lundi 29 juillet 2013

Tourisme en Normandie : la ville de Fécamp et la Bénédictine (visite du 26/07/2013)

Fécamp habitée par environ 19000 Fécampois fut longtemps “capitale” des terre-neuvas français pour la pêche à la morue. L’origine de son nom dérive de Fisci Campus dont la racine fisc signifie poisson. La ville est toujours tournée vers les activités maritimes et est également producteur d'électricité grâce à son parc éolien.

La ville s’étend le long du port aménagé à l’embouchure de la rivière de Valmont. Sa plage se déploie depuis l’entre du chenal jusqu’au casino, au-delà desquels se dressent les falaises. La chaussée Gayant qui enjambe l’arrière-port permet de rejoindre la falaise Nord et la côte de la Vierge où se profilent le sémaphore et la chapelle Notre-Dame-du-Salut.

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La ville tient une place importante dans l’œuvre de Guy de Maupassant qui y vécut et y revient jusqu’en 1863 dans la maison de sa grand-mère. Le basketteur Tony Parker a débuté à Fécamp.

guy de maupassant Tony PARKER

La Bénédictine

Adresse : Palais Bénédictine - 110 rue Alexandre Le Grand - BP 192 - 76400 Fécamp - Tarifs : 7,20 € (10,20 € la visite guidée), horaire : 10h00 à 19h00 en été.
Site web :
http://www.benedictinedom.com/

Selon la légende, un moine vénitien, Dom Bernardo Vincelli (dont il n'existe historiquement aucune trace) aurait mis au point un élixir de santé à l'abbaye de Fécamp en 1510. Alchimiste et herboriste, il aurait distillé quelques-unes des plantes médicinales qu'il trouvait en abondance sur le plateau cauchois. Le breuvage aurait été très apprécié par le roi François 1er. Au fil des ans, la recette initiale aurait été perdue, puis retrouvée en 1863 dans un grimoire par le négociant en vin et collectionneur d’art religieux, Alexandre Le Grand qui entreprit la création d'un nouvel « élixir de santé » qu’il baptise « Bénédictine ». Plus vraisemblablement Alexandre Le Grand concocta lui-même la liqueur, aidé d'un pharmacien, à partir de vieilles recettes médicinales qu'il possédait dans un livre ayant appartenu à l'abbaye. Il appose sur toutes les bouteilles la devise DOM (Deo Optimo Maximo =  Dieu très grand, très bon).

La Bénédictine est composée à partir de 27 épices orientales et de plantes locales où entrent l’angélique, l’hysope, le genièvre, la myrrhe, le safran, le macis, la fleur de sapin, l’aloès, l’arnica, la mélisse, le thé, le thym, la coriandre, la girofle, le citron, la vanille, le zeste d’orange, le miel, les baies rouges, la cannelle et la noix de muscade ; elle titre à 40 % d'alcool. Deux ans sont nécessaires à l’élaboration de la bénédictine : A la pesée des plantes et des épices succèdent les infusions, les macérations, la distillation dans d’immenses alambics de cuivre rouge, et l'assemblage de différents alcoolats suivis d’une longue période de vieillissement en fûts de chêne sous les voutes des caves du palais.  La recette actuelle est toujours tenue secrète et il en existe trois exemplaires tenus cachés en trois endroits différents de la planète.

Alexandre Legrand se lance dans sa fabrication industrielle en construisant à partir de 1882 un « palais-usine » de style néo-gothique et néo-Renaissance, œuvre de l'architecte Camille Albert, le Palais Bénédictine, inauguré le 25 juillet 1900.

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Le musée possède une importante collection d’objets d’art en partie issue des collections personnelles du fondateur Alexandre Le Grand : pièces d’or et d’argent, ivoires, albâtres, ferronneries, sculptures, émaux, manuscrits anciens.

Dans le péristyle, un vitrail au dessus de l'escalier montre  Dom Bernardo Vincelli élaborer son élixir.

2013.04.26-005 vitrail dans le péristyle

La salle gothique est couverte d’une belle charpente en bois de chêne et de châtaignier en carène inversée. Elle abrite de nombreux objets  précieux d'art sacré, des ivoires, une bibliothèque de plus de 800 livres dont le fameux grimoire de 1510 écrit par le moine bénédictin Dom Bernardo Vincelli où se trouvait la recette d'un mystérieux élixir composé de 27 plantes et épices.

