieuses.
Ses couleurs portent également un message : blanc pour souhaiter le bonheur, noir pour chasser le malheur, doré pour attirer la richesse. Aujourd’hui encore, beaucoup de Japonais déposent un maneki-neko au seuil de leur maison, en formulant un vœu. Sa silhouette attachante invite chacun à franchir la porte avec confiance et sourire.
le maneki-neko
Kabukicho : le quartier animé de Shinjuku : Bienvenue à Kabukichō, le quartier qui ne dort jamais ! Ici, au cœur de Shinjuku à Tokyo, restaurants, bars, cinémas, théâtres et autres lieux de divertissement se succèdent, créant un véritable carrefour de vie nocturne, de créativité débridée où l’effervescence est reine. Le quartier a pris forme après la Seconde Guerre mondiale, lors d’un projet de reconstruction urbaine. À l’origine, on prévoyait d’y construire un théâtre de kabuki – d’où le nom « Kabukichō » – mais ce théâtre n’a finalement jamais vu le jour. À partir des années 1950, les cinémas et établissements de restauration se sont multipliés, faisant de Kabukichō LA destination du divertissement ! Aujourd’hui, Kabukichō continue de briller la nuit, dans une débauche de néons colorés. Autour des ruelles de Golden Gai bordées de petits bars, ou de l’ancien site du Koma Theater, le quartier offre un espace culturel où se croisent touristes et habitants, amateurs de spectacles et noctambules. Kabukichō est ainsi le fruit d’une histoire unique – reconstruction d’après-guerre, essor des loisirs et du tourisme – et reste un lieu emblématique pour comprendre la culture urbaine contemporaine de Tokyo.
Kabukichō
Le sushi et le kaiten-zushi : Né à l’époque d’Edo, le sushi – notamment le nigiri, cette bouchée de riz vinaigré surmontée d’un morceau de poisson – a conquis les villes japonaises avant de s’imposer comme l’un des emblèmes culinaires du pays. Au fil d’un voyage dans l’archipel, on découvre que chaque région y a ajouté sa touche, ses ingrédients, son style. C’est ce qui crée cette incroyable palette de couleurs, de textures et de saveurs que l’on associe désormais aux sushis. Au milieu du XXème siècle, une idée simple bouleverse la dégustation : avec le kaiten-zushi, les assiettes défilent sur un tapis roulant, comme une petite parade gourmande impossible à ignorer. Il suffit de tendre la main : la tentation devient un choix gourmand. Avec le temps, les restaurants perfectionnent le concept : rails réservés aux commandes, plateaux automatisés, écrans interactifs. Résultat : un ballet parfaitement orchestré entre tradition artisanale et efficacité technologique. Aujourd’hui, le kaiten-zushi s’invite un peu partout dans le monde. Il ne remplace pas le sushi : il l’accélère, l’anime, le démocratise. Il montre surtout qu’au Japon, même les rites les plus anciens savent se réinventer – sans jamais perdre leur âme.
Le sushi et le kaiten-zushi
Les carpes volantes koinobori : Chaque printemps, les jardins et les façades du Japon s’animent de carpes légères, qui semblent nager dans le ciel. Des carpes volantes ! Dans les récits anciens, le poisson est décrit comme capable de remonter les torrents et les obstacles du Fleuve Jaune, avant de s’envoler vers le ciel. Il symbolise ainsi la vitalité, la progression et la persévérance. C’est pour cela qu’on les hisse le 5 mai, lors de la fête printanière des enfants, Tango no Sekku, pour souhaiter santé, énergie positive et épanouissement aux plus jeunes générations de l’Archipel. Un ensemble traditionnel de koinobori commence par la flamme décorative, le fukinagashi, fixée au sommet d’une haute perche de bambou. Elle capte le vent et donne le mouvement. Elle est suivie de carpes de tailles différentes, dont les couleurs et motifs varient selon les familles et les régions. Plus qu’une simple décoration, les koinobori sont des vœux confiés au vent : dans le printemps japonais, ils sont le rappel que grandir est un chemin de progression, parfois contre le courant mais toujours vers la lumière.

Les carpes volantes koinobori (mais il n’y avait pas de vent !)
Le mont Fuji : Dominant l’île principale du Japon, le Mont Fuji ou Fujisan s’élève à 3 776 mètres, sa silhouette conique parfaitement régulière dessinée par des siècles d’éruptions successives. Depuis toujours, il est sacré : le Fujisan est un lieu de dévotion. La tradition de vénération appelée Fujikō a fait de l’ascension de son sommet un rituel emblématique, déjà largement pratiqué à l’époque d’Edo. Sa présence imposante, majestueuse et mystérieuse, a inspiré des générations d’artistes. Katsushika Hokusai (dont vous venez de (re)découvrir la célèbre vague) et Utagawa Hiroshige ont immortalisé ses formes dans des estampes devenues célèbres dans le monde entier. Ses contreforts emblématiques y racontent la grandeur et la beauté du Japon. En 2013, l’UNESCO a reconnu l’importance universelle du Fujisan en l’inscrivant au patrimoine mondial sous le nom « Mont Fuji, lieu sacré et source d’inspiration artistique ». À la croisée de la géographie, de la spiritualité et de l’art, le Mont Fuji incarne le lien profond entre nature et culture au Japon : c’est un symbole intemporel, majestueux et vivant, qui continue de fasciner et d’élever l’esprit de quiconque se perd dans sa contemplation.
le Mont Fuji et la vague d’Hokusai
Les singes des neiges de Jigokudani : Dans la vallée de Jigokudani, nichés au cœur des montagnes de la préfecture de Nagano, des hordes de macaques japonais trouvent refuge chaque hiver dans des sources chaudes naturelles. Cette habitude — unique à ces groupes — est le fruit d’une adaptation au froid, transmise de génération en génération. Devant l’afflux de curieux, le parc ouvre en 1964 et un onsen, bassin thermal destiné aux singes, y est aménagé. Son objectif ? Permettre au public de les observer sans perturber leur comportement : les macaques vivent ici en totale liberté et utilisent le onsen à leur propre initiative. Dans ces bains fumants, les singes se toilettent mutuellement ou se reposent ensemble, un comportement rare pour des animaux sauvages. Ces images, diffusées dans le monde entier et popularisé en 1970 par la couverture du Magazine Life, fascinent et attirent chaque année une centaine de milliers de visiteurs et curieux.
Les singes des neiges de Jigokudani
Et pour finir...
chat qui lit – Godzilla
ratons-laveurs
grues japonaises
paravents