2013.04.26-007 plafond de la salle gothique 2013.04.26-008 bibliothèque dans la salle gothique 2013.04.26-009 salle gothique 
plafond – bibliothèque – collections diverses

2013.04.26-012 retable de St Roch dans la salle gothique 2013.04.26-010 salle gothique 2013.04.26-013 ivoires dans la salle gothique
retable de St-Roch – bibliothèque – ivoires

Dans la salle du Dôme, une statue représente Dom Bernardo Vincelli, le moine bénédictin, créateur de la recette du fameux élixir en 1510.

2013.04.26-014  Dom Bernardo Vincelli dans la salle du Dôme

La Salle Renaissance est occupée par une admirable collection de ferronneries. Une horloge hollandaise possède un cadran astronomique marquant les jours, les mois et les différentes phases de la lune. Un cabinet à abattant et à tiroirs peints et dorés date de la fin du 16ème siècle.

2013.04.26-018 horloge dans la salle Renaissance 2013.04.26-015 salle Renaissance 2013.04.26-017 cabinet dans la salle Renaissance

La pinacothèque présente une collection de peintures, pour la plupart sur bois, attribuées à des artistes français, italiens, allemands et flamands.

2013.04.26-019 pinacothèque

L'Oratoire est un lieu de prière où Alexandre Le Grand a souhaité recréer l'univers dans lequel vivaient les moines . Le plafond est une reconstitution du plafond du jubé qui existait dans l'église abbatiale de Fécamp. Un calvaire en pierre date du 16ème siècle.

2013.04.26-020 plafond de l'oratoire 2013.04.26-022 calvaire dans l'oratoire

Dans la salle des Abbés, le vitrail  représente l'accueil réservé au roi François 1er par les moines de l'Abbaye de Fécamp en 1534. Cette salle est un hommage aux 16 principaux abbés que compta l'Abbaye de Fécamp de l'année 1000 à 1791, date à laquelle l'Abbaye fut fermée et ses moines dispersés. Parmi eux Clément VI a été le 198ème pape et le quatrième pape en Avignon de 1342 à 1352.

2013.04.26-025 vitrail dans la salle des abbés 2013.04.26-026 Clément VI dans la salle des abbés 2013.04.26-024 salle des abbés
vitrail – Clément VI – quelques abbés

La salle Alexandre Le Grand occupée de la fin du 19ème siècle jusqu'en 1972, par la mise en bouteilles et leur habillage, expose objets et documents se rapportant à l'histoire de la liqueur de la Bénédictine depuis sa redécouverte en 1863. Des affiches publicitaires attirent l’attention ainsi qu’une vitrine contenant plus de 130 bouteilles qui dénoncent les tentatives de contrefaçons et imitations de la liqueur “imitée mais jamais égalée”. Un service à liqueur a été offert par des représentants russes en 1913 lors du cinquantenaire de la liqueur.

2013.04.26-029 Alexandre le Grand 2013.04.26-027 salle Alexandre le Grand 2013.04.26-028 alambic dans la salle Alexandre Le Grand 
Alexandre le Grand – objets de distillation


2013.04.26-031 maquette 2013.04.26-034 bouteille originelle 2013.04.26-032 service à liqueur 
maquette du palais – première bouteille – service à liqueur

2013.04.26-035 affiches 2013.04.26-033 imitations
affiches – contrefaçons

La salle des plantes permet de voir, toucher, sentir quelques-unes des 27 épices et plantes utilisées dans la Bénédictine. La visite se poursuit par la distillerie où les alambics en cuivre rouge d'origine du temps d'Alexandre Legrand servent à la transmutation des alcools et des plantes puis par les caves où les alcoolats vieillissent en fûts de chêne.

Une dégustation de bénédictine pure ou en cocktail (Big Ben avec Schweppes ou Big Pamplemousse) termine la visite.

1 commentaire:

  1. Dommage que tu aies oublié comme personnalité ayant marqué Fécamp Gustave Couturier. En tout cas, c'était intéressant à lire.
    Benoît

